
SACRED REICH – Ignorance (Metal Blade / RR ’87) : Je tiens à préciser que Sacred Reich est le seul groupe de pur thrash à avoir signé avec le label Metal Blade ces dernières années, donc c’est vous dire le talent ! Si en plus je vous dis que le batteur Greg Hall a été auditionné par Slayer en remplacement de Dave Lombardo, vous allez vous jeter sur ce disque et vous ne regretterez pas car c’est un joyau de thrash. Tous les titres sont excellents et techniques, et aucun n’est à jeter. Un disque dur chroniquer tant il ne souffre d’aucun défaut. Note : 9/10. Ramses, Decibel of Death n°09, second semestre 1987.
SACRED REICH – Ignorance (Roadrunner ’87) : Ce qui plait d’emblée, c’est la façon dont Sacred Reich enchaine passages moins rapides et accélérations, permettant de mettre parfaitement en valeur le chant de Phil Rind. Comme la plupart des formations thrash, la batterie est mixée en avant, afin d’accentuer le côté agressif. C’est toutefois dommage que cette dernière couvre presque le son des guitares, surtout lors de l’écoute du superbe Layed to Rest. Be thrashed ! Metal Warrior n°02, Wallonie, 1987.
SACRED REICH – Ignorance (Roadrunner 87) : On m’avait parlé d’un Hardcore corrosif et je m’attendais un peu à tout, mais pas vraiment à ça. Sacred Reich est en effet bien un groupe de Hardcore, mais sa musique est trop peaufinée pour entrer dans cette catégorie. Le groupe se rapproche davantage des speed-bands techniques, tant l’ensemble des interprètes maitrise ses instruments. Il reste toutefois une étape à franchir pour que Sacred Reich entre dans la cour des grands, avec une personnalité voire une sauvagerie supplémentaire. Celtik, Troubadour n°05.
SACRED REICH – Ignorance (Roadrunner ’87, distr. New Rose) : Si vous êtes atteints de Slayopathie aiguë, sachez qu’il n’existe aucun traitement radical pour ce genre de traumatisme, sauf à essayer le 'Sacred Reich Tonic 5000' en guise de soin palliatif. Si les symptômes persistent, il ne reste qu’une solution : reprenez du Reign in Blood. Phil Pestilence, Hardrock Magazine n°41, Janvier 1988.
SACRED REICH – Ignorance (Metal Blade / RR ’87) : Qu’en est-il exactement de la situation du thrash ? Alors que la passion des extrêmes joue un rôle prépondérant, attirant les uns vers un hard core trop jusqu’au-boutiste pour être audible, et les autres vers un thrash tellement sophistiqué qu’il vaut à ses auteurs le désintérêt d’une partie de l’auditoire. Certains groupes, dont Sacred Reich, tentent encore de parvenir à un compromis assez attractif. Les influences HC chez Sacred Reich sont plus qu’évidentes, même si ses guitares ont un timbre moins grave que celles des formations 100% hard core ; ce genre de rythmiques ultra-rapides ne trompe pas. D’autre part, les propensions mélodiques de Sacred Reich sont très limitées, mais réelles ; tout au plus peut-on relever certaines ressemblances de construction (surtout sur l’instrumental Layed to Rest) avec Flotsam & Jetsam, ce qui n’est pas déplaisant ! De plus, avec ce que vous savez des prestations intérimaires du bassiste et du batteur au sein de divers groupes, et non des moindres, il n’est guère étonnant que ceux-ci maitrisent superbement leurs instruments respectifs, tout comme les guitaristes, d’une dextérité redoutable. Reste la voix (du bassiste), acceptable, mais interchangeable à volonté. Tout cela est très bien fait, tape fort et juste, mais il manque le petit grain de sel dans la mécanique, qui transforme ces singuliers objets discoïdes, noirs & plats, en lames de scie circulaire. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°15, février 1988.
