
CONCRETE SOX – Whoops Sorry Vicar (Manic Ears ’87) : je n’ai jamais franchement un grand fan de Concrete Sox. A mes yeux, son premier LP Your Turn Next était bien, mais cela n’allait pas plus loin, et ce n’est pas Whoops Sorry Vicar qui me fera changer d’avis. Concrete Sox n’a pas évolué entre deux ses deux albums et je dirais même qu’il a régressé. La musique est ennuyeuse et le chant est affreux, et ce n’est certainement pas la production qui peut aider. C'est en effet l’une des pires que j’ai entendues depuis longtemps. Si vous avez vraiment envie de savoir ce que donne Concrete Sox, penchez-vous davantage sur son premier album. 4/10, Jean-Marc Perrier, Sprashcore n°01, 1988.

ANTHRAX – I’m the Man (Island '87) : Ce disque est vraiment l’éclate totale et démontre une fois encore qu’Anthrax est le plus fou et le plus fun des groupes de son style. Du titre heavy-rap éponyme (avec ou sans les vulgarités censurées) à l’excellente reprise Sabbath Bloody Sabbath (Black Sabbath) et son final délirant, en passant par la face B live, on assiste à une démonstration de technicité, de feeling et de folie pleinement jouissives. Cet EP est indispensable à tous ceux qui aiment le métal, le vrai, non frelaté. Anthrax est un groupe majeur au même titre que Metallica. Mosh ! Trash Maniac n°06, décembre ’87.
ANTHRAX – I’m the Man (Megaforce, Island ’87) : Il ne faut pas se leurrer, ce mini-LP s’adresse en priorité aux inconditionnels d’Anthrax. Avec pas moins de trois versions du title-track, le but n’est pas de convaincre les indécis (si toutefois il en existe encore), cela ne fait aucun doute. Anthrax, l’un des plus dignes héritiers des Sex Pistols, représente la folie du rock’n’roll à l’état pur, et, à ce titre, tout véritable amateur de HM devrait adhérer sans restriction à la philosophie d’un groupe ayant infiniment plus de portée que Metallica (qu’il occultera probablement un jour), car Anthrax est sincère et spontané. La reprise de ce vieux standard de Black Sabbath qu’est Sabbath Bloody Sabbath, un peu plus rapide que l’original, tout en lui restant fidèle, en est une éclatante démonstration, tout comme le heavy rap I’m the Man, qui n’est qu’un prétexte au délire le plus éloquent, d’autant plus manifeste en live. L’enthousiasme de ce groupe plein d’entrain sur scène est communicatif, la réponse du public ne se fait pas attendre. Alors, une face studio (la première), une live (l’autre, évidemment) au son clair et puissant (vous reprendrez bien un peu d’overdubs, n’est-ce pas ?), des musiciens qui n’ont que faire du piédestal que d’autres s’érigent à leur propre gloire, un groupe dont on est fier de porter les couleurs, tout cela ne vous tente pas ? Que demande le peuple ? Hervé S.K. GUEGANO, Hard Force n°16, mars 1988.
ANTHRAX – I’m the Man (Island ’87) : En un même morceau présent dans trois versions (deux en studio, dont une où les mots ‘fuck’, ‘shit’ et autres sont censurés, et une en live), Anthrax prouve définitivement qu’il est le groupe le plus délirant. Sabbath Bloody Sabbath, reprise studio d’Ozzy Osbourne, est quant à elle lourde à souhait, tandis que les titres live sont sans surprise. En conclusion, Les Beasties Boys n’ont plus qu’à bien se tenir devant le rap mosh fun du quintette new-yorkais et son EP indispensable ! Jack, The Jack n°03, avril 1988.
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OVERKILL – Fuck You! (Atlantic ’87) : afin de nous rappeler qu’il est toujours en activité et de nous faire patienter jusqu’au prochain album, Overkill nous offre un mini-LP. Ce dernier comprend un inédit assez ravageur (le title-track), ainsi que quatre titres de ses deux premiers albums, capturés durant un concert. L’ennui avec ces amuse-gueules, c’est qu’ils nous laissent toujours sur notre faim ! Metal Warrior n°02, Wallonie, 1987.
