citation :Vigilant_Guardian dit :
citation :| Tu dois être un homosexuel refoulé pour tenir pareil discours. |
Les personnes qui tiennent des propos semblables au miens,sont nombreux,et la tu est entrain de m'insulter. |
C'est pas pire que les "gros pédés" mon gars.
L'homosexualité a toujours existé, et dans certaines sociétés antiques, comme la Grèce (tiens tiens

)
Bref, je pense qu'au lieu de déblatérer sur ce que fond les autres, il faut déjà s'attacher à balayer devant sa propre porte.
Oui y'a des minots qui traînent dans les rues à une heure du matin, ouai nombreux sont ceux qui parlent de cul à 11 ans.
Ce qui n'empêche pas qu'il y en a beaucoup qui sont bien éduqués.
Dis moi Monio, tu te bases sur quels chiffres pour affirmer ce genre choses? À part ce que tu vois (le bout de
Ton nez) et ta parano? Je
Dis pas que ça existe pas, mais à t'entendre, c'est la
Catastrophe, ça baise de partout, ça se drogue de partout jusqu'à être des déchets humains. Ma foi, ça doit exister, mais j'en vois pas souvent en tout cas.
Allez, pour en revenir à l'homosexualité, je me permets de copier l'article de feu BTH, c'est long, mais intéressant.
"L'homosexualité, sujet épineux entre tous, enjeu d'Histoire et enjeu
idéologique éternel, autour duquel se cristallisent bien des passions.
Pourtant, sa naissance en tant que concept est tout à fait récente, et
son calque sémantique ne saurait s'appliquer aux périodes précédentes,
particulièrement celles correspondant à ce que l'on dénomme
"L'Antiquité".
On la rencontre sous diverses formes dans
toutes les races humaines et chez certains peuples elle a pris
l'envergure d'une véritable habitude nationale. La
Grèce et
Rome l'ont érigée presque en institution. Orphée (qui dut à ce motif
d'être déchiré par les Ménades) et Thamyris en ont été accusés. Virgile
et les poètes l'ont chantée (
Églogues II). Les philosophes en
parlent davantage que de l'amour sexuel. Platon semble presque n'en pas
connaître d'autre. Il loue Socrate, comme d'un héroïsme surhumain,
d'avoir repoussé les propositions d'Alcibiade. Dans les Mémorables de
Xénophon, Socrate parle de la pédérastie comme d'un acte irrépréhensible
et même louable. Les Stoïciens jugent l'homosexualité digne du sage.
Aristote dans un passage que citera également Edward Westermarck (
Politisa,
II, 9, p. 1269 B ) parle d'elle comme d'un usage ordinaire sans la
blâmer. Schopenhauer constate l'existence de pratiques homosexuelles
chez les Celtes, pratiques favorisées par les lois, à titre de moyen
préventif contre un excès de population. Il mentionne la passion du
législateur Philolaos pour les hommes. Cicéron dit que, chez les Grecs,
c'était un déshonneur pour les jeunes gens de ne pas avoir d'amants.
C’est
le degré de féminité ou de masculinité dans chaque être par rapport à
d’autres êtres qui a toujours déterminé son rôle et sa fonction,
particulièrement dans les sociétés indo-européennes. Pour réaliser ses
potentialités chacun devra déterminer sa position par rapport à ceux
qu’il approche et ainsi réaliser sa nature, son Dedma, sa conformité à
ce qu’il est. Le travail de l’homme consiste d’abord à se connaître et à
se conformer à sa nature afin de se libérer d’elle.
Les hommes qui,
par leur nature, sont marqués par l’ambigüité sexuelle, ont un rôle
autre que la transmission du code génétique et des fonctions
particulières dans la société. Les intersexuels, en qui s’unissent
certains aspects masculins et féminins, possèdent, dans ces sociétés, un
caractère sacré car ils évoquent l’androgyne primordial, l’unité des
principes.
