Zut, j’allais enchaîner avec Running Wild pour rester en Allemagne. Pas grave, on y retourne, c’est pas si loin. Parce qu’il est temps d’évoquer
un groupe qui a vraiment été extrême durant cette décennie. Même si vous l’auriez reconnu, il s’agit de…
KREATOR.
Mais avant ce nom terrible, il en était autrement. C’est sous le nom de Tormentor que Miland "Mille" Petrozza, Jürgen "Ventor" Reil et Rob Fioretti vont se réunir afin de s’adonner au speed, issu de leurs écoutes de Venom puis bientôt de Slayer.
Si en 1983, ils arrivent juste à sortir une petite cassette nommée
Blitzkrieg, c’est l’année suivante que l’underground commence à faire circuler leur nom. Arrivant à dégoter un studio, il mettent en boite en une journée
The End of the World. Et déjà, ils ont envie d’en découdre avec trois titres qui reviendront plus tard. Mais rapidement, le nom ne les satisfait plus au regard de plein d’autres groupes.
https://www.youtube.com/watch?v=fg3BnbxPal4
Après changement de nom, le trio infernal est prêt. Les deux années suivantes vont être décisives.
Le matériel évolue, le nom change et les concerts commencent à faire leur apparition. Ils ne feront que quatre dates en 1985, mais autre chose les occupe. En effet, en sortant une cassette rehearsal, ils attirent l’attention de Noise Records, alors en pleine expansion. En 8 jours, dix titres rempliront leur premier album :
Endless Pain.
Et avec des putains de titres bien speed et bruts comme "Storm of the Beast", "BoneBreaker" ou encore le futur classique "Flag of Hate", Kreator conquis la majeure partie des fanzines et parvient à attirer l’attention des magazines (chez nous, Metal Attack se permet de les plébisciter).
https://www.youtube.com/watch?v=Jp9lFWI9b-8
https://www.youtube.com/watch?v=pjTWJNhfnDo
Mais au bout du compte, il serait presque pardonnable de ne trouver comme seul mérite que d’ouvrir le bal. Surtout quand on regarde la suite.
Quatre évènements vont en effet bouleverser le train-train de Kreator en cette année 1986 : le groupe monte d’un cran dans l’exposition médiatique, largue une nouvelle bombe, s’exporter puis changer l’équipe.
Déjà, si depuis 1984-85, les groupes de Metal arrivent parfois à obtenir une télé, assez peu de thrashers y parviennent. Quoiqu’il en soit, c’est Kreator qui se taille la part du lion en pouvant se produire dans l’émission "Rudi’s and Neudi’s
Heavy Metal Battle" pour trois quart d'heure. C’est à cette occasion que le groupe assume pleinement son influence: "Ben Slayer, Slayer… Slayer". Cette prestation n’est disponible qu’en des versions de pas très bonne qualité, à part cet extrait. A noter qu’un autre groupe appelé Outrage participait aussi à l’émission.
https://www.youtube.com/watch?v=0bNZQzya2so
Ensuite, vient l’avènement du monstre, de l’arme, l’album qui fracassa tout
sur son passage, LA réponse sans pitié de la vieille Europe au légendaire Reign in Blood. En Septembre 1986,
Pleasure to Kill atterrit dans les bacs.
Le coup de massue laisse sur le cul presque tout le monde. Les plus réticents s’en agacent (
http://france.metal.museum.free.fr/revues/enfer_magazine/38/page_65.htm), mais qu’importe. Les titres lâchés sont autant de missiles qu’on se prend en pleine face. "Ripping Corpse", "Pleasure to Kill", "Riot of Violence", "The Pestilence", "Under the Guillotine". C’est avant tout des riffs et Ventor : vicieux, ce dernier impose une cadence monstrueuse et veut tout faire péter. Mille n’est pas en reste, s’imposant pour de bon au micro et à la
gratte. Sa voix, si éraillée, si haineuse sur le morceau titre, quel CHOC !! Cette fois, on ne peut plus les arrêter.
https://www.youtube.com/watch?v=7PyvU9iSq50
https://www.youtube.com/watch?v=0ZZVlFdk5UU
https://www.youtube.com/watch?v=31HS9aS-7ic
Ensuite, l’export est expliqué ainsi par Mile lui-même. "J'ai flippé lorsqu’on m’a annoncé qu’on allait partir en tournée avec Rage et Destruction, mais avecVoivod qui nous emmenait aux États-Unis, j’ai bien cru avoir une
attaque." Avec de pareilles affiches, difficile de ne pas avoir le palpitant qui déraille.
Enfin dernier événement crucial : le line-up qu’il faut régler. Michael Wulf ne
reste que quelques jours, mais il faut un deuxième guitariste. C’est Jörg "Tritze" Trzebiatowski qui est engagé juste après la sortie de l’EP
Flag ofHate.
Par la suite, ils foulent enfin du pied le territoire américain, et le troisième album suit :
Terrible Certainty.
La hargne est toujours là, mais les titres sont un peu plus posés. Le son s'affine, la rythmique se renforce, au service du Thrash.
https://www.youtube.com/watch?v=fuGqqMR809U
https://www.youtube.com/watch?v=B9Uu0fCLm5I
Par la suite, ce sera une constante pour le groupe, en plus de l’abandon pour Ventor du micro. Coup sur coup, ils chercheront à calmer un peu le jeu,
pour relancer la machine à tuer derrière.
https://www.youtube.com/watch?v=yUuBnsCN06U
https://www.youtube.com/watch?v=B5VyHPBoy9M
https://www.youtube.com/watch?v=pgktEud2TCg
Et ils n’attendront guère longtemps avec
Extreme Aggression qui casse la baraque en 89 avec des tueries comme le morceau titre, "Don't Trust" ou"Betrayer". Viendra ensuite l’arrivée de Frank "Blackfire" Gosdzik, débarqué de Sodom, puis des albums moins brutaux. Mais c’est une autre histoire, une autre décennie.
Un putain de Thrash allemand, un groupe qui entrainera dans son sillage bien des formations de Death Metal, une voix infernale... Un groupe énorme.
Vous n'êtes pas obligé de me croire, cela dit...