
EXODUS – Pleasures of the flesh (Music for Nations ’87) : Depuis le temps que l’on attendait cet album, nous étions en droit d’espérer un résultat à la mesure de notre patience. Malheureusement, la musique d’Exodus n’est pas comme le bon vin, elle ne se bonifie pas avec le temps. Bien au contraire, elle prend de la bouteille ! Loin de moi l’idée de prétendre que cet album est franchement mauvais, car ce n’est pas le cas. Il est tout simplement banal et ne soutient pas la comparaison avec Tankard, Zoetrope ou même Whiplash. Je sais que l’on va encore me reprocher d’être dur, mais la complaisance ne mène nulle part. Dans les temps qui courent, le pouvoir du nom est une chose, mais être à la hauteur de sa réputation en est une autre. Bonded by Blood avait su créer la différence, quoiqu’en disaient alors les détracteurs d’Exodus, tandis que Pleasures of the Flesh l’enterre sur la voie de la standardisation. Propre et net, le speed devient froid et inconsistant. Où est passée la magie de Strike of the Beast ? Creux et répétitifs, les titres de ce disque ne sont pas pour autant détestables, mais cela ne suffit pas à rendre cet album indispensable, comme l’était son prédécesseur. J’irais même jusqu’à dire que c’est un élément qui apportera de l’eau au moulin de ceux qui reprochent au speed de tourner en rond. Steve Souza, le nouveau chanteur, est radicalement nul. Avec sa petite voix, il n’est même pas foutu de brailler convenablement, ce qui est quand même inquiétant pour un soi-disant chanteur de speed. Le tandem basse/batterie est des plus primaires qui soient et les soli des guitaristes sont toujours aussi ridicules, à tel point que l’on se demande pourquoi ils sont deux, alors qu’un seul suffirait amplement. Bref, il ne faut pas confondre les plaisirs de la chair et de ceux de l’oreille ! Hervé "S.K" GUEGANO, section ‘Les Truands', Hard Force n°14, janvier 1988.
EXODUS – Pleasure of the Flesh (NEW Musidisc ’87) : Malgré notre confiance aveugle, il semble bien que l’exode des cinq californiens ait trop duré, car son second disque parait bien tristounet comparé aux performances actuelles de la nouvelles vague californienne. Le speed d’Exodus vacille inexorablement entre l’inspiration de Testament et la complexité instrumental de Megadeth (Chemi-Kill), et c’est sans doute là que le bât blesse. Les riffs fignolés, les plans saccadés et les multiples breaks qui jonchent chacun des morceaux ne confèrent pas au groupe l’identité véritable dont il ne peut se dispenser. Le départ de l’ineffable Baloff a changé nos thrashers invétérés en de bons speedos pépères. Et ceux-ci se contente de resservir des mets plus revus que corrigés, évitant ainsi soigneusement de restaurer la hargne outrancière de leur premier forfait Bonded by Blood. Outre l’absence notoire d’idées réellement inédites, la productive se révèle bizarrement défaillante. On a beau repasser indéfiniment le morceau Pleasures of the Flesh, on ne parvient jamais à discerner la moindre ligne de basse. Quant au chant de Zetro Souza, il manque pour le moins d’agressivité et de présence sur certains titres. Encore une légende qui s’effondre ? Phil Pestilence, Hardrock Magazine n°41, janvier 1988.
EXODUS – Pleasure of the Flesh (MFN ’87) : Quelle merde ! Légèrement supérieur à Terrible Certainty mais tout aussi bon pour la poubelle. Les nouveaux morceaux d’Exodus sont plus commerciaux que tout et la voix de Steve Souza est nulle. Si son chant était en adéquation avec son ancien groupe Legacy, elle n’est pas du tout adpatée à Exodus, ce qui saute particulièrement aux oreilles lorsque l’on connaissait déjà le groupe avec son ancien frontman Paul Baloff. Je note tout de même 1/10 pour l’excellent travail des guitaristes et l’excellente production, mais tout le reste est à oublier. Note : 1/10. Ramses, Decibel of Death n°09, second semestre 1987.
EXODUS – Pleasures of the Flesh (MFN 1987) : Steve Souza a fait une grosse erreur tactique en quittant Testament, à moins que ce dernier ait simplement pris conscience de ses faiblesses, car le chanteur ne parvient nullement à faire oublier la rage fougueuse de Paul Baloff. On ne retrouve jamais, tout au long de Pleasures of the Flesh, le vent de folie ni l’atmosphère furieuse de Bonded by Blood, qui lui donnaient son intensité inégalable. Ce second album se destine seulement aux nostalgiques de l’époque où Exodus occupait une place de leader. Et dire que le groupe aurait pu entrer dans la légende, s’il s’était séparé après son premier album… Metal Warriors n°02, Wallonie, automne 1987.
EXODUS – Pleasure of the Flesh (MFN '87) : Après deux ans et demi d’absence, Exodus revient avec un second album moins percutant que son prédécesseur. A en lire Megathrash Kerrang qui disait que le disque était génial et qu’il serait un nouveau hit en puissance, je dois dire que j’ai été légèrement déçu pour ma part. Le chant manque de puissance et parfois on en vient même à se faire chier. Strormtrooper of Thrashing Madness n°03.
