Peut-être qu'il pourrait être intéressant de s'interroger sur la façon dont l'enjeu écologique s'insère dans notre complexe politico-moral, comment on a là une ligne de pensée qui a tendance à mon avis à brouiller la différence entre le politique (ce qui est "géré" en commun par des gens qui vivent ensemble, indépendamment de leurs moralités individuelles) et le moral, c'est à dire ce code de conduite, de dimension plus ou moins métaphysique... C'étaient les prémisses du raisonnement histoire qu'on voie d'où ça sort.
Quand le moral individuel et le politique se confondent on risque une situation qui est caractéristique de l'idéologie : la politique devient un espace de
Coercition et d'imposition aux autres de sa propre moralité, c'est le piège mortel de l'universalisme, on considère comme devant s'appliquer à tous ce qu'on s'applique à soi.
Alors évidemment on se dit que ce problème, on le voit venir, surtout avec le recul de l'Histoire, peu de chances qu'on retombe dans les grosses
Illusion naturalistes type nazisme ou communisme, dans les "réalisations de l'histoire universelle".
Mais qu'est que l'écologisme si ce n'est une nouvelle idéologie naturaliste qui dit : "il n'y a qu'une nécessité, c'est celle de maintenir les équilibres naturels" (et là elle se met dans la posture épistémologique difficile de devoir justifier ses injonctions pratiques par des faits de nature : ces équilibres existent-ils ? Et en quoi le problème de leur
Existence est-il lié à celui de leur nécessaire bonté ? La survie me direz-vous, on y reviendra) accepter ça c'est forcément accepter que cela s'applique à tous, en fait c'est une naturalisme dont la nécessité apparaît encore plus grande que celle du triomphe de la race aryenne ou de la classe ouvrière. Même schéma tendu vers une période post-historique où l'Homme vivrait éternellement en accord avec les lois de la nature.
Voilà en gros mon cheminement, qui me conduit à rejeter l'écologisme comme idéologie. Et j'irais contre l'idée prônée par les écologistes selon laquelle la "gestion" de l'environnement peut être une fin politique en elle même, je doute qu'elle puisse l'être sans devoir à terme en passer par des coercitions extrêmes au nom de la nécessité environnementale.
Donc je suis contre l'écologisme et davantage pour une pragmatique de l'écologie. Et on voit encore une des difficultés du problème : si l'enjeu d'une pragmatique de l'écologie devient la "survie materielle", il n'y a qu'un pas à franchir pour la transformer en Bien métaphysique... Même problème que dans les politiques de santé publique. Que peut-on faire accepter aux gens au nom de la survie ?
C'est là que le problème devient un peu abstrait limite abscons, mais ça vaut peut-être le coup de creuser un peu.
Si on a d'une part une pragmatique de l'écologie dirigée démocratiquement par des gens aux visées morales différentes, dans une situation de survie, il n'y aurait pas ou peu de différence entre la pragmatique et l'idéologie écologique, sauf l'idée que les citoyens seraient encore en droit de choisir entre survie et poursuite de leurs idéaux, fussent-ils opposés à la survie, de mon point de vue cette position est tenable, en tout cas c'est ce que je défends parce que je pense fondamentalement que cette différentiation n'a rien rien d'artificiel si elle peut nous préserver des idéologies et des dogmes.
Enfin dans un registre plus poétique peut-être, je préfère une espèce Humaine conquérante prête à abandonner une Terre morte pour s'élancer à le recherche d'autres ressources dans l'infini à une espèce Humaine gelée dans un état ultime d'auto-entretient... Disons que ça n'aurait rien de très épique. Mais évidemment ce dernier paragraphe c'est davantage une sorte de réjouissance.
Desuz un pin, delez un eglentier, Un faldestoel i out, fait tut d’or mier.