OVERKILL – Fuck You! (Atlantic ’87) : Voici le type même du groupe qui deviendra aussi essentiel à la postérité du speed-metal qu’un Metallica ou qu’un Venom… Avec une telle profession de foi, outrageusement baptisée Fuck You pour des raisons qui nous échappent, Overkill se met à nu, et nous distille quatre versions absolument superbes de morceaux dont nous possédons pourtant presque tous les originaux. Rotten To The Core nous est livré plus cru que jamais et nous permet de constater avec bonheur que le fun anthraxien a contaminé NYC nord au sud. En effet, ce titre magistral se retrouve affligé d’un break monumental où Bobby Gustafson s’essaie au solo le plus gentillet de sa carrière. Dan n’aurait pas fait mieux ! A l’occasion d’Hammerhead, il se met même à développer les solos qu’il avait immortalisés sur Feel The Fire, Use Your Head et Electro-Violence, interprétés sur une rythmique bien plus thrash que les versions originales, nous dispensent quant à eux un speed tel qu’on ne peut que l’idolâtrer, franc et généreusement entraînant… Quant à la composition inédite, Fuck You, elle démontre toute la folie et toute la hargne d’un combo susceptible de balayer d’un trait la pseudo-concurrence qui conteste sa suprématie. Fuck You me paraît plus indispensable encore que le récent live de Testament. Mais là, je prends des risques ! Phil PESTILENCE, Hard Rock Magazine n°42, février 1988.
OVERKILL – Fuck You! (Megaforce, Atlantic ’87) : Rien ni personne n’étant parfait, certains petits fûtés ont (vainement) tenté de se soustraire aux affres de la critique, de peur d’y être fustigés. Avant toute chose, nous allons donc clore, une fois pour toutes, les dossiers de ces concurrents attardés. Overkill est certainement celui qui a le plus souffert du décalage horaire, mais comme il a présenté un mot d’excuse de ses parents, nous avons accepté de passer l’éponge. Fuck You, son dernier mini-LP, est certes tout aussi recommandable que celui de Testament, mais nettement moins que celui d’Anthrax. Panachant les titres de Feel the Fire et ceux de Taking Over (deux de chaque), Overkill s’est même fendu d’une reprise des Subhumans, dont on aurait pu se passer. Overkill en a même fait son cheval de bataille, probablement plus en raison de ses paroles vertement provocatrices que de sa structure musicale, ne choquant nullement parmi ses propres titres, mais d’un classicisme à toute épreuve. Bref, pas de quoi se toucher ! Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°17, avril 1988.
OVERKILL – Fuck You! (Atlantic ’87) : L’EP démarre sur les chapeaux de roue avec un morceau inédit, suivi de quatre titres live issus de Feel the Fire et Taking Over. Du thrash, du fun et une bonne énergie live émanent de ces quatre prises. Ces titres joués en concert sont plus thrash que sur les albums studio, sans compter le sacré solo de guitare sur Rotten to the Core. Un EP indispensable pour les fans d’Overkill. Pat, Mephisto n°02, 09-10-11/1988.

DESTRUCTION – Release from Agony (Steamhammer '87) : Ce trio teuton ultra-speedé propose un nouvel album pas mal du tout, nanti de breaks ingénieux, d’une voix imposante et d’une bonne production. On sent que Destruction a voulu travailler à la perfection, plaçant plein de bonnes idées et des petits détails, bien que tout n’ait pas été pleinement exploité et que le groupe n’ait plus autant de rage que par le passé. Release from Agony reste intrinsèquement un album de qualité, mais moins marquant que ses prédécesseurs. 4,5 / 6. Underground Power n°04, février ’88.
