Thrash Metal >> CHRONIQUES POWER/SPEED/THRASH/HC/DM/BM 83-93
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Mardi 13 Janvier 2026 - 07:16:43

KAZJUROL – The Earlslaughter (demo ’87) : Les gars de Kazjurol nous viennent de Suède. Ils sont cinq, mais rassurez-vous, leur musique n’est pas celle d’un énième clone d’Europe. Elle s’apparenterait plutôt à celle de DRI, Suicidal Tendencies ou encore Slayer. Avant d’enregistrer cette démo, le groupe avait déjà sorti un mini-LP autoproduit dont un titre a pu figurer sur une compilation de hard-core allemande. Voilà une fois de plus une formation jeune (âge moyen 19 ans) qui se révèle comme un petit prodige. Très influencé par le thrash américain, avec un soupçon de punk, Kazjurol sait être à la fois rapide et mélodique grâce à ses soli de guitare parfaitement exécutés. Ainsi, The Earlslaughter Has Just Begun ravage tout sur son passage guidé par un riff destructeur. Avec Winds of Death, c’est le souffle liquéfiant d’un lance-flamme qui vient vous caresser : breaks, rythme syncopés, ambiances speed/core et heavy s’entremêlant. La scène nordique est en pleine ébullition et Kazjurol, malgré son style opposé à Europe et TNT, trouvera certainement un producteur qui saura tirer parti de ses atouts pour la réalisation d’un produit à la pointure internationale. Stéphane Girard et Henry Dumatray, Hard Force n°10, septembre 1987.

> Une fois n'est pas coutume avec la présence de la chronique d'une demo-tape dans ces pages, qui montre que ça bougeait déjà fort en scandinavie. Une critique HF remontée par Horsefucker, comme quasiment tous les textes HF et HR Mag présents ici ! ++ FABIEN.



Mercredi 14 Janvier 2026 - 07:01:40

 

GENÖCIDE – Submit To Genöcide (New Renaissance ’87) : Notre pays étant, jusqu’à plus ample information, placé sous régime démocratique, nous avons décidé d’inaugurer un nouveau type de chronique, basées sur les réactions d’un échantillon représentatif de la population française. Voici donc leurs opinions respectives au sujet de Submit to Genöcide :
« Ça fait autant de bruit que ma moissonneuse-batteuse » (un agriculteur breton)
« Si les disques de ce genre peuvent fournir un exutoire à la violence de certains jeunes, je n’ai rien contre » (un commissaire de police de la B.R.G.B.)
« Si tous les groupes étaient aussi mauvais, les P.T.T. feraient faillite » (un préposé à la distribution du courrier)
« Jamais je n’autoriserai mes enfants à écouter cette musique de sauvages » (une mère de famille respectable et indignée)
« Ça ne vaut pas la "Marche de la 2° DB". Gard’vô ! Rep’os ! Vous pouvez fumer ! » (Un chef de section en compagnie de combat)
« Encore un coup des protestants » (un curé de campagne)
« Satan est parmi nous « (un pasteur)
« Le coran l’interdit, même le dimanche » (un muezzin naturalisé)
« C’est sûrement le K.G.B. » (un pope, de passage en France) (ce qui prouve qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre)
« Oui, c’est bien le K.G.B. qui exalte la subversion en subventionnant ce type de groupuscule » (un expert passé à l’Ouest)
« Eu égard à la conjoncture présente, c’était un truisme de présumer que la gestation de formations musicales de cet acabit soit de nature purement conjecturale » (un intellectuel – de gauche, évidemment –) ;
« Blup » (un poisson rouge)
« Ça fait tourner mon lait » (une vache normande)
« Ça ne m’étonne pas de l’extrême-gauche » (un militant du G.U.D.)
« Ça ne m’étonne pas de l’extrême-droite » (un sympathisant d’Action Directe)
« Ca va trop vite, on ne comprend rien » (un fan de disco)
« Dire que l’on protège des groupes comme eux ! » (un employé de la S.A.C.E.M.)
« Non, non, ils ne sont pas chez nous » (leur maison de disques)
« Enregistré en 2 heures, mixage compris. Pas mal, hein ? » (James Sorensen)
« Qu’est-ce qu’il restait comme bouteilles vides, le lendemain » (la femme de ménage)
« C’est mieux que SODOM » (un supporter abusé)
« Ils auraient dû fermer la cuvette des chiottes, il y a trop de réverbération » (un supporter désabusé)
« Il semblerait qu’un consensus quasi-généralisé se dégage de notre enquête : GENOCIDE est rigoureusement nul et ne mérite même pas les quelques lignes qui lui ont été accordées » (l’auteur).
Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°11, octobre 1987.