SACRED REICH - Ignorance (Metal Blade ‘87) : Après une première demo parue en 1986, Sacred Reich concrétise l’essai avec son premier album paru à l’automne 87 chez Metal Blade. Tout au long d’Ignorance, le quatuor d’Arizona assène un metal riche en rapidité, agressivité et mélodie, à l’image de morceaux comme No Beliver, Violent Solution ou Rest in Peace. Sacred Reich a vraiment toutes les qualités d’un bon thrash band et je ne serai certainement pas le seul à être séduit par son album. The Heretic, Deflagration n°02, juillet / août 1988.
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SACRIFICE – Forward to Termination (Diabolic Force ’87) : purée, cet album est genial ! Forward to Termination se hisse parmi les meilleurs albums thrash et cette année. Sacrifice a énormément progressé depuis son premier LP Torment in Fire (1985), qui était déjà un bon album, farci de changements de tempos et de riffs meurtiers. Cela dit, Forward to Termination est cent fois supérieur. Ses morceaux sont plus lents (exception faite de Pyrokinesis) mais ils sont plus lourds, plus complexes, et sont dotés de meilleurs arrangements et d’une meilleure production. Re-animation, Flames of Armageddon ou The Entity sont des morceaux carrément meurtriers. Le chant de Rob Urbinati est meilleur, plus mélodique, tandis que les deux guitares de Rob & Joe envoient de sacrées rythmiques & leads, et que les parties du batteur Gus Pynn sont démentielles. Ce gars est certainement le meilleur batteur de thrash aux côtés de Dave Lombarbo, Gene Hoglan et Wayne Hartsell. Sacrifice est certainement le meilleur groupe de thrash canadien et j’espère que son troisème LP sera encore plus complexe. 10/10 Ramses, Decibel of Death n°08, second semestre ’87.
SACRIFICE– Forward to Termination (Roadrunner '87) : Deux ans après Torment in Fire, Sacrifice revient encore plus fort, avec un album bien moins trash et très inspiré. Si le groupe rappelle ses premières heures avec deux premiers morceaux dans la pure tradition du trash de Dark Angel et Possessed, le reste de Forward to Termination se cantonne à d’excellents titres de speed (Reanimation, Afterlife, Armageddon ou Cyanide), se plaçant désormais dans la lignée d’Overkill et Testament. Jouant à la fois sur les changements de rythmes, la rapidité des guitares, l’impact des riffs et le martèlement de la double grosse-caisse, Forward to Termination est sans conteste l’un des meilleurs albums de speed de l’année. L’âme de fond n°10, mars 1988.
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JUGGERNAUT– Trouble Within (Roadrunner '87) : si Baptism under Fire, premier album du combo Texan, n’était pas très fameux, de bonnes idées pointaient ici et là. C’est hélas toujours le même constat sur Trouble Within, renfermant deux à trois très bons morceaux tandis que le reste est à jeter. Dommage, car Juggernaut est capable de faire des choses très intéressantes comme Vengeance et Without Warning, tout en étant doté d’un très bon chanteur. Pour le reste, c’est du déjà entendu pas vraiment indispensable. 3/6. Underground Power n°04, février ’88.

EXUMER – Rising from the Sea (Disaster ’87) : le speed/thrash teuton se porte bien, avec des groupes comme Helloween, Kreator ou Destruction, principaux instigateurs de ce mouvement. Exumer vient grossir les rangs avec son thrash de haut niveau. Si vous êtes branchés par Slayer, Metallica et compagnie, que vous aimez le speed à consonance américaine, Rising from the Sea vous concerne, nanti d’une superbe pochette habituelle de Martin Appoldt. Metal Warrior n°02, Wallonie, 1987.
EXUMER – Rising from the Sea (Disaster, SPV Gmbh ’87) : Il faut malheureusement déplorer que Rising from the Sea, deuxième LP d’Exumer, a perdu l’intensité de l’exceptionnel Possessed by Fire (cf HFM n°7). Exumer tourne en rond, c’est clair ! Incapable de se renouveler, ce groupe allemand pourtant doté de sérieuses capacités s’enferme dans un Thrash-Metal répétitif et lassant, sans aucune comparaison avec la recherche musicale qui servait de fil conducteur au premier album. Alors, oublions cet écart et attendons le suivant pour juger. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°15, février 1988.