DESTRUCTION – Release From Agony (Steamhammer ’87) : Après les multiples offensives des thrashers californiens ces derniers temps, c’est au tour de l’avant-garde teutonne de remettre les choses au point. On pouvait légitimement s’attendre à ce que Destruction emporte, à l’issue de ce troisième LP, la décision unanime qui lui aurait permis d’accéder à un statut fort sélectif de groupe majeur. Pourtant, décousu et dissipé, Release From Agony ressemble davantage à une suite inachevée de breaks tantôt speed, tantôt heavy, enchevêtrés les uns dans les autres. Dès lors, et ça peut paraître une peu paradoxal, cet album pèche par le trop plein d’idées qu’il propose ! On pourrait croire que le principal défaut de Destruction est de ne pas avoir su canaliser toutes les idées dans une direction bien établie. Outre ces quelques reproches notoires, on peut regretter qu’en quelques occasions, Our Opression par exemple, les chorus fassent aussi pâle figure. Evoquant ceux qui émergent généralement de la science infuse de Dave Mustaine, ils se révèlent beaucoup moins efficaces et définitivement plus aléatoires. Destruction a bouleversé sa façon d’appréhender le heavy-metal, et se retrouve en fait dans une fâcheuse posture, ne se prononçant ni vraiment pour les tempos heavy ni franchement pour les rythmiques speedantes. Sans convaincre les détracteurs du thrash allemand, le LP ne devrait toutefois pas décevoir les fans de la première époque. Phil PESTILENCE, Hard Rock Magazine n°42, février 1988.
DESTRUCTION – Release From Agony (Steamhammer ’87) : Dès que les effets secondaires consécutifs au choc engendré par la dernière galette en date des plus célèbres thrashers allemands eurent disparus, je me suis forcé (si l’on puit dire, car écouter un album de Destruction n’a rien du supplice que dépeignent certaines personnes peu sensibles au charme d’un Bestial Invasion et autre Mad Butcher) à replonger dans la discographie complète, afin d’apporter une réponse à l’énigme inattendue que ce Release from Agony avait fait naître. Le doute n’était alors plus permis : non, vraiment, je n’y trouvais rien à redire ; ainsi donc, mon opinion à l’égard de Destruction n’avait pas bougé d’un fifrelin. La chute n’en fut que plus rude, car cette conclusion que mon esprit, inconsciemment, avait catégoriquement rejetée quelques heures plus tôt, s’imposait alors dans toute sa splendeur : Destruction ne savait plus déclencher ces curieux phénomènes psychosomatiques qui filtrent, dès la première écoute, les LP’s exceptionnels. Alors que le mini-LP Mad Butcher nous avait laissé entrevoir un Destruction au sommet de son art, Release from Agony n’a qu’un arrière-goût de réchauffé. Croyez-moi, cela fait du mal au cœur de perdre un ami très cher, et de voir s’effondrer les espoirs que nous avions fondé sur ce groupe dont la carrière était exemplaire jusqu’à ce flop retentissant. Certes, dans l’absolu, Release from Agony n’est pas aussi abject que vous pourriez être tentés de le croire, et il est même probable que ceux qui l’aborderont d’une oreille neuve, sans a priori ni préjugé favorable, le trouveront tout à fait respectable ; mais, lorsqu’on a connu la fureur sauvage de Destruction de naguère, comment ne pas s’offusquer de son innocuité actuelle. Ni bon, ni mauvais, cet album est neutre et n’offre guère plus d’intérêt qu’une bière sans alcool au comptoir d’une brasserie bavaroise. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°16, mars 1988.
DESTRUCTION – Release From Agony (Steamhammer ’87) : Pas envie de gaspiller du papier pour cette merde…. Decayin’ Maggot n°3, 1988.
DESTRUCTION – Release from Agony (Steamhammer ’87) : Après un mini LP, deux albums et l’EP Mad Butcher, Destruction repart à l’assaut avec son troisième album Release from Agony. Le groupe teuton a sorti un bon disque, farci de breaks tantôt heavy tantôt speed, nanti de meilleurs solos de guitares, sans oublier la voix de Schmier toujours aussi bonne. Un album que je vous conseille. Pat, Mephisto n°02, 09-10-11/1988.