EXODUS – Pleasure of the Flesh (NEW Musidisc ’87) : si, à ses débuts, Testament s’est insipiré d’Exodus, tout en apportant ses idées nouvelles, c’est aujourd’hui le maître qui exploite les idées de son disciple. Mais où est donc passé le speed net et intense qui caractérisait si bien Exodus ? Le sens du rythme est sauf, mais le speed et la sauvagerie ont quant à eux disparu, tandis que les solos manquent désormais d’inspiration. Il faut attendre la seconde face pour retrouver l’Exodus que nous connaissions, sur Seeds of Hate, Chemi-Kill et plus particulièrement Choose your Weapon, un morceau qui aurait de quoi complexer Kreator en termes de précision d’exécution. Exodus a par ailleurs bien fait de remplacer Paul Baloff par Steve Souza (l’ancien chanteur de Testament !), à la voix moins violente que celle de son prédécesseur mais plus prenante. Si Pleasure of the Flesh avait été le premier album, il aurait été mieux accueilli, notamment grâce à la qualité intrinsèque du son et des compositions mais, pour un second disque, placé dans l’ombre de Testament et en manque d’inspiration, la pilule passe pour difficilement. Il manque des morceaux de la trempe de Deathrow, un joyau de speed mélodique, que l’on trouve sur des albums pirates d’Exodus. Steph, Troubadour n°05.
EXODUS – Pleasure of the Flesh (NEW Musidisc '87) : Exodus revient après plus de deux ans. Pleasures of the Flesh, sorti en France chez NEW Musidisc, se devait d’être excellent vu la qualité de son prédécesseur. Et ce disque tant attendu l’est effectivement, bien qu’on puisse regretter que le groupe ait perdu musicalement ce son qui donnait une touche si particulière à ses compositions. Il n’empêche que des morceaux solides comme Till Death Do Us Part, Deranged, ou Chemi-Kill ont de quoi faire encore rougir Kirk Hammet. Si Exodus sonne davantage comme Anthrax, Testament ou Sacrifice, son deuxième album ne pourra cependant que satisfaire. L’âme de fond n°10, mars 1988.
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WHIPLASH - Ticket to Mayhem (Roadrunner '87) : voici le second album de Whiplash avec son nouveau batteur Joe Cangelosi, qui fait oublier sans problème son prédécesseur Tony Scaglione. Le groupe a trouvé le frappeur idéal, qui joue des rythmes incessants et meurtriers à la double pédale. Les nouveaux morceux comme The Burning of Atlanta sont bien meilleurs, à l’exception de Nail in the Coffin qui craint plus qu’autre chose. Globalement, Ticket to Mayhem tue ! 8/10. Ramses, Decibel of Death n°09, second semestre 1987.
WHIPLASH - Ticket to Mayhem (Roadrunner '87) : Après un superbe Power and Pain (cf HFM n°4, déjà !), le challenge allait être dur à relever. Et, effectivement, Ticket to Mayhem est très nettement en dessous de mes espérances. Psychologiquement, dès le premier titre, le malaise s’installe. Que vient faire ici ce conglomérat infâme de bruitages guerriers, dont est composé Perpetual Warfare ? Suivi par un autre (et c’est ce qui fait la différence avec un 45t), qui ne redonne pas spécialement courage, si ce n’est dans la dernière minute, puis par un slow pour le moins douteux, tout cela n’est guère de bon augure. Heureusement, si Drowning in Torment passe sans surprise, avec The Burning of Atlanta, on retrouve (il était temps !) un Whiplash au mieux de sa forme et cela fait plaisir à entendre. La deuxième face est beaucoup plus cohérente ; car, si l’on excepte Eternal Eyes, tout se tient, même si le sinistre trio ne parvient pas à réitérer ses exploits de Power and Pain. Joe Cangelosi, le nouveau batteur, s’intègre parfaitement aux deux Tony, qu’il complète à merveille par un travail de batterie dont feraient bien de s’inspirer Exodus et toute la clique. Cependant, les morceaux de ce disque n’ont plus rien en commun avec Stagedive ou Power Thrashing Death. Le génie n’est pas intemporel et celui de Power and Pain a totalement disparu. Je le déplore, mais je ne veux pas pour autant lâcher un groupe qui n’a peut-être pas encore dit son dernier mot, ainsi qu’en atteste brillament Spiral of Violence. Espérons donc que le ticket en question ne sera pas aller simple ! Hervé "S.K" GUEGANO, Hard Force n°14, janvier 1988.
WHIPLASH – Ticket to Mayhem (Roadrunner ’87, distr. New Rose) : Whiplash cultive son indépendance et se refuse à admettre la moindre influence. A force de bonne volonté et d’un peu de confusion, le trio du New-Jersey défend un certain esprit d’imperfection. Les pulsions métalliques de ce guerrier du riff se révèlent ainsi si sauvages et si farouches que le producteur le plus compétent, Jon Zazula, s’y casserait les dents. Témoignage sans concession de la violence aveugle qui régit les nuits new-yorkaises, Ticket to Mayhem restaure le concept d’une brutalité spontanée. Le chant se montre parfois si râpeux qu’on se demande si Tony Portaro va se décider à régurgiter son repas. C’est ça Whiplash, c’est crade mais si bon à la fois. Même si cet album n’est pas aussi fatal que son prédécesseur Power and Pain, essayez-le et constatez que la musique adoucit les meurtres ! Phil Pestilence, Hardrock Magazine n°41, Janvier 1988.