On assiste aujourd'hui à une véritable destruction de la bonne et totale compréhension de ce qu'a pu être une "homosexualité"
antique,
au profit des évolutions sexuelles actuelles, afin de chercher un
ancrage historique à un phénomène absolument nouveau et peu relié à ce
qu'il a pu être aux origines. Ainsi, César, les Celtes, les Grecs, les
Scandinaves, sont successivement récupérés au cours de démonstrations
adverses et contradictoires, tantôt pour prouver le caractère
intrinsèque, consubstantiel à l'humain et bénéficiant d'une fluidité
temporelle de l'homosexualité, tantôt pour en nier fermement l'existence
même. Ces deux positions sont difficilement tenables, et ne résistent
pas à l'analyse. Nous nous limiterons ici à l'exposé de quelques
considérations sur l'homosexualité masculine, son pendant féminin
n'entrant pas de la même manière dans la problématique et dans nos
préoccupations les plus immédiates.
Quelques remarques pour
commencer sur l'homosexualité à Rome et sur les pratiques de César, cas
le plus mentionné : le sujet est évidemment marqué par des polémiques
contemporaines susmentionnées, ainsi que par une grande méconnaissance
générale. Pour mieux comprendre la sexualité dans le monde
antique gréco-romain, je crois bon de renvoyer à P. Veyne, proclamé selon ses
dires "homosexuel d'honneur" par Foucault. Lire en particulier dans
Sexe et Pouvoir à Rome (collection Points) le bref mais très riche article sur l'homosexualité
à Rome (pp. 187 et suivants) P. Veyne reprend ce que d'autres savants
avaient déjà remarqué avant lui, mais qui est essentiel : les catégories
mentales et morales des Anciens ne sont pas les nôtres, sur ce thème de
la sexualité en particulier comme sur une foultitude d'autres. Dès
lors, il importe de ne pas rechercher dans cette antiquité un patronage
vain à nos propres choix intellectuels ou sexuels : de même, l'opinion
courante va chercher à Athènes ou à Rome un modèle politique qui n'a
presque rien à voir avec ce que nous appelons "République" ou
"Démocratie". Dans le même ordre d'idées, force nous est de constater
que les usages verbaux, langagiers et éthiques de l'antiquité sont très
loin des nôtres. D'abord, deux points essentiels : les Anciens n'ont
absolument pas de mot pour "sexualité", donc a fortiori pour
"homosexualité" ou pour "hétérosexualité". En revanche, quand ils
parlent de relations que nous appelons homosexuelles, ils désignent
toujours par deux mots différents l'homme jugé "actif" et l'homme jugé
"passif". C'est une différence fondamentale qu'il y a là, bien plus pour
l'esprit que pour la lettre; P. Veyne écrit : "Un mépris colossal
accablait l'adulte mâle et libre qui était homophile passif." Ce
personnage-type (au même titre qu'un personnage clé au théâtre) est
toujours l'objet d'un jugement extrêmement négatif, fréquent dans la
littérature judiciaire (le droit
antique ignorant tout autant l'idée d'un "ministère public" que la diffamation,
les accusations diverses et variées concernant les mœurs de
l'adversaire vont bon train sous la plume d'un Démosthène ou d'un
Cicéron). Le fait est que, dans l'opinion de ses contemporains, que
César ait été dans sa jeunesse le mignon d'un roi barbare constituait
une redoutable casserole politique. Inversement, et vice versa, si César
avait été l'amant "actif" d'un roi barbare "passif", c'eût été
incontestablement un titre de gloire, parce qu'il eût démontré la
"supériorité" du
nomen romanum sur les peuples barbares.