SODOM – Persecution Mania (Steamhammer ’87) : Aussi démoniaque soit cette réalisation, sa sortie tient véritablement du miracle, tant les problèmes de line-up du power-trio semblaient compromettre jusqu’à son existence même. En effet, tous les solistes successifs de cette funeste entreprise n’avaient pas tardé à comprendre l’abominable destinée qui les guettait. Un gratteux plus téméraires que ses glorieux aînés, certains diront moins conscient, parvint néanmoins à se persuader qu’un jour viendrait où le monde deviendrait moins hostile… Avec Persecution Mania, on peut raisonnablement penser que la patience a fini par avoir raison de toutes les diffamations dont Sodom fut la victime complaisante. Et si Frank Blackfire, le nouveau six-cordiste, devenait le premier guitar-hero du black-metal ? Soutenues par une rythmique nucléaire et des vociférations effrayantes, les compositions de ce nouvel opus ne manquent ni d’attrait ni d’intensité. Echaufaudées sur de multiples contretemps et des riffs hargneux, elles dévoient des structures complexes et une inspiration bestiale que ne renierait pas Cronos lui-même. Cependant, certains titres comme Christ Passion finissent par vaincre notre bienveillante tolérance tant ils s’obstinent à resservir encore tièdes tous les plans déjà exploités sur les autres morceaux. On pourra toutefois se réjouir, en investissant dans cet album, de posséder la seule reprise typiquement black-metal d’Iron Fist (Motörhead). Phil PESTILENCE, Hard Rock Magazine n°42, février 1988.
SODOM – Persecution Mania (Steamhammer ’87) : le cas de Sodom est intéressant : vous vous souvenez peut-être que ce gang allemand fut naguère l’une de mes bêtes noires, avant que je n’en découvre une pire encore (NDLR : Wehrmacht ?). Toutefois, ayant constaté quelques légers progrès entre les peu infâmes et crapoteux In the Sign of Evil, Obsessed by Cruelty et le maxi Expurse of Sodomy, j’en avais déduit (cf HF n° 9) que Sodom se complaisait dans sa médiocrité, bien qu’étant capable de s’en extirper promptement si l’envie lui en prenait. L’avenir m’aura donc donné en partie raison, puisque, cette fois-ci, c’est fait ! Le nouvel album de Sodom, Persecution Mania, n’est pas faramineux, mais il est très supportable (Sodom ayant confondu la pédale de frein avec celle de l’accélérateur). Une ébauche de savoir-faire peut même être observée (sur rendez-vous exclusivement), pendant Bombenhagel par exemple. Malgré tout, la reprise de Motörhead (Iron Fist) semble bien mesquine et ne saurait égaler la version originale. Laissons donc mûrir ce nouveau talent et attendons la saison prochaine. Hervé S.K. GUEGANO, Hard Force n°17, avril 1988.
SODOM – Persecution Mania (Steamhammer ’87) : Si Sodom est une influence majeure des groupes français hexagonaux, je découvre pour ma part ce groupe speed avec Persecution Mania. Sur une toile sonore bien bonne et rapide, une voix bizarre et criarde se dresse, collant toutefois bien à l’ensemble. Un disque à ne pas mette dans les mains des amateurs de hard FM. Stef, The Jack n°03, avril 1988.
SODOM – Persecution Mania (Steamhammer ’87) : Si Sodom étaient la bête noire de certains détracteurs, Persecution Mania devrait les faire taire, car cet album est une vraie perle. Sur une rythmique thrash solide & puissante, la guitare speed & agressive cisèle des riffs à souhait, le chant est grave, tandis que l’ensemble est doté d’une production idéale. Soulignons également la bonne reprise de Motörhead (Iron Fist) ainsi que Bombelhagel, véritable hymne allemand. Troubadour n°05, 1988.
SODOM - Persecution Mania (Steamhammer ’87) : Avis à tous les thrashers, Tom Angelripper et Chris Witchhunter sont de retour avec un nouveau guitariste, Franck Blackfire, ainsi qu’un nouvel album en béton, doté enfin d’une excellente production, d’une sacrée lourdeur. Nuclear Winter est un morceau très rapide et nanti de bonnes mosh-parts, aussi efficace qu’Electrocution ou le plus complexe Enchanted Land, au travail impressionnant de Franck Blackfire aux guitares, tout comme le title-track et son couple basse-batterie assommant. S’ouvrant sur une intro lente se sombre, Christ Passion rappelle quant à lui la période In the Sign of Evil durant ses parties rapides. L’ombre de Venom et Motörhead plane plus particulièrement sur Conjuration, et évidemment sur la reprise Iron Fist de ce dernier. Persecution Mania est un chef d’œuvre et je suis certain qu’il va rapidement se hisser au rang de classique. 9/10, Christophe Aubert, Sprashcore n°01, 1988.