Jeudi 15 Janvier 2026 - 07:10:06

 

KUBLAI KHAN – Annihilation (New Renaissance / Shark ’87) : Le nom de Greg Handveidt (guitare) vous être peut-être encore inconnu, pourtant il fût l’un des fondateurs de Megadeth, ce qui n’a pas manqué, vous vous en doutez bien, d’éveiller nos soupçons. Notre enquêteur de la Répression des Fraudes dépêché sur place, nous rapporte que cet album est, en bien des points, comparable au premier Megadeth, notamment au niveau du son (sourd et touffu) et du gargouillis vocal (typique), ce dont il n’y a pourtant pas lieu de se vanter. Cependant, l’imagination fertile et débordante, dont fait preuve le dénommé Mustaine dans son jeu, ne transparaît pas chez son coreligionnaire et ancien complice, mettant un terme à mes espoirs les plus fous en ce domaine. Car, force est de constater, que l’inspiration de Kublai Khan reste sans commune mesure avec celle de Megadeth, ce que je regrette amèrement. Cependant, dans l’absolu, Kublai Khan est néanmoins un groupe susceptible de pondre de bons morceaux de speed, à un degré d’intensité et d’excitation déjà hors de portée des spécialistes de speedus vulgaris. À ce sujet, la première face est, très certainement, la plus classique et la plus terne. En revanche, les titres de la deuxième sont plus travaillés et en particulier Clash of the Swords et Battle Hymn, qui clôturent ce disque en apothéose. Comme quoi, quand on veut, on peut. Dommage qu’un manque de volonté manifeste en ce sens, soit venu gâcher la première face ! Hervé S.K. GUEGANO, Hard Force n°11, octobre 1987.



Vendredi 16 Janvier 2026 - 07:26:31

 

THE DEHUMANIZERS – End of Time (Subcore ’87) : Ce disque est très particulier, avec ses morceaux tous enchainés d’une part (quel délire pour les oreilles !) et très différents d’autre part. Ça commence par un titre de blues, Infra Back Porch Blues, cool & sympa. Puis vient la grosse artillerie avec Fuck Off et Chemical Death, deux pistes hard core très speeds. Les fans de SOD se régaleront quant à eux avec Stay Away et Cigarette Death, où The Dehumanizers montre tout son humour. La seconde face ne dément par ailleurs pas les qualités de la première, voire meilleure avec I’m a Drug Fiend, Grand-Ma au refrain rappelant Ramones, ou encore les très speeds Shu Du Wa et Can’t Sleep. Korrigan, Troubadour n°04. 

 

THE DEHUMANIZERS – End of Time (Neg Fx ’87) : Manifestement à l’aise dans un rap (Dehumarap) ou un blues (Infra Back Porch Blues) que dans le hard-core, The Dehumanizers est véritablement un animal d’un genre très spécial. Bons musiciens, les gars ne manquent pas d’humour, ainsi qu’en attestent les paroles gracieusement offertes par l’éditeur ; ce qui m’a automatiquement amené à les rapprocher de SOD ; certains titres sont en effet architecturés ostensiblement de la même manière (Cigarette Death), ce qui explique probablement le nombre incroyable de morceaux figurant sur cet album. C’est drôle, ça déménage et ça décape ! Tout pour plaire ; c’est dingue comme très peu de chose peuvent distinguer le bon hard-core du mauvais ; s’il est très facile de faire du bruit, il est, à contrario, très délicat de le faire intelligemment. The Dehumanizers a eu la finesse d’introduire des éléments nouveaux apportant une touche de diversité dans un genre souffrant d’évidentes carences en la matière. Cela m’étonnerait fort qu’il fasse école, mais l’intention était louable et il convenait de la signaler. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°12, novembre 1987.