WHIPLASH– Ticket to Mayhem (Roadrunner 1987) : On a beaucoup parlé de Tony Scaglione lorsque le batteur a remplacé brièvement Dave Lombardo au sein de Slayer, en décembre 1986. Pour palier à son départ, Whiplash a recruté Joe Cangelosi, et il sort aujourd’hui un second album plus équilibré, nantis de morceaux lents comme Last Night in the Coffin, et d’autres thrash d’époque War and Pain, comme Snake It ou Burning of Atlanta, ce dernier étant un véritable hymne lourdingue qui rappelle délicieusement les premiers albums d’Exciter, valant à lui seul l’investissement. Bref, un bon retour de Whiplash qu’on croyait fini. Metal Warrior n°02, Wallonie, automne 1987.
WHIPLASH– Ticket to Mayhem (Roadrunner 1987) : voici le retour de Whiplash issu du New-Jersey. Ticket to Mayhem en séduira plus d’un et fera vite oublier son médiocre prédécesseur. Whiplash y fait preuve d’originalité et de technicité, à l’image de son morceau Walk the Plank, qu’il conduit idéalement. Bénéficiant d’une production singulière, les titres sont avant tout rentre-dedans (Drowning in Torment, The Burning of Atlanta) et lourds quand il le faut (Last Nail in the Coffin). Un disque qui vaut largement le détour. L’âme de fond n°10, mars 1988.

TANKARD – Chemical Invasion (Noise International ’87) : Curieusement, alors que tout le monde s’accordait à penser que seuls Whiplash, casaque rouge, toque blanche, ou Zoetrope, casaque noire, toque noire, étaient en mesure de remporter haut la main le trophée du Prix de Noël, ce fut un toquard de première, côté à 54 contre 1, qui franchit en tête la ligne d’arrivée, avec plus de vingt longueurs d’avance sur le reste du peloton (photo pour la deuxième place). Acculé par la fatalité, je dus me résoudre à faire prendre l’air à ma brosse à reluire, qui n’en demandait pas tant, vu l’état de profonde hibernation qui la caractérise habituellement. L’Allemagne n’est plus ce qu’elle était ! Peut-être la perspective du marché unique de 1992 l’a-t-elle rendue innovatrice et ultra-compétitive ? De ce côté-là, Tankard fait grosse impression, avec ses vocaux et au phrasé haché sur un timbre médium, agressifs mais pas désagréables, et ses guitares hurlantes et éxubérantes (merci Destruction !). Quel que soit le degré d’authenticité de la démarche prônée par le groupe (tout tourne autour de l’alcool et de la bière -allemande- en particulier), cela ne semble pas entraver ses aptitudes. Bien sûr, tout n’est pas parfait : l’instrumental For a Thousand Beers n’est malheureusement pas dément et le passage du blues au thrash dans Chemical Invasion est beaucoup trop progressif ; mais, ces faiblesses sont compensées par deux des meilleurs titres de l’histoire du thrash. Tantrum et Puke, dont les rythmiques saccadées et trépidantes ne sont pas sans rappeler le génial (quoique notablement moins élaboré) Holy Moses. Attention, quand le vin est tiré, il faut le boire jusqu’à la lie. Alors, ne touchez pas à celui-ci, ou vous ne pourrez bientôt plus vous en passer ! Hervé "S.K" GUEGANO, Hard Force n°14, janvier 1988.
TANKARD – Chemical Invasion (Noise '87, import) : Cinq teutons combattent avec une ardeur démesurée l’artifice chimique et la corruption éthylique qui viennent dénaturer leur breuvage favori. Si ce postulat paraît bien légitime, il est également source d’une évidente métaphore. Tankard mène en effet une lutte sans merci face au metal tronqué, celui que certains se plaisent à ruiner à coups d’arrangements & mixages commerciaux. Son thrash dégage une telle densité et une telle inspiration, au gré des riffs brutaux de Tantrum ou des plans mélodiques de For a Thousand Beers, qu’on peine à trouver une faille dans ce solide édifice. Et même si certains breaks atteignent les limites de l’ultra violence, la production remarquable vient secourir Tankard et l’empêche ainsi de sombrer dans l’engrenage infernal que constitue trop souvent le thrash-bordel. Chemical Invasion se pose comme une œuvre fatale et riche en surprises, reprenant à son compte le joyeux concept du fun made-by-Anthrax. Tankard a compris que l’humour et l’autodérision sont des facteurs extramusicaux qui feront toujours la différence dans le cœur des kids. Que celui qui n’a jamais moshé lui jette la première bière. Phil Pestilence, Hardrock Magazine n°41, janvier 1988.
TANKARD – Chemical Invasion (Noise ’87) : Nouvelle surprise après Blessed Death, Tankard a opté lui aussi pour le pur speed sur Chemical Invasion, et avec succès. Ce n’est pas original pour un sou (qui est encore original aujourd’hui) mais efficace. Des morceaux comme Total Addiction ou l’instrumental For A Thousand Beers sont meurtriers. Le groupe possède son propre son, différents de celui de ses homologues allemands. Note : 5/10. Ramses, Decibel of Death n°09, second semestre 1987.