EXUMER – Rising from the Sea (Disaster ’87, distr. New Rose) : Après un Possessed by Fire linéaire, hésitant et répétitif qui, de mémoire de thrasher, n’avait pas laissé un souvenir impérissable, nous attendions Exumer au tournant pour mieux l’inhumer. Eh bien non, le second opus du quatuor allemand se révèle plutôt brillant. Exumer y délivre un thrash saccadé, précis et plutôt bien forgé, conjuguant avec brio le réalisme des productions teutonnes et l’inspiration désarmante dont font généralement preuve les maîtres américains. Des rythmiques virulentes et une foule de détails attrayants comme des jolis phrasés de guitare ou des breaks basse/batterie à tout casser, Rising from the Sea déborde de bonnes choses. L’enthousiasme ne dure pourtant pas bien longtemps car, derrière ces leurres de satisfaction spontanés, la réalité des faits se dessine peu à peu. Qu’il s’agisse de Winds of Death, Shadows of the Past ou d’Ascension Day, on en arrive à la même conclusion : c’est du Slayer 100% pur jus, jusque dans les intonations très arrayesques du chant de Paul Arakari. Sur le fond, c’est n'est pas si tragique puisque vous voilà dans la possibilité de dénicher quelques reprises avant la sortie du prochain album de Slayer ! Phil Pestilence, Hard Rock Magazine n°43, mars 1988.
EXUMER – Rising from the Sea (Disaster '87) : Slayer est indéniablement une source d’inspiration pour bon nombre de formations thrash. Après Infernal Majesty fortement marqué par Hell Awaits, c’est au tour d’Exumer qui nous montre combien Reign in Blood l’a influencé lors de l’écriture de son second album, particulièrement sur la première face, que ce soit la voix, les rythmiques ou les solos, alors que son premier disque était plus diversifié. La seconde face retrouve quant à elle plus de variété, avec toujours du Slayer mais aussi du hard core (Are you Deaf), du Razor (I Dare you) et en prime un super morceau Ascension Day, original pour ne rien gâcher. Si Exumer a un peu manqué d’inspiration sur Rising from the Sea, sa maîtrise reste impeccable, le tout étant doté d’un excellent son. Le manque de surprise s’efface devant une bonne dose de speed, de défonce et de sueur, sans doute les principaux atouts cherchés par Exumer. Steph, Troubadour n°05.
EXUMER – Rising from the Sea (Disaster ’87, distr. New Rose) : si vous aimez Slayer, le satanisme et le thrash metal, Rising from the Sea est fait pour vous. Stef, The Jack n°03, avril 1988.
Ah ce Rising from the Sea ! Perso, je l'adore ! Le son, la pochette, les photos, les paroles, la musique (chaque titre à sa personnalité) un vrai très bon album.
Autant le premier album sent bcp Exodus et son BBB, autant celui ci est bien imprégné de Slayer. Les chroniques sont justes globalement, ce qui est rare finalement avec le recul.