Les
éternels contributeurs au débat sur la vie intime (ou si peu) de César
indiquent qu'"à Rome, César passait pour le mari de toutes les femmes et
la femme de tous les maris". Il faudrait corriger et préciser : la
citation est dans Suétone, mais elle n'est pas présentée comme l'opinion
générale des Romains, mais comme la chansonnette des légionnaires lors
du quadruple triomphe de César. Pour comprendre cette citation, il faut
savoir en quoi consiste un triomphe, la nature des relations de César
avec ses troupes, et enfin le contexte politique. Rappelons donc que le
triomphe est la récompense officielle donnant à un général le titre d'
imperator,
et que les festivités auxquelles il donne lieu sont du genre des
Saturnales, à savoir un peu ce que nous appelons "la fête des Fous" au
Moyen-Âge : une extrême liberté (momentanée) de parole y est d'usage
chez les soldats qui usent et abusent de quolibets à l'égard de leur
chef. Mais bien sûr, la fête des fous ou le triomphe n'ont qu'un temps,
et tout l'art de bien user de ce temps est, pour ceux à qui il est
accordé, dans la manière de s'en servir. Le quolibet rapporté par
Suétone a évidemment deux volets : d'un côté, il loue le chef pour ses
conquêtes féminines (point extrêmement connu et ne faisant aucune
discussion) et d'un autre, il rappelle un point qui faisait scandale :
l'accusation d'homosexualité passive. Maintenant, si les soldats peuvent
se permettre de rappeler ce point à leur chef, c'est bien par dérision:
ils lui lancent une petite pique (c'est la petite vengeance permise par
le
triumphus à des hommes qui par ailleurs aimaient bien celui
qui, à la différence d'Auguste, commençait tous ses discours à la troupe
par : "Commilites", soit à peu près "Camarades-combattants"). Mais
surtout, le rappel du vieux scandale est en fait aussi une gifle
politique aux adversaires de l'imperator, quelque chose comme : "vous
pouvez bien raconter tout ce que vous voulez sur César, et vous ne vous
êtes pas gênés pour cracher votre venin, mais nous sommes tellement
forts que nous pouvons vous imposer même un débauché." Ainsi, la
chansonnette du triomphe répond parfaitement à divers besoins : on
flatte le chef pour ses conquêtes, mais aussi on l'asticote, et on en
profite pour provoquer et clore le bec des patriciens, souvent mal vus
par la troupe.
Jules César n'était au mieux qu'homophile, et
dans un sens des conceptions qui interdit en fait tout rapprochement
avec l'homosexualité définie comme identité de manière récente (et qui
n'a été mise en exergue comme telle qu'à partir du moment où l'Église
chrétienne s'en est emparée afin de la mieux condamner, réprimer et
diaboliser).
(IMG:
http://1.bp.blogspot.com/_FCkrufzIuAY/TSRf4flScPI/AAAAAAAAABY/AL4Or_jfH08/s1600/HOMOSEXUALITE-INITIATIQUE-SERGENT.jpg)
Abordons
les Celtes, maintenant. Aristote (IVe s. av. J.-C.), Diodore de Sicile
(Ier s. av. J.-C.), Strabon (Ier s. av. / Ier s. ap. J.-C.), Claude
Ptolémée (IIe s. ap. J.-C.), Athénée (IIIe s. ap. J.-C.), Eusèbe de
Césarée (IVe s. ap. J.-C.), puis le pseudo-Bardesane, évoquent
l'homosexualité comme une pratique commune et admise chez les Celtes
(ici employé pour Gaulois). A la vue de ces témoignages, deux aspects
distincts ressortent ; un amour viril entre hommes pubères et des
relations avec des jeunes-hommes non-pubères, se rapprochant nettement
de la prostitution.
Chez Diodore de Sicile, Strabon, Athénée,
Eusèbe de Césarée et le pseudo-Bardesane, l'homosexualité est plutôt
perçue comme une perversion poussant de jeunes hommes à offrir leurs
faveurs, voire même, à se prostituer auprès d’hommes mûrs. La
description de Diodore apparaît plus intéressante que les suivantes,
Strabon et Athénée reprenant semble-t'il les écrits du premier, sans y
apporter quoique ce soit de plus. Eusèbe de Césarée et le
pseudo-Bardesane plus tardifs encore, ont pour intérêt de mettre en
opposition une homosexualité gauloise, à une polygamie britannique.