TANKARD – Chemical Invasion (Noise ’87) : Dommage que Tankard ait choisi un chanteur trash pour accompagner sa musique qui, bien que très speed, n’en demeure pas moins mélodique. Ce groupe allemand possède en effet de talentueux musiciens, qui déploient toute leur ingéniosité sur le superbe instrumental For a Thousand Beers, débute par une formidable intro acoustique suivi de parties de guitares qui rappellent parfois Metallica. Les autres morceaux, quoique bon, sont à mon sens gâchés par le chant. 14/20, Boule, Metal Action n°07, 1987.
TANKARD – Chemical Invasion (Noise – Import ’87) : J’ignore pour quelle raison les albums de Tankard sont toujours mal accueillis par la presse. Il est vrai que, naïvement, ses deux albums ne présentent que des clichés du genre et n’inventent rien. Mais pourquoi s’en priver lorsque c’est bien fait ? Sans être l’album du trimestre, Chemical Invasion est un peu plus ‘cassant' que son prédécesseur Zombie Attack et se relève être plutôt intéressant. Dommage que la scène allemande soit si encombrée. Metal Warrior n°02, Wallonie, automne 1987.
TANKARD – Chemical Invasion (Noise '87) : Tankard a certainement dû s’enfiler un sacré paquet de bières pour nous pondre un tel cocktail de décibels et de folie, toujours avec humour. Chemical Invasion, c’est du bon, du vrai, du dur : il a de la cuisse ! Phil, Troubadour n°05.
TANKARD – Chemical Invasion (Noise ’87) : Nouveau venu de Germanie, Tankard œuvre dans le thrash metal de haute volée et se pose avec l’indispensable Chemical Invasion parmi les grands espoirs de cette scène. Ce disque est assurément le nec plus ulthrash en la matière. JM, The Jack n°03, avril 1988.

ZOETROPE – A Life of Crime (Combat / MFN ’87) : Le pire album réalisé en thrash, mais peut-on vraiment qualitier A Life of Crime de thrash, speed ou hardcore ? Je pense que l’appelation 'street shit metal' est la plus adaptée pour décrire le style de Zoetrope sur ce disque, c’est vous dire à quel point c’est mauvais. Si vous aviez apprécié le premier album Amnesty, qui était écoutable, fuyez A Life of Crime. Hormis deux morceaux potables, Detention et Hard to Survive, le reste craint comme pas permis. Et dire que le groupe a un contrat avec Music for Nations, c’est tout bonnement incroyable… Note : 1/10. Ramses, Decibel of Death n°09, second semestre 1987.
ZOETROPE – A Life of Crime (Combat / MFN ’87) : si le premier album Amnesty était ridicule, ce petit dernier permet à Zoetrope d’obtenir une palme, tant ses efforts ont portés. Cependant, tout n’est pas gagné et il reste au groupe à trouver des riffs accrocheurs qui manquent encore à l’appel, ainsi que des mélodies susceptibles de transformer ses compositions en véritables hymnes. A Life of Crime ne renferme rien de foncièrement spécial, mis à cette la forte inspiration d’Exciter et une pochette originale. On en demande plus à Zoetrope et le groupe possède les moyens pour le faire. Metal Warriors n°02, Wallonie, automne 1987.
ZOETROPE – A Life of Crime (MFN / NEW Musidisc ’87) : Le cas de Zoetrope est exemplaire à bien des égards. Car, après l’avoir écouté, on ne comprend plus vraiment pour quelle obscure raison les groupes de speed/thrash ne sont pas tous aussi bons. A priori, Zoetrope n’a rien de bien extraordinaire. Ses membres ne sont pas dotés de capacités exceptionnelles, sa musique n’est pas d’une qualité rare, et pourtant Zoetrope réussit à faire vibrer la corde sensible, par je ne sais quel miracle. Ôtez-moi d’un doute : le speed valable serait-il à la portée du commun des mortels ? L’expérience prouve le contraire. Mais, peut-être est-ce tout bonnement le talent ? Car, si Zoetrope n’engendre nullement la mélancolie, ce n’est certainement pas grâce à ses qualités propres, limitées à leur plus simple expression. L’énergie brute et la spontanéité rayonnante que recèle cet album font passer au second plan certaines déficiences, finalement insignifiantes, un peu à la manière d’un Motörhead. Le charisme et le feeling qui s’en dégagent y sont aussi pour beaucoup, car peu de groupes de speed sont à même de susciter un tel impact émotionnel. Je suis persuadé que Seeking Asylum, ou même Hard to Survive surprendraient (favorablement) plus d’un farouche adversaire du speed metal. À moins, bien entendu, que les réfractaires ne soient encore plus bornés que les inconditionnels. Hervé "S.K" GUEGANO, Hard Force n°14, janvier 1988.
ZOETROPE – A Life of Crime (MFN ’87) : produit par Randy Burns, réputé pour ses enregistrements, notamment celui de Peace Sells (Megadeth), A Life of Crime a de fortes chances d’apporter le succès que Zoetrope mérite. Le gang de Chicago a frappé très fort. Sa musique est agressive (Unbridled Energy, Detention), parfois assez lourde (Seeking Asylum) ou bien franchement originale (Company Man). Les parties de guitares sont plus abouties (l’arrivée de Louis Svitek n’y étant pas étrangère), le chant est plus nuancé, entre rudesse et mélodie. Ne passez pas à côté d'A Life of Crime, aux textes intelligents traitant de thématiques actuelles, pour ne rien gâcher. L’âme de fond n°10, mars 1988.