SODOM – Persecution Mania (Steamhammer ’87) : ce n'est pas mal, dans la veine de son album précédent, Obsessed by Cruelty, ce qui a le mérite d’être clair. Sodom a perdu son côté brut que j’aimais bien chez lui. La plupart des titres sur Persecution Mania deviennent ennuyeux après les premières minutes. Le morceau Christ Passion se démarque quand même, surtout grâce au jeu de batterie de Chris Witchhunter. De toutes façons, c’est toujours mieux que 90% de la production allemande (vous voyez de qui je parle). Decayin’ Maggot n°3, 1988.
SODOM – Persecution Mania (Steamhammer ’87) : Sodom vient de sortir avec Persecution Mania une véritable bombe. La rythmique est explosive et les solos de guitare sont très bons, tout comme les solos de basse de Tom Angelripper sur le morceau Conjuration. Si Christ Passion est un peu plus faible, tous les autres titres sont excellents, y compris Iron Fist, reprise de Motörhead et meilleur que l’original. Sodomaniaque ou non, ne ratez pas cette perle du thrash. Pat, Mephisto n°02 – 09-10-11/1988.
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VENDETTA – Go and Live… Stay and Die (Noise Records ’87) : Que faire en cas d’intoxication due à une absorption massive accidentelle de SH 0076 (NDLR : Destruction – Release from Agony) ? Rincer soigneusement les oreilles à grande eau en attendant l’arrivée du médecin traitant, qui procédera à des applications locales du seul contre-poison adapté : le N 0102 (NDLR : Vendetta – Go and Live). Plus connu sous son nom usuel, le Vendetta est un nouvel antidote polyvalent très puissant, dont la formule chimique dérive de celles des trois autres composés similaires déjà commercialisés par les laboratoires Noise : le Helloween, le Tankard et le Deathrow. Mais alors que le Helloween n’existe plus maintenant que sous forme édulcorée, et donc moins active, et que les deux autres, trop concentrés, peuvent provoquer des réactions de rejet chez les sujets allergiques aux amphétamines à base de thrash, le Vendetta peut être prescrit de façon beaucoup plus globale, et notamment pour certaines affections très rares incurables, depuis que la formule du Helloween a été modifiée par souci de rentabilité. Cependant, comme tous les médicaments hyper efficaces, il est lui-même toxique, et il convient de se prémunir contre les effets retors d’accoutumance que peut entraîner son utilisation prolongée. Le traitement se déroule en deux phases et procure des sensations dont l’intensité est variable dans le temps, le summum de l’extase survenant lors de la dernière prise de la deuxième phase, qui incite bien souvent le patient à le renouveler de lui-même, créant un syndrome d’auto-dépendance fatal à plus ou moins long terme. On ne saurait trop se méfier des overdoses ! Hervé S.K. Guégano, Hard Force n°16, mars 1988.
VENDETTA, Go and Live (Noise ’87, import Musidisc) : Les responsables de Noise, le label berlinois, ont tenu à nous présenter ce quatuor germain comme un nouveau courant de pensée au sein de la scène heavy-metal : le F.A.S.T. metal, acronyme de fun, avant-garde, speed et thrash-metal. Ni particulièrement fun (Suicidal Lunacy évoque l’enfer de la drogue et Go and Live l’immigration turque), ni franchement thrash, le disque est selon moi un simple album de S.P.E.E.D. (speed, powerful, extremist, entraining, dreamy metal). Des morceaux tels que On the Road ou l'éponyme tiennent parfaitement la distance, dotés d’un son typiquement allemand, aussi direct qu’efficace, concocté par l’inévitable Harris Johns, qui donne même un coup de pouce sensible à certaines compositions un peu en deçà du véritable potentiel de Vendetta. Si on a en effet quelques fois l’impression que la cohérence et l’enchainement ne constituent pas le souci fondamental du combo, on en arrive même à croire sur Revolution Command que les heures de studio étaient comptées, et que Vendetta a dû se hâter de balancer ses plans, ses breaks et soli, sans se soucier vraiment de la façon de les raccorder. Ne faisons toutefois plus la fine bouche et reconnaissons que Go and Live est un premier album qui se savoure sans réserve. 12/20, Phil Pestilence, Hardrock Magazine n°44, avril 1988.