Diodore de Sicile, Histoire Universelle, V, 21 :
"Quoique
leurs femmes soient parfaitement belles, ils ne vivent avec elles que
rarement, mais ils sont extrêmement adonnés à l'amour criminel de
l'autre sexe et couchés à terre sur des peaux de bêtes sauvages, souvent
ils ne sont point honteux d'avoir deux jeunes garçons à leurs côtés.
Mais ce qu'il y a de plus étrange, c'est que sans se soucier en aucune
façon des lois de la pudeur, ils se prostituent avec une facilité
incroyable. Bien loin de trouver rien de vicieux dans cet infâme
commerce, ils se croient déshonorés si l'on refuse les faveurs qu'ils
présentent". Strabon, Géographie, III, 4, 6 :
"Enfin, s'il faut en croire un bruit très répandu, tous les Gaulois
seraient d'humeur querelleuse ; on assure de même qu'ils n'attachent
aucune idée de honte à ce que les garçons prostituent la fleur de leur
jeunesse".
Athénée de Naucratis, Deipnosophistes, XIII, 79 :
"On
sait que, parmi les barbares, les Celtes, qui possèdent pourtant des
femmes magnifiques, ont une préférence pour les garçons, de sorte qu'on
voit beaucoup d'entre eux coucher avec deux mignons à la fois sur leurs
lits en peaux de bêtes".
Eusèbe de Césarée, La préparation évangélique, VI, 10 :
"En
Gaule, les jeunes gens servent de femmes en toute licence, sans voir-là
un sujet de blâme, vu la loi ; or il est impossible que tous les
Gaulois qui subissent ces outrages impies aient eu en partage, à leur
naissance, l'Etoile du matin [Vénus] quand elle se couche avec Hermès
dans les maisons de Cronos et les limites d'Arès. En Bretagne, plusieurs
prennent une seule femme [...].".
Pseudo-Bardesane, Le livre de la loi des contrées :
"Cependant,
dans le nord, dans le pays des Germains et dans ceux qui se trouvent
dans le voisinage, les jeunes garçons, beaux de figure, remplissent
auprès des hommes le rôle de femmes. Ils célèbrent aussi des cérémonies
de mariage, et cela n'est pas considéré chez eux comme un déshonneur,
parce que leur loi le permet ainsi. Cependant il n'est pas possible que
tous ceux qui habitent la Gaule, et qui sont ainsi flétris par ce vice
honteux, soient nés pendant que Mercure était en conjonction avec Vénus
dans le signe de Saturne, dans les limites de Mars, et dans les signes
du Zodiaque à l'Occident. Car les hommes qui sont nés sous cette
influence sont déshonorés, est-il écrit, et traités comme s'ils étaient
des femmes. Chez les Bretons, beaucoup d'hommes n'ont qu'une seule
femme. [...] Et nos frères [chrétiens] qui sont en Gaule ne prennent pas
des mâles pour des femmes."
Aristote revendiquait
ouvertement son hétérosexualité, à une époque où l’homosexualité était
culturellement encouragée. Comment l'homosexualité était-elle perçue
chez les Celtes de l’antiquité entre hommes adultes? Aucun texte ne
l'évoque, néanmoins Aristote, dans son ouvrage la Politique, voit dans
l'homosexualité de certains Celtes adultes, une forme d'amour viril
entre guerriers. Cette pratique était selon ses dires "honorée" et leur
permettait d'échapper à la domination des femmes, le "fléau des Etats".