ZOETROPE – A Life of Crime (MFN ’87) : Les USA sont en train de nous pondre en ce moment un nombre impressionant de speed/thrash bands. Zoetrope n’est quant à lui pas le dernier né, mais fait tout de même partie de cette fournée. Le quatuor se détache de ses confrères grâce à ses compositions originales, à son chanteur à la voix plutôt unique, et à ses guitares alléchantes. Le seul point noir réside à mon sens dans la rythmique un peu trop « marteau-piqueur ». Zoetrope se place sans doute comme un futur grand de la scène thrash metal. Pascal, The Jack n°03, avril 1988.

TESTAMENT – Live at Eindhoven (Megaforce / Atlantic 87) : Après nous avoir assommés avec un fabuleux premier album, Testament revient cette même année avec un live 5 titres furieux, enregistré le 8 juin 1987 au Dynamo Open Air Festival en Hollande. On se met à mosher sur Over the Wall, on se jette contre les murs sur Burnt Offerings, on saute au plafond sur Do or Die, puis on s’écrase par terre sur Apocalyptic City et enfin on git dans sa propre mare de sang sur Reign of Terror, l’inédit de ce mini-LP, qui finit de nous écraser. Trash Anthrax n°05, sept/novembre ’87.
TESTAMENT – Live at Eindhoven (Wea / Megaforce ’87) : Allez ! Commençons par l’aspect purement technique de ce mini-album live. Le son est correct et si vous vous prenez même au jeu de monter le volume, vous aurez la sensation d’y être. Maintenant, revenons plus particulièrement au cas Testament : avouez que les gars ne se sont pas trop cassé la tête : on prend une pincée de Metallica, une autre d’Anthrax, on touille bien et voilà le travail ! Je reconnais que cela tient extrêmement bien la route, que c’est du bon boulot et tant qu’il y a un public pour acheter, pourquoi pas ? J’oserais cependant émettre quelques réserves en partant à contre-courant vers Death Angel ou encore Destruction qui ont su s’attribuer une part d’originalité. Enfin, j’espère que vous avez pris des notes, car il vous suffit d’enfermer deux guitaristes, un chanteur, un bassiste et un batteur avec la discographie complète de Metallica et d’Anthrax, de laisser macérer, puis de revenir deux mois plus tard pour les placer sur le marché. Le tour est joué ! Pour ceux qui aiment Testament, ce mini-album est indispensable et vous ne le regretterez pas. Quant aux autres, ils n’ont plus qu’à prendre leur mal en patience en espérant qu’un jour on saura apprécier leur talent véritable. Stéphane Girard, Hard Force n°14, janvier 1988.
TESTAMENT – Live at Eindhoven (WEA ’87) : L’année 1987 aura décidément été celle de Testament. Après la sortie de The Legacy rapidement promu au rang des meilleurs albums, tous styles confondus, le quintette californien repart à l’assaut avec cet enregistrement live de cinq titres, capturés à Eindhoven le 8 juin 1987, pour sa première venue sur notre vieux continent. Si les versions live de Over the Wall & Burnt Offerings sont relativement conforme aux versions de l’album, Do or Die et Apocalyptic City deviennent des joyaux du thrash-metal. Les riffs plus saccadés et le chant plus hargneux tendent à restaurer la folie furieuse d’un titre comme COTLOD. Quant au morceau inédit Reign of Terror, bien qu’échafaudé sur un riff semblable à celui d’Over the Wall, il ponctue cette orgie dans la plus pure tradition du métal pétillant. Malgré quelques insuffisances rythmiques, Live at Eindhoven ne manquera pas de séduire les irréductibles métallistes, qui refusent encore de reconnaître ces thrashers fous comme les héritiers spirituels de Metallica. La 'total headbanging party' bat son plein. Phil Pestilence, Hardrock Magazine n°41, janvier 1988.
TESTAMENT – Live at Eindhoven (Megaforce ’87) : C’est au tour de Testament d’y aller avec son mini-LP live cette année, tout comme Overkill. Celui-ci offre cinq morceaux, dont quatre sont issus du premier album The Legacy, tandis que le cinquième Reign of Terror est inédit à ce jour. Ce chouette disque, enregistré durant le festival Dynamo Open Air, donne un aperçu fidèle d’un concert de Testament, si jamais vous avez eu le malheur de manquer le groupe à Anvers en octobre dernier. Metal Warriors n°02, Wallonie, automne 1987.
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TARGET – Mission Executed (Aaarrg Records '87) : tchacapoum, tchacapoum, etc. Classique, hyper-classique devrais-je dire ! Enfin, une frite (belge) restera une frite, alors, c’est sans surprise que Target nous décoche huit titres acceptables, sans pour autant en atteindre la cible. Dans l’absolu, Target est musicalement aussi éloigné du bal musette que Slayer de Vanessa Paradis. Heureusement, le groupe possède en la personne de Lex un guitariste de talent qui, de ses soli, vient enrichir un ensemble souvent trop étouffant et monotone. Ceci dit, nous sommes ici en présence de l’exemple-type du disque jetable après usage… Vous pouvez aimer, mais de là à acheter… Sauf si vous les aimez grasses. Stéphane Girard, Hard Force n°14, janvier 1988.