Que de souvenirs, ces textes

UNSEEN TERROR – Human Error (Earache ’87) : Human Error est le meilleur album de death-metal jamais sorti, et ceci n’est pas une blague. Si la voix de Mitch Dickinson était un peu plus puissante & profonde, si ses leads étaient un peu meilleures et s’il n’y avait pas quelques pains à la batterie, ce disque aurait la note ultime de 10/10, croyez-moi. Un gros fuck-off à tous les posers qui compareraient Unseen Terror et Napalm Death, car le trio n’a rien en commun avec un groupe bruitiste comme ND. Tout est parfaitement audible chez UT, et ce dernier sait comment jouer d’un instrument, contrairement à ND. Sa musique est rapide et possède une vraie lourdeur. On pourrait le comparer à un mélange entre Repulsion et Master, avec parfois des relents hardcore. Les meilleurs morceaux sont Burned Beyond Recognition, Oblivion Descends et Death Sentence au premier riff sonnant comme du pur Master, bien que les autres titres soient également meurtriers, aux riffs parfaits se distinguant les uns des autres. Vous, death metallers, vous qui ne pouvez plus soutenir Master, Repulsion et Funeral Bitch ayant splitté, supportez désormais Unseen Terror, le nouveau dieu d’Angleterre ! Note : 9/10. Ramses, Decibel of Death n°09, second semestre 1987.
UNSEEN TERROR – Human Error (Earache ’87) : Voici le premier LP totalement fou de ce jeune groupe, totalement différent de la nouvelle vague UK. La musique est très brutale mais contrôlée, le chanteur est excellent, les changements de rythmes sont fréquents et intelligents. La production est acceptable quant à elle, bien que la batterie ne rende pas toujours bien durant les parties les plus rapides. Un grand groupe à découvrir le plus vite possible. Steph, Raging Metal n°02, 1988.
UNSEEN TERROR – Human Error (Earache ’87) : Alors que le public de poseurs n’écoute qu'Onslaught, Atomkraft et, au mieux, Sacrilege, l’Angleterre a pourtant engendré une scène HC/thrash fantastique avec Napalm Death, Carcass, Lord Crucifer, et le démentiel Unseen Terror. Ce groupe a sorti récemment son premier album sur Earache Records, et se lâche sur chacun des vingts titres, aussi rapides que ceux de Repulsion, mais avec des changements de rythme et des paroles intelligentes. J’adore ce groupe, et même si le chant pourrait être plus profond, Human Error est vraiment le dernier disque génial de l'année '87. En outre, j’ai joui en entendant le morceau Garfield… Ouais ! Pourquoi pas Garfield comme nouveau président ? Decayin’ Maggot n°3, début 1988.

PROTECTOR - Misanthropy (Atom H Records '87) : Après Aggressor, Kreator, Perfector, Musclor, Albator, Oulanbator et Boaconstrictor (NDLR : j’aurais ajouté Michèle Torr), voici Protector. Comment ne pas en vouloir à l'humanité tout entière d'engendrer de tels zigotos, après avoir écouté Misanthropy ? Proposant six titres sur ce maxi 45 tours, alors que certains mini-LP's n'en comptent que quatre, Protector n'est pas radin, mais, diable, que c'est bruyant ! Idéal pour masquer une scène de ménage (après tout, votre vie privée ne regarde pas vos voisins), par exemple. Il est simplement conseillé d'observer un couvre-feu pendant les blancs entre les morceaux. Et ne vous inquiétez pas pour les bruits de vaisselle cassée, vos voisins les confondront avec les coups de cymbale. Quant aux hurlements de la personne que vous maltraitez, ils passeront totalement inaperçus parmi ceux du chanteur. Protector, un élément primordial de la vie du couple ! Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°17, avril 1988.