Aristote, Politique, II, 6, 6 :
"La
conséquence nécessaire, c'est que, sous un pareil régime, l'argent doit
être en grand honneur, surtout quand les hommes sont portés à se
laisser dominer par les femmes, disposition habituelle des races
énergiques et guerrières. J'en excepte cependant les Celtes et quelques
autres nations qui, dit-on, honorent ouvertement l'amour viril. C'est
une idée bien vraie que celle du mythologiste qui, le premier, imagina
l'union de Mars et de Vénus ; car tous les guerriers sont naturellement
enclins à l'amour de l'un ou de l'autre sexe". Pour les
Germains, il y a un texte d'Ammien Marcellin, historien latin du IVe
siècle, qui disait des Taïfales, peuple de l'entourage des Goths,
originaires du sud de la Suède :
"Nous avons appris que
les Taïfales sont un peuple honteux, tellement scandaleux par leur vie
obscène faite de libertinage que chez eux les adolescents sont liés à
des hommes adultes dans une union d'un genre indicible, cela, pour
consumer la fleur de leur jeunesse dans les pratiques répugnantes qu'ils
ont chez eux. Ajoutons que lorsque l'un d'entre eux, devenu adulte, est
capable de capturer seul un sanglier, ou de terrasser un ours, il est
libéré de cette union de débauche". On retrouve ici les mêmes
caractéristiques typiques de l'homosexualité générale Indo-européenne, à
savoir le caractère viril, guerrier, symbolique et initateur de l'acte,
du processus et de la pratique, ainsi que leur effacement devant
l'entrée dans la société adulte après le rite de passage.
Il est
peut-être plus remarquable que l'homosexualité soit restée présente dans
la tradition celte bien après l'avènement du christianisme, comme en
témoignent certains textes littéraires datant du Moyen Age. Dans les
légendes irlandaises, par exemple, le héros Cûchulainn entretient une
relation amoureuse avec le jeune Ferdéad et, après la mort de celui-ci,
exprime son désespoir dans de poignants poèmes. Et dans l'histoire de
Lancelot, l'amour qu'éprouve pour le héros le géant Galehot est un des
ressorts décisifs de l'action. C'est en raison de l'amour qu'il porte à
Lancelot que Galehot renonce à la victoire qu'il pouvait remporter sur
le roi Arthur. Galehot meurt d'amour, littéralement, quand il croit
Lancelot mort, et celui-ci, malgré son amour pour la reine Guenièvre, le
rejoindra finalement puisqu'il sera enterré dans la même sépulture.
(IMG:
http://2.bp.blogspot.com/_FCkrufzIuAY/TSRgHI3u_vI/AAAAAAAAABc/pvMVcEa6hUc/s320/384px-Ferdiad.jpg)
Cette
homosexualité, qui est plutôt une bisexualité, puisque sa relation avec
Ferdéad n'empêche pas Cûchulainn, par exemple, d'avoir de nombreuses
liaisons féminines, doit être replacée dans le contexte d'une société
qui se caractérise, on l'a vu, par une grande liberté sexuelle. Il est à
noter que cette liberté vaut aussi pour la femme. Celle-ci peut
exprimer librement son désir. Elle a souvent l'initiative dans la
relation sexuelle, voire même elle l'impose à son partenaire. Elle ne
peut être mariée sans son consentement; elle peut divorcer. Par
ailleurs, elle peut posséder des biens; elle participe aux combats; et
l'on note que souvent les héros sont dits "fils d'une telle", au lieu
d'être désignés par le nom de leur père. Bref, la femme celte conserve
une indépendance qui fait peut-être la véritable originalité de la
civilisation celtique par rapport à ses contemporaines grecque, romaine
et autres. Jean Markale (Amour et sexualité chez les Celtes, 1991) se
demande si les Celtes, appartenant à la civilisation indo-européenne qui
était de type patriarcal, n'ont pas eu à composer, quand ils sont
arrivés en Europe vers 1800 avant Jésus-Christ, avec les précédents
occupants du sol, qui auraient pratiqué une forme de matriarcat.
Hypothèse intéressante, mais qui sera difficilement démontrée dans
l'état actuel de nos connaissances.
Il est également précisé que
les femmes qui avaient des enfants étaient très respectées et gagnaient
un statut social élevé. En temps de guerre, elles étaient extrêmement
courageuses et combattaient aux côtés de leurs hommes. Selon la loi
druidique ancienne, un homme était autorisé à avoir deux épouses.