TARGET – Mission Executed (Aaarrg ’87) : quand les belges se mettent à faire du speed métal, ils s’avèrent être pas moins doués que les autres. Sans innovation particulière, Mission Executed est un album qui se laisse facilement écouter bien que, pour ma part, je trouve que la multitude de solos et de breaks gâchent le disque dans son ensemble. 4/10, Crucifixion n°04, 1987.
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WRATH – Nothing to Fear (Enigma ’87) : Wrath, un nom qui éclabousse et une pochette qui ressemble à cette pâte molle verte sortant d’une poubelle, que l’on achetait il y a quelques années (retirée de la circulation ?). Voilà donc une galette corrosive qui vous éclatera bien le fond de l’oreille en vous récurant sans merci. Une voix proche de celle de Living Death, mais musicalement un style bien différent… Un alliage cosmique ente Testament et Death Angel… Eh oui, vous aurez bien lu (faute d’avoir bien compris), le critique n’est pas déjanté. Mosh, mosh, mosh ! Levez-vous slameurs, damnés de la Terre, pour que nuit et jour, incandescence et indécence ne fassent plus qu’un ! Deuxième album d’un groupe trop confidentiel, mais qui, désormais, sera au premier plan d’une scène thrash jamais assez extrémiste. Je sais, vous ne saurez plus où donner de la tête et encore moins du portefeuille, mais ici vous n’avez aucunement besoin de vote tête, le portefeuille fera le reste. Slam or dive. Choisis ton camp, caramba ! Stéphane Girard, Hard Force n°14, janvier 1988.
WRATH – Nothing To Fear (Enigma ’87) : Un an et demi après Fit Of Anger (premier album peu remarqué), Wrath, combo mythique des bas-fonds de Chicago, revient pour prendre une formidable revanche avec, en guise de bannière, l’un des albums les plus marquants de cette fin d’année. Possédant l’instinct du rythme saccadé et des tempos pénétrants, les musiciens de Wrath ne rencontrent pas le moindre problème pour exprimer leur intense potentiel créatif. Dans le sillage des plus subtils groupes américains (Megadeth, Overkill ou Anthrax), ils fignolent leurs compositions d’une multitude d’écarts mélodiques des plus judicieux. Derrière un chant pleurnichard mais captivant, Mike Nyrkannen et Scott Nyquist laissent parmer des guitares volubiles, cet aspect se rélévant être la preuve d’une maîtrise technique impressionnante. Supportant ce creuset d’éclairs de génie, la production place les instruments sur un pied d’égalité : la basse et la batterie se changent en deux véritables poumons rythmiques, laissant les guitares (parfois acoustiques) épancher leur soif d’agressivité. Même si les plus sectaires des métallistes rechignent à considérer Wrath comme étant un quintette susceptible de séduire les masses non speed, on n’est pas près de se lasser de cet album. Quand le speed est tiré, il faut le boire… Phil PESTILENCE, Hard Rock Magazine n°42, février 1988.
WRATH – Nothing to Fear (Medusa / Enigma ‘87) : on attendait avec impatience les jeunots de Wrath car, après un premier album moyen mais prometteur, on pouvait espérer un bon successeur. Non seulement c’est le cas, mais en plus Wrath ne se prive de rien en choisissant Ronnie Montrose comme producteur et ingénieur du son. La musique de Wrath a quant à elle notoirement évolué et est plus mûre, plutôt speed et nantie de nombreux breaks. Le facteur qui risque d’en gêner plus d’un est la voix plutôt criarde de Gary Golwitzer, calée entre celle de Thorsten Bergmann (Living Death) et du chanteur de Killers. Quoi qu’il en soit, Nothing to Fear vaut le détour. Philippe G, L’âme de fond n°10, mars 1988.

VENOM – Calm Before the Storm (New Musidisc ’87) : Venom is back, et en plus les gars font les bougres. Fous de Black Metal et Welcome to Hell, levez-vous car le temps des grandes discordes est revenu. Black Xmas sent les effluves d’alcool et l’odeur de tabac froid dans un cendrier ébréché, la luxure et les excréments, on aime. Mantas est parti, vive Mike H et Jim C (c’est beau l’anonymat, une sécurité lorsqu’on voudra se reconvertir après Venom). Le groupe a retrouvé force et vitalité à travers leurs multiples soli colorés, saturés et avant tout audibles. Effarement ! Cronos chante ! Blasphème ? Mais non, il semble qu’il ait appris à moduler sa voix. Abaddon est, pour sa part, toujours aussi régulier dans sa frappe moissonneuse. Venom, c’est sale et salissant (moins qu’avant, mais le titre est révélateur du prochain LP), et c’est bon de sombrer dans les profondeurs des abysses le temps d’une écoute (plus longtemps pour certains). Calm before the Storm, le calme avant la tempête possède une intro géante et un riff craquant ; Beauty and the Beast est indescriptible et grandiose, Deadline un classique, etc… La preuve est faite que Venom était le premier et d’un coup, d’un seul, il vient de reprendre la tête. Cela risque de faire très mal. Il aurait mérité de figurer parmi les grosses brutes (NDLR : section la plus haute des chroniques HF). Stéphane GIRARD, Hard Force n°14, janvier 1988.