Samedi 17 Janvier 2026 - 07:50:13

 

CARNIVORE – Retaliation (Roadrunner ’87) : Wehrmacht n’a plus l’exclusivité des abominations. Jack Daniel’s and Pizza, qui ouvre en beauté cet album par l’enregistrement des manifestations de rejet généralement observées sur un organisme humain saturé d’alcool, éventuellement accompagné d’autres saloperies diverses, peut rivaliser avec la fin de United Shoebrothers, immortalisée par Wehrmacht. Cela dit, c’est bien là le seul point commun entre les deux. Présentée comme une synthèse de musique classique, de punk, de hard-core et de heavy-metal des 70’s, la musique jouée par Carnivore pose effectivement des problèmes de classification, en dépit de son indéniable brutalité. Cependant, le hard-core prédomine largement et c’est d’ailleurs dans cette branche que le power trio excelle, comme l’attestent très brillamment les titres Suck my Dick et Sex and Violence, entre autres. Malheureusement, Marc Provanetti, le nouveau guitariste, est nettement moins bon que Keith Alexander, son regretté prédécesseur. Il en résulte automatiquement une chute significative de la qualité, expliquant l’absence sur ce disque de morceaux équivalents aux torrides Male Supremacy, Armageddon ou Legion of Doom du premier album. Seul Jesus Hitler peut relever le défi, grâce à ses rythmiques syncopées déconcertantes mais ô combien efficaces. D’autre part, l’influence de Black Sabbath est devenue maintenant franchement pesante et avilit certaines compositions, qui auraient gagné à être épurées de quelques passages plutôt lourdauds. Impossible pour moi de passer sous silence la reprise relativement contestable, bien que survitaminée, Manic Depression de… Jimi Hendrix ! Je n’en dirais donc pas plus sur ce sujet. Moins drôle et beaucoup plus pessimiste que MOD, Carnivore demeure toutefois l’un des plus intelligents et estimables représentants du hard-core. Ce n’est pas si fréquent, alors faites-en bon usage ! Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°13, décembre 1987.


CARNIVORE – Retaliation (Roadrunner ’87)
: Carnivore devrait être un des groupes les plus haïs de l’univers, mais je l’adore. OK, les paroles de Peter Steele vont en choquer plus d’un, et je dois admettre que personne n’est allé aussi loin que lui. Mais ne prenez pas ces dernières au sérieux (comme le ridicule USA for USA) et concentrez-vous sur la musique. C'est un mélange du vieux style de Carnivore avec une bonne dose d'Agnostic Front. Je reste ébahi de la voix de Peter, qui doit avoir la plus grande paire de poumons au monde. Decayin’ Maggot n°3, début 1988.



Dimanche 18 Janvier 2026 - 07:53:24

 

PARADOX – Product of Imagination (Roadrunner ’87) : En Allemagne, Padadox est le meilleur plagieur de Metallica, qu'il m'ait été donné d'entendre (écoutez le morceau Paradox pour vous en convaincre). Notez que le groupe ne s'en cache pas et qu'il remercie son maitre pour l'inspiration. Cette initiative est tout à son honneur, mais copier à ce point en devient ridicule. Cela dit, Paradox donne l'impression de pouvoir accrocher. Attendons le prochain album en espérant qu'il bénéficiera d'une orientation musicale plus personnelle. A à l'heure actuelle, trouver un son bien à soi reste la chose primordiale, n'est-ce pas ? Metal Warriors n°02, Wallonie, automne 1987.

PARADOX – Product of Imagination (Roadrunner ’87)
: Trop longtemps sermonés au cours de leurs jeunesse par des parents terribles qui leur répétaient invariablement « C’est en forgeant que l’on devient forgeron », ces quatre garnements teutons viennent de révéler à la face du monde une grotesque interprétation de cette devise. Musiciens motivés mais arrivistes, les pauvres hères en ont conclu que c’était en écoutant Metallica qu’on devenait Metallica. Product of Imagination, tordante boutade lorsque l’on se soumet au décompte réel des rares idées émises par Paradox, n’en demeure pas moins un album bizarrement bipartite. En effet, l’ouverture d’esprit de ces types-là ne se limite pas à la piètre tentation d’un remake foireux de Master of Puppets, mais s’attache à mettre en évidence la méthode allemande. Ainsi, à l’occasion de compositions aussi intelligentes que Death, Screaming and Pain, Paradox propose un panaché flatteur à base d’efficacité instrumentale et de substance hetfieldienne. Et lorsqu’il rechigne à trop prononcer sa ferveur, lorsqu’il est livré à lui-même, le quatuor délivre un banal speed mélodique, plus insipide que la moyenne. Au vu du résultat intrinsèque, Product of Imagination reste un album correct, basé sur les instincts primaires d’un métal élaboré, mais si on en consulte l’origine, ce n’est qu’une nouvelle grande escroquerie du rock’n’roll ! Hard Rock Magazine n°40, décembre 1987.