Quand
aux ridicules poncifs sur les Grecs, une rigoureuse application des "
insights " psychanalytiques et ethnologiques prouvera que le Grec moyen -
même le dandy athénien laconisant, même le Spartiate - n'était pas,
psychiatriquement parlant, un perverti, en dépit de son comportement
homosexuel. A certains égards il était peut-être même plus
hétérosexuellement orienté que l'homme moderne. Un adolescent
contemporain, courtisé par des hommes adultes, encouragé à en tirer
gloire et soumis de plus à des pratiques homosexuelles deviendrait, dans
la plupart des cas, un perverti authentique et permanent et dans le
reste des cas, un névrosé. L'adolescent grec devenait pourtant un adulte
non névrosé - totalement (ou en grande partie) hétérosexuel. En fait
les Grecs considéraient le rite d'
éromenos comme un stade du
développement de l'enfant vers la masculinité (de même que chez les
Celtes, et dans de nombreuses autres sociétés Indo-Européennes). Ce
n'était assurément pas la meilleure voie, mais elle était rendue
nécessaire par un paternage inadéquat.
Divers indices permettent néanmoins de supposer que le modèle pédérastique de la
Grèce antique a évolué à partir de rites initiatiques des sociétés de chasseurs-cueilleurs du paléolithique supérieur.
La
pédérastie supposait un lien de couple entre un homme et un garçon déjà
entré dans la préadolescence (donc à partir d'au moins douze ans). Ce
couple tenait sa légitimité de nombreux équivalents symboliques ou
mythologiques en la personne des dieux ou des héros (Zeus et Ganymède,
Apollon et Hyacinthe, Apollon et Cyparisse, Héraclès et Iolaos, Thésée
et Pirithoos, Achille et Patrocle). À Sparte, il était directement
institué par la loi (Grande Rhêtra de Lycurgue). L'environnement
socioculturel faisait de la pédérastie un mode reconnu de formation des
élites sur le mode ésotérique (un maître-un élève). Les termes désignant
l'homme et le garçon pouvaient varier d'une cité à l'autre : par
exemple,
erastes (amant) et
eromenos (aimé) à Athènes,
eispnelas (inspirateur) et
aites (auditeur) à Sparte. Les modalités de la relation différaient également
; selon les cités, les rapports sexuels étaient permis ou non. Les
fêtes publiques initiatiques axées sur l'homosexualité pédagogique
étaient nombreuses à travers la
Grèce : les Hyacinthies de Sparte, les Théséia et les Euandria d'Athènes...
La
Crète offre le modèle le plus ancien d'institution pédérastique, dont
on connaît essentiellement les caractéristiques grâce à un texte d'un
historien grec du IVe siècle, Ephore, repris par Strabon. Après en avoir
fait l'annonce et obtenu l'approbation du père, l'homme procédait à
l'enlèvement rituel du garçon, le rapt pédérastique. Commençait alors
pour ce dernier une période d'apprentissage placée sous la
responsabilité de l'adulte, qui l'isolait avec lui à la campagne pour
une durée de deux mois environ. Il s'agissait de faire du garçon un
chasseur adroit et un combattant courageux. Pendant toute cette période,
le couple partageait également des activités sexuelles. On considérait
comme normal pour le jeune garçon de s'offrir à son amant, en marque de
reconnaissance pour les efforts que l'homme consacrait à sa formation. À
l'issue de cette période, le garçon était reconduit dans la cité, où
l'on fêtait son retour et sa renaissance sociale, publiquement et à
grands frais. Parmi les nombreux présents, trois cadeaux rituels étaient
obligatoires : un bœuf, qui manifestait sa capacité à sacrifier aux
dieux, une armure, qui marquait son entrée dans le groupe des
citoyens-soldats et une coupe lui permettant de participer au banquet ou
symposion, festin civique masculin. On reconnaissait alors l'éphèbe à
la fois comme homme et comme citoyen. En même temps, le garçon pouvait
dénoncer son partenaire s'il l'avait forcé à des relations contre sa
volonté, et ainsi couper la relation. Cette initiation rituelle ne
concernait pas l'ensemble des citoyens. Ceux qui l'avaient connue se
voyaient accorder des marques d'honneur particulières.