DREAM DEATH – Journey into Mystery (New Renaissance '87) : Un album à réserver aux fans de Trouble, Candlemass et autres calibres lourds. On peut noter une petite évolution par rapport à la précédente démo, avec des influences légèrement hard core qui se font désormais sentir. Amusez-vous par ailleurs à passer le disque en 45 tours, ce qui donnera un thrash rapide & puissant, farci de changement de rythmes ! Un disque recommandé et indispensable. Korrigan, Troubadour n°05.
DREAM DEATH – Journey into Mystery (New Renaissance ’87) : Ce disque constitue à mon sens l’un des meilleurs, voire le meilleur album de doom de l’année. Entendons par doom une musique lourde mais puissante et percutante. Doté d’une bonne production, Journey into Mystery renferme ce quelque chose supplémentaire qui donne beaucoup d’attrait à la musique des américains de Dream Death. 8,5/10, Crucifixion n°04.
DREAM DEATH – Journey Into Mystery (New Renaissance ’87) : ce n'est ni du thrash, ni du death, ni du HC metal, mais c'est vraiment génial, purée ! Un heavy-metal rapide avec un chant profondément vicieux et plein de parties doom. Parfois Dream Death me rappelle Hellhammer. La lourdeur de ce groupe va vous fracturer le cerveau et en faire de la gelée. La plupart des paroles sont sympas, dans le genre gore/horreur, et suffisament originales pour mériter d’être lues. J'ai écrit il y a un moment au groupe, et j’attends toujours sa réponse, dans l'espoir de placer son interview dans le prochain numéro... Decayin’ Maggot n°3, 1988.
DREAM DEATH – Journey Into Mystery (New Nenaissance '87) : nettement plus poussé et en net progrès par rapport à sa demo, Dream Death sort son premier album chez New Renaissance. Avec une production plus qu’honorable, Journey into Mystery allie dans la pure tradition du groupedes tempos speed et d’autres très doom, avec en fond un son très Celtic Frost. A l’image de The Elder Race et Back from the Dead, les morceaux sont plus étoffés que leur version demo, tandis que les nouveaux titres comme Divine in Agony sont plus puissants dans l’ensemble. Dream Death, aka ‘the Pittsburg sludge-metal band’, n’a rien perdu de ses débuts avec son premier album, et s’adresse encore à un public averti, amateur de Candlemass et Trouble pour la lourdeur, et de Celtic Frost pour la gravité du son, les riffs simples et les breaks speed. Ne vous arrêtez pas à la première écoute ! L’âme de fond n°10, mars 1988.
DREAM DEATH – Journey to Mystery (New Renaissance ‘87) : Voici le premier album de Dream Death, qui délivre une musique très lourde. Tous les morceaux sont du même acabit (ce qui ne sous-entend pas qu’ils soient mauvais) et, à ce titre, si vous n’aimez ni le morceau Black Edifice ni Hear my Screams, inutile de poursuivre. En revanche, vous allez adorer si vous êtes amateurs de Celtic Frost première période. Dream Death reprend en effet là où CF s’est arrêté sur Into the Pandemonium. J’ai personnellement adoré Journey into Mystery. 7/10, Gérard Brandt, Hammerhead n°06, mai 1988.
DREAM DEATH – Journey Into Mystery (New Renaissance Records ’87) : Journey into Mystery de Dream Death, candidat convoqué à la séance de rattrapage, est beaucoup trop classique pour être admissible, et ne vous sera pas d’un grand secours. L’alternance thrash/doom, loin de rompre la monotonie, est génératrice d’une insurmontable sensation d’ennui. Un vrai cauchemar ! Hervé S.K. GUEGANO, Hard Force n°17 (rubrique Forces Sceptiques), avril 1988.