ADX – Suprématie (Sydney Productions ’87) : Nous avons, à maintes reprises, fait l'éloge de cet excellent groupe (français, en voilà un vilain mot), dont la crédibilité est indéniable et ne peut prêter à contestation sur notre territoire. Mais, maintenant, pour s’affranchir des limites afférentes au hard français (bouh !), il faudrait peut-être que ces messieurs daignent enfin opter pour le chant en anglais. Ce n’est pas pour que ce soit la panacée universelle, ni un but en soi ; après tout, ils nous emmerdent, ces anglais avec leur foutue langue ! Mais, d’un autre côté, cela me fend le cœur de savoir que cet excentrique anachronisme empêche ADX d’accéder au statut international. Avec trois albums de cette classe, avouez que ce ne serait que justice ! Je rêve certainement un peu, mais pourquoi les super-groupes sont-ils tous étrangers ? La triste fatalité qui s’acharne sur nos ressortissants n’a pourtant pas lieu d’être avec ADX, qui détient dans son jeu les quatre cartes maîtresses : mélodie, puissance, technique et originalité. Je vous concéderais volontiers qu’il existe une infinité d’autres groupes excellant dans l’un ou l’autre de ces domaines, mais force est de constater que la mise en exergue de l’un d’entre eux s’opère trop souvent au détriment des autres, et que bien peu synthétisent ces quatre qualités, éléments fondamentaux constitutifs du talent. De plus, non content de nous subjuguer, ADX sait aussi nous étonner ; car ses membres, qui ont gardé de leur plus tendre enfance une secrète passion pour les jeux de construction, n’ont jamais hésité à intégrer à leurs morceaux les breaks les plus ahurissants, le comble de l’audace ayant cette fois été atteint, au milieu de l’instrumental Les secrets de l’Olympe. Choquant ? Peut-être. En tout cas, c’est réussi ! Au chapitre des évolutions, il faut noter une nette progression des lignes de chant, beaucoup plus mélodiques. Comme, d’autre part, la production atteint un niveau très correct, vous en déduirez par vous-même que cet album est l’un des plus marquants du moment. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°15, février 1988.

FLOTSAM AND JETSAM – Flotzilla (Metal Blade, Roadrunner ’87) : Comme on ne peut quand même pas consacrer un cinquième de page à certains albums qui, finalement, ne méritent que quelques entrefilets, il a été décidé, en notre âme et conscience, de regrouper, dans cette nouvelle rubrique, au nom si poétique des Forces Sceptiques, tous les disques de qualité intermédiaire, ne pouvant prétendre atteindre la catégorie des brutes, mais pas suffisamment déplaisants pour tomber sous le coup des truands. Et, tout d’abord, puisqu’il faut bien commencer par quelqu’un, parlons de Flotzilla, le nouveau maxi de Flotsam & Jetsam. J’ai beaucoup hésité avant de me résoudre à le traiter dans la présente rubrique. Ce n’est un secret pour aucun de nos fidèles lecteurs qu’il me faut aussi peu de temps pour me répandre en louanges sur Flotsam que pour descendre Wehrmacht. En conséquence, devrais-je vraiment chroniquer ce maxi comme un album normal, ou devrais-je plutôt le critiquer brièvement comme il le mérite ? Le dilemme fut cornélien et le choix fut douloureux. Car, malgré toute l’estime que je porte à « mon » Flotsam & Jetsam, je dois reconnaître que ce maxi n’offre que très peu d’intérêt. Sur les deux titres (seulement !) qu’il contient, l’un est un instrumental (Flotzilla) qui n’était jusqu’alors disponible que sur la version K7 de Doomsday for the Deceiver et sur lequel il n’y a rien à dire puisque vous le connaissez aussi bien que moi, et l’autre (I Live You Die) est un exemple symptomatique de l’auto-plagiat avorté. Gasp ! La chose m’est restée en travers de la gorge. Depuis que ce morceau est passé sur ma platine, je fais des cauchemars, chaque nuit, en pensant au prochain LP de Flotsam. Jason, au secours ! Reviens ! Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°15, février 1988.
FLOTSAM AND JETSAM – FLOTZILLA EP (Roadrunner ’87, distr. New Rose) : Après la superbe impression que Doomsday for the Deceiver avait laissé, le morceau Flotzilla atteste d’un indéniable épuisement créatif, le riff aigu le supportant entièrement ne parvenant pas à convaincre. Trop pauvres et trop linéaires, ces six minutes de metal saccadé révèlent un pouvoir soporifique indiscutable. Bien exécuté mais relativement décousu, I Live You Die fait preuve du même essoufflement, son meilleur plan de guitare, une montée speedée aux résonances spatiales et à l’esprit fougueux, manquant de développement. Hormis le chant engagé et si particulier d’Eric AK, Le titre se complaît ainsi dans une banalité et une austérité désarmantes. Phil Pestilence, Hard Magazine n°41, Janvier 1988.