(IMG:
http://ctow.fxrdesign.com/wp-content/uploads/2008/10/300_movie_review_3.jpg)
Je conseille de lire John J. Winckler,
Désir et contraintes en Grèce ancienne (préface
de D. Halperin, traduction de S. Boehringer et N. Picard, Paris, EPEL,
2005. 445 p.). Dans la première partie, J. Winckler rappelle que la
sexualité grecque est basée sur la domination, la pénétration phallique
et la relation plutôt que sur l’objet et examine la masculinité grecque.
Sa lecture de l’
Oneirocriticon d’Artémidore vise à examiner les
significations sociales que les individus accordent à leurs rêves . Nous
ne sommes pas dans l’interprétation freudienne des rêves comme le
démontre l’auteur à travers une bonne mise au point, mais dans un
discours où le sexe permet aux « hommes de mettre en place leur identité
sociale dans une culture publique qui connaît une intense compétition
fondée sur la règle du jeu à somme nulle » (37). L’Oneirocriticon
confirme parfaitement l’asymétrie des relations sexuelles grecques. En
distinguant les actes contre nature – ceux qui défient la convention
sociale comme les rapports entre femmes qui se passent de pénétration
phallique – des actes «naturels» lesquels sont divisés en rapports
sexuels conventionnels (
kata nomon) et non-conventionnels (
para nomon), Artémidore fait apparaître une nature sexuelle très culturelle et loin de la division sexuelle moderne.
Au
chapitre II, «Faire la loi : la supervision du comportement sexuel dans
l’Athènes classique», J. Winckler examine les opérations à travers
lesquelles la communauté articule, contrôle et gère les comportements
déviants dans l’Athènes classique via des pratiques de contrôle de soi
et de l’autre, puisque la mise en accusation permet de surveiller et
punir ses adversaires politiques. On opposera la bonne virilité de
l’hoplite à la mauvaise virilité du
kinaidos qui renvoie à un
contre-modèle efféminé. Le kinaidos n’est pas un homosexuel mais celui
qui transgresse la définition dominante de la masculinité. Au citoyen
grec s’oppose le prostitué qui est un débauché sexuel, place le sexe
dans le registre de la transaction financière et se fait passif lors de
la pénétration. Plus qu’une conduite, il s’agit d’une virtualité tapie
en tout homme qu’il convient d’étouffer en lui opposant la figure de
l’hoplite viril. On se rapproche en fait de la morale sociale romaine,
où l'acte sexuel est avant tout acte de fierté, d'expression conquérante
et de force, où le passif est justement méprisé.
En somme,
l'homosexualité grecque fut un phénomène à la fois psychologique et
sociologique; pour autant qu'elle fut un comportement individuel, elle
doit être expliquée psychologiquement, en tant qu'activité
culturellement encouragée, de manière sociologique. Des explications
multiples et également complètes sont courantes dans le monde
scientifique. Comme on peut le voir, en
Grèce comme dans les mondes romain et celtique, l'homosexualité n'a jamais
été un comportement sexuel unique, exclusif, homogène et revendicatif;
toujours lié autant au sacré qu'à la vie quotidienne, elle consistait
souvent en rites d'initiation, rivalités guerrières, affirmations
viriles et symboliques évolutives. Il est absolument impossible de la
rattacher à l'homosexualité de notre époque, qui connait la distorsion
propre à tous les domaines des mœurs occidentales, celle de l'imposition
agressive, de la visibilité décomplexée, celle de la psychorigidité des
comportements qui se figent en des attitudes et postures terriblement
consensuelles. Cette homosexualité s'est toujours vue couplée avec une
structure sociétale et un désir évidemment fortement hétérosexuel, et
c'est ainsi que tant la Gaule que Rome ou encore la
Grèce étaient des patries populeuses durant toute l'Antiquité. "
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