VENOM – Calm Before the Storm (NEW Musidisc ’87) : Suivant les traces de Tank, Raven et Motörhead, Venom est passé étonnamment à la vitesse supérieure. Le concept mégalomane du groupe empêchait toute évolution, ce qui laissait Cronos et ses acolytes sur la paille, après le tir de leurs meilleures cartouches. La gangrène rongeait inexorablement avec At War with Satan et Possessed, si bien que Venom devenait la risée de tous les kids, et plus dure devenait la chute après le départ de Mantas. Cronos est aujourd’hui de retour en compagnie d’Abaddon, et le groupe a totalement revu ses positions musicales. Le son est clair et ultra puissant, Abaddon s’est mis à jouer avec finesse et Cronos s’est mis à chanter, la nouvelle paire de guitariste, Jimi C et Mike H, y étant certainement pour beaucoup. C’est donc une véritable résurrection qui replace Venom parmi les meilleurs groupe de speed. Calm before the Storm ne ressemble à aucun autre et promet au groupe des lendemains fastes. Venom est de retour, l’unique, celui qui pondait des merveilles comme Witching Hour, Leave Me in Hell ou Live Like an Angel. Pierre-François Remy, Hardrock Magazine n°41, Janvier 1988.
VENOM – Calm before the Storm (NEW musidisc 1987) : Venom revient cette année avec son cinquième et meilleur album, l’apport de la seconde guitare n’y étant pas étranger. Le disque risque toutefois de lasser rapidement. En effet, c’est très bien à petites doses (Black Xmas, Under a Spell) mais on y trouve un parfum de déjà entendu, embelli cette fois-ci par l’apport de claviers et d’une seconde voix. Le nouveau line-up déboite encore plus, les soli sont plus recherchés, les morceaux plus aboutis. En fait, ce retour n’est pas des plus mauvais. L’âme de fond n°10, mars 1988.
VENOM – Calm Before the Storm (NEW Musidisc '87) : Si je n’ai jamais été un fan inconditionnel de Venom, je dois avouer que, cette fois-ci, c’est du tout bon, avec un album alliant puissance, technicité et subtilité, C’est parti pour quarante minutes infernales, avec la voix imposante de Cronos, au mieux de sa forme. Vous headbanguerez à coup sûr à l’écoute de morceaux aussi dingues que Black Xmas, Fire ou Metal Punk en chantant les louanges de Venom, au risque d’effrayer les fans d'Europe. 5/6. Underground Power, février / mars 1988.
VENOM – Calm Before the Storm (NEW Musidisc '87) : Il est évident que Venom s’est assagi, au profit d’une musique trop calme et trop banale, à tendance Tokyo Blade et Accept. La puissance de la production de Calm before the Storm est par ailleurs inversement proportionnelle au niveau musical des interprètes. Nul. Stromtroopers of Thrashing Madness n°03.

BLESSED DEATH - Destined for Extinction (Roadrunner ’87) : Si je trouvais le premier album de Blessed Death plutôt chiant, aux morceaux trop lents et sans imagination, J’ai été vraiment surpris par Destined for Extinction et par sa vitesse hallucinante. Ce n’est pas speed à la manière de Repulsion mais speed dans tous les sens du terme, aussi bien sur la face A que la face B. Les morceaux ne sont pas trop longs et la production d’Alex Perialas & Rob Hunter (le batteur de Raven) est sacrément lourde. Le chanteur me rend fou lorsqu’il hurle Pray for Death ! Je recommande vivement ce disque à tous ceux qui aime le thrash exécuté par des musiciens compétents. Note : 7/10. Ramses, Decibel of Death n°09, second semestre 1987.
BLESSED DEATH - Destined for Exctinction (Roadrunner '87) : Blessed Death poursuit sa bruyante insertion dans le sombre univers underground, sans réellement évoluer, tout en affirmant toujours au passage être influencé par Black Sabbath et Pink Floyd (!?). Produit par Alex Perialas (Nuclear Assault, Overkill, Testament), Destined for Extinction ne manquera pas de vous flanquer le cafard, à l’image du morceau Pray for Death, traitant de l’imminence d’un conflit atomique, ou de Days of Bloodshed, basé sur les séquelles de la guerre du Vietnam. Mis à part ses textes politiquement engagés, Blessed Death thrashe comme au temps de Kill or Be Killed. Metal Warriors n°02, Wallonie, 1987.
BLESSED DEATH – Destined for Extinction (Roadrunner ’87, distr. New Rose) : Si le look pépère des membres de Blessed Death posant au dos du LP laisserait davantage penser à une bande de rockers bercés par Led Zep’, le groupe donne à l’inverse dans un thrash sans compromis. Visiblement influencé par le gratin de la Californie, Slayer en tête, Blessed Death alimente ses compositions avec des riffs saccadés et des changements de rythmes à la précision chirurgicale. On ne trouve rien à redire, hormis la façon criarde de chanter certains refrains. Destined for Extinction, c’est du gros thrash de haute volée, destiné à exploser les derniers « moshers » qui auraient survécu aux assauts de Sacred Reich. Phil Pestilence, Hardrock Magazine n°41, janvier 1988.