PARADOX – Product of imagination (Roadrunner ’87) : Paradox, énième groupe allemand, n’a qu’un seul vice : celui de paraître inachevé : ce Product of Imagination porte bien son nom et n’est qu’un embryon d’album. Ne nions pas que l’on y trouve de quantité d’idées potentiellement exploitables, mais celles-ci ont été empilées avec une telle hâte que le château de cartes ainsi constitué ne peut que s’écrouler lamentablement au moindre courant d’air. Cependant, l’approche plus commerciale du speed-metal qu’a tenté Paradox nécessite le maintien en observation du malade, susceptible de guérir spontanément d’un moment à l’autre. Hervé "S.K." GUEGANO, Hard Force n°15, février 1988.



Lundi 19 Janvier 2026 - 07:18:03

 

NECRONOMICON – Apocalyptic Nightmare (Gama -Scratchcore- ’87) : Ce groupe ne m’a jamais laissé un souvenir impérissable. Certes, il possède de bonnes compositions, un bon son, mais ces intros qui n’en finissent pas de démarrer et ces changements de rythmes incessants sont très horripilants. Mis à part cette remarque, Necronomicon nous donne un thrash de bonne qualité. Encore un petit effort, les gars. 2/5, Speedos, Sang & Sueur n°01 décembre ’87.


NECRONOMICON – Apocalyptic Nightmare (Gama ’87) : Necronomicon est la copie conforme de Destruction, que ce soit le chant à la Schmier, les riffs à la Infernal Overkill ou le son, contrairement aux leads car il faut se lever tôt pour jouer comme Mike Sifringer. Ce disque renferme néanmoins de bons morceaux comme Rhetorical Dictums ou The Ancient Ones, mais aussi quelques merdes comme In Memory. Un disque ni bon ni mauvais. Note : 5/10. Ramses, Decibel of Death n°09, second semestre 1987.  



Lundi 19 Janvier 2026 - 10:57:38
VictoryCommand dit : En parlant d'hard force, je vous garantie que si vous retrouvez la chronique de Severed Survival d'Autopsy, vous ne serez pas déçus, c'est une vraie pépite.

 

Je viens de la récupérer. En effet, ça promet, comme celle de Swallowed in Black de Sadus qui a fait l'objet d'un courrier furax au magazine.

 



Mardi 20 Janvier 2026 - 06:57:35

 

BROKEN BONES – Trader in Death (RFB Recordings ’87) : Broken Bones est l’osmose idéale entre le power-metal et le hard core. Moins de quatre mois après la sortie de FOAD, le groupe prolifique revient avec ce mini-LP de sept titres. A l’image de son dernier album, sans aucun temps mort, il lâche des morceaux plus féroces que jamais, aux paroles toujours aussi explicites, le tout mené de main de maître par un guitariste fou et toujours aussi talentueux. Broken Bones est assurément ce qui se fait de mieux actuellement en hard core metal. 5/5 LSD, Sang & Sueur n°01 décembre ’87.



Mercredi 21 Janvier 2026 - 07:12:29

 

NOISEHUNTER – Spell of Noise (Gama ’87) : Spell of Noise est constitué de cinq brûlots comme Hot for Livin’ ou On the Run dont vous me direz des nouvelles après écoute, de trois morceaux assez heavy, et d’une inévitable ballade qui fera mouiller les jeunes filles. En plus, Noisehunter sonne moins ‘metal allemand’ que nombre de ses confrères. 3/5 - Metal Fou, Sang & Sueur n°01, décembre ’87.