BLESSED DEATH - Destined for Exctinction (Roadrunner '87) : Pour continuer dans notre descente aux enfers, Blessed Death peut remercier le Ciel (ou qui il voudra) de ne pas s'être échoué sur les rives de notre section "truands". Cette pensée malsaine a en effet effleuré mon esprit plus d'une fois, et c'est par pure bonté d'âme et charité chrétienne que j'y ai renoncé. Musicalement, Blessed Death est banal au possible, mais supportable ; par contre, le chanteur, lui, est rigoureusement insupportable ! King Diamond, en pire, vous voyez le genre ! A chaque fois qu'il ouvre la bouche, il nous donne l'impression qu'il va se tranformer en loup-garou ; ses hurlements vous glacent le sang. Destined for Exctinction, un album au titre prémonitoire, espérons-le. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°15, février 1988.

INFERNAL MAJESTY– None Shall Defy (Roadrunner ’87) : Le premier album d’Infernal Majesty reprend les morceaux de la demo, auxquels s’ajoute quatre nouvelles compositions, à savoir les interludes instrumentaux RIP et Path of the Psycho, ainsi que le None Shall Defy et Anthology of Death, dans un esprit totalement slayerien. Le look du quintette se rapproche d’ailleurs de Slayer à ses débuts. A défaut d’être vraiment original, Infernal Majesty sait parfaitement appliquer les bonnes recettes thrash et les tourner à sa façon. Trash Maniac n°05, sept/novembre ’87.
INFERNAL MAJESTY – None Shall Defy (Roadrunner ’87) : Dernier groupe canadien de thrash en date. Leur historique est assez simple à décrire car le groupe a signé directement avec Roadrunner après une seule demo. Qui dit mieux ? Sa musique peut être décrite comme du speed/thrash metal aux paroles gores et sataniques. C’est très bien foutu mais je recommande tout de même de ne pas trop abuser de ce disque, qui devient ennuyeux passé 10 ou 15 écoutes. Ne jugez pas Infernal Majesty sur son apparence plutôt glam/rock car il joue du pur thrash. A recommander aux thrashers ! Note : 7/10. Ramses, Decibel of Death n°09, second semestre 1987.
INFERNAL MAJESTY – None Shall Defy (Roadrunner ’87) : si le thrash d’Infernal Majesty possède beaucoup d’attrait, il ressemble toutefois un peu trop à du Slayer en petite forme, à l’image du morceau RIP. Par ailleurs, lorsque Chris Bailey singe le timbre haut perché de Tom Araya et Nasty Ronnie, sa voix ressemble davantage à Thierry le Luron dans ces moments-là. Cela dit, quant des compositions aussi riches se cachent dernière une pochette aussi sublime, je clame : « entrez dans la cour, sa majesté infernale vous attend ! ». Metal Warriors n°02, Wallonie, 1987.
INFERNAL MAJESTY – None Shall Defy (Roadrunner ’87) : Les apparences sont parfois trompeuses. Infernal Majesty empeste le thrash nauséeux et de mauvais goût à tous les niveaux : look, attitude, pochette, nom… Pourtant, et c’est le cas de le dire, quelle puissance infernale ! A la différence du Sacrilege anglais, dont les passages lents sont la source d’un indiscutable ennui, ceux d’Infernal Majesty ne font jamais chuter l’intensité développée par les très meurtrières pointes de vitesse (boîte automatique en option). Nantis d’un bagage technique certain et de dons tout aussi évidents en matière de composition, il peut paraître incongru de le classer irrémédiablement dans le thrash, tant il est vrai qu’Infernal Majesty sort notablement des sentiers battus. Les vocaux scandés et déclamés, au lieu d’être hurlés, sont autant d’incantations (maléfiques) rendant on ne peut plus crédible la noirceur funeste d’un groupe transfiguré par l’éclat de sa musique. Et pour couronner le tout, même la production s’avère excellente, ajoutant clarté et précision aux nombreuses qualités d’Infernal Majesty. Le seul petit reproche que l’on pourrait lui faire concerne l’usage immodéré du fading, bien trop stéréotypé et indigne d’un groupe de techno-thrash inventif et original, dont les morceaux sont censés s’achever par une fin tonitruante à la crac-boum-hue, en accord avec leur structure très complexe. La profusion des breaks est une chose ; encore faut-il savoir conclure en beauté pour parachever son œuvre. Cela dit, si l’on considère que les fins occupent 5% du vinyle, il en reste quand même 95% de nature à satisfaire les plus exigeants. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°15, février 1988.
INFERNAL MAJESTY - None Shall Defy (Roadrunner ‘87) : Rarement un album ne m’avait laissé une telle impression. None Shall Defy est un pur chef d’œuvre exécuté par des musiciens époustouflants par leur brio et leur technicité, un chanteur qui assure, sans compter ces belles saveurs de Slayer et Nasty Savage. Une des meilleures sorties actuelles ! Deflagration n°02, juillet-août ’88.
INFERNAL MAJESTY– None Shall Defy (Roadrunner ’87) : Si le patronyme du combo, le look des interprètes et la pochette de l’album pourraient en dissuader plus d’un, la ressemblance flagrante de la musique avec Slayer ne joue pas non plus en faveur d’Infernal Majesty, bien qu’on puisse tout de même déceler quelques différences. Ces dernières tiennent principalement dans la production plus lourde et plus agressive de None Shall Defy, et dans le chanteur, point faible du groupe avec sa voix trop hachée et trop artificielle, surtout lorsqu’il se force à éructer. Ce ne sont toutefois pas les idées qui manquent et, à ce titre, Infernal Majesty possède les cartes en main pour frapper très fort dès son prochain LP. L’ame de fond n°13 – nov/dec ‘88 jan ’89.