
Solfatare : Asservis par l'Espoir

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1. DES MONARQUES ANHEDONIQUES
Souverains,
D’un aphotique empire
Érème, aux collines ignées
Landes arides rouge porphyre
Aux confins de la pensée
Royaume magmatique
Volupté, torture de l’âme
En remontrance au ciel
Dansent des arabesques de flamme
Evictés de l’azur, réprouvés célestes, légataires du néant
Leurs royaumes désolés, morne continent, du soleil abhorré
Où des solfatares tristes, fument une prison de suies errantes
Détenant l’espoir, émacié captif de ces noires trainées
En ennemis du sommeil
Ils érigent des palaces
Des tours babyloniennes
Où l’ennui se prélasse
Eux jadis conquérants
Héros de maintes luttes
Inexorablement
Ils ont pris goût à leur chute
Adieux plaisir et bonheurs abscons, vous ne tenterez plus nos cœurs atrabilaires
Cadavres ahuris
Souffrant d’un mal térébrant
L’eau verte de l’oubli
Le Léthé, leur sert de sang
Pourquoi, je ne sens rien
Sous le poids de leur couronne, leur échine courbée
lls se languissent d’un jour pouvoir abdiquer
Laissant l’inconfort de leur trône hérissé
A jamais, sans héritier
2. D'HOMMES ET D'ISOPTERES
La terre dans un râle colossal
Convulse, régurgite
De ses entrailles abyssales
Des nuées d’aveugles termites
Terribles somnambules aux globes ténébreux
Dardant le ciel de leurs regards vitreux
Leurs espoirs étriqués
Animent leurs carcasses
Flagellants grotesques que l’existence aiguillonne
Leurs traits figés de douleur, victimes des gorgones
Pénitents de l’absurde, suppliciés du néant
Allant nourrir le gouffre toujours plus grand
Nus devant l’abîme, vides à l’intérieur
L’abysse sous nos pieds, le chaos sur notre tête
Nus devant l’abîme, vides à l’intérieur
L’abysse sous nos pieds, le chaos sur notre tête
L’humanité
Monte sur l’autel de la mort
Pressée de s’y immoler
Dans un dernier, un dernier remord
Entends-tu l’abysse ? L’abysse nous appelle et nous écoutons
Au-dessus demeure, encore, ce que nous voulions
Naguère amoureux des cimes, trop maintes fois déçus
Nous embrassons notre chute, ô volupté des zélotes déchus
Nus devant l’abîme, vides à l’intérieur
L’abysse sous nos pieds, le chaos sur notre tête.
3. DU DEUIL AFFAIRE
Ni couronne ni laurier, pour les oubliés du bal
Les persévérants seront récompensés d’un tourment infernal
Ni révélation, le silence des pythies
Nous condamne à une existence
Régie par la force d’inertie
Sur les cimes désolées que la tempête assiège
Chaque pas trahissant son inutilité
Il hisse son fardeau, corps crispé contre la glaise
Prolétaire des enfers, voici ton rocher
J’offre aux astres un funèbre spectacle
Ne naissant que pour agoniser
Forçat terni, asservi par l’espoir
Exhalant la sueur dans son deuil affairé
De nos de nos coïts dominicaux
Au front de l’Isonzo
Jusqu’aux nuits de Gethsémani
Du tonneau des filles de Danaos
Au supplice de Sisyphe
Juste un long râle d’ennui
Juste un long râle d’ennui
Sens-tu les relents, de l’histoire en putréfaction
Encensant le futur de ses viles exhalaisons
Nous y courons, nous y courons, inlassables, nous recommençons
Sens-tu les spasmes d’un avenir moribond
Délirant des fièvres inhérentes à nos décompositions
Refusant d’en tirer, la moindre conclusion.
4. OZYMANDIAS
Contemple mon œuvre
Ô puissant et désespère
Avalés par les sables
Aux faciès pâles défoncés
D’austères rois affables
Ressassent leurs gloires surannées
Stoïques veilleurs intemporels
Scrutant l’horizon flamboyant
Souffrant de solitude éternelle
Infâme Spleen d’orient
Roi des rois, souverains des ruines, à leurs côtés rien ne demeure
Paysage de deuil face à l’immensité où l’espoir se meurt
Colossales épaves d’ambition déplacée
Leur ferveur, à jamais gaspillée
Hiératiques sentinelles
Des mastabas arrogants
Dans le silence des nuits, le rire des hyènes
Nourries sans vergogne sur la carcasse de l’espoir
Ironique thrénodie, comme seul requiem
Les sphinx comme seul auditoire
Sic transit gloria mundi
Jadis roi, maintenant plus rien
Sic transit gloria mundi
Moi aujourd’hui et toi demain
A l'horizon que rien ne borne
Echos des regrets infinis
Le désert sous le soleil morne
Déroule son linceul jauni.
5. SOUS DES CIEUX ABSENTS
Sur des flots anthropophages
Notre frêle esquif glisse
Vers un certain naufrage
Au large de nos supplices
Jouet de l’ouragan
Derrière chaque vague un tombeau
La mer hiératique, rugissant
Autour de notre nef resserre son étau
Sous des cieux absents, je cherche mon salut
Mais à l’horizon, aucune salvation, n’attend les fourbus
Timonier des enfers, la fatalité au gouvernail
Sciemment, nous dirige vers l’écueil
L’angoisse en poupe gonfle les voiles
L’écume sera notre cercueil
L’abîme insatiablement avide
Clame férocement son dû
De matelots intrépides
Il n’est jamais repu
Sous des cieux absents, je cherche mon salut
Mais à l’horizon, aucune salvation, n’attend les fourbus
Je te hais Océan !
Mon âme victime
De tes flots hurlants
Rejoint ton abîme
Naufragés hébétés
Leurs regards perdus dans les nuées
Attendant le couperet final
D’une dernière vague fatale
Mais rien ne vient.
Autour de récifs d’ébène ou sur le sable fin
La mer recommence son jeu, ses tumultes sans fin
Flux et reflux, par le ressac, digéré
Même l’abysse ne veut plus, de nos corps boursouflés.
Je ne sais si j’envie
Ceux qui naviguent en eau calme
Ne connaissant jamais le remous
Leur enfer, sans panache est banale
Ceux qui à travers la brume, illuminés
Apercevant des phares, célestes refuges
Dont mon être lucifuge
S’est depuis longtemps détourné
Sous des cieux absents, je cherche mon salut
Mais à l’horizon, aucune salvation, n’attend les fourbus.
6. QUAND TON CERVEAU TE SURINE LE CRÂNE
Quand ton cerveau
Te surine le crâne
Dans de sombres caveaux
Séquestre ton âme
L’angoisse despotique
Sous ses ombres étendards
Défile méphitique
En de morbides fanfares
Des anges aux auréoles de rouille
De leurs cuivres élégiaques, déchirent l’atmosphère
Jusqu’à ce que l’univers croule
Maudits soient ces séraphins aptères
L’orchestre joue en boucle, frénétiquement
Sa valse de bruxisme, symphonie de déception
Éperonnant nos carcasses vivantes
Dans une dernière danse, un final tourbillon
Aux chants des violons, répond le néant
La mort comme cavalière, danse éperdument
Le gouffre de ses yeux, horrible, béant
Dans un ballet délétère, entraine les imprudents
Et quand, le rideau se lève sur nos affres
Révélant notre spectacle, farce cosmique
Et quand, le rideau se lève sur nos affres
L’univers se gausse, en cynique publique
Ni ovation, ni grand dénouement, juste la clameur du rien
Encore et encore, à jamais, et sans fin
Chœur sinistre pour qui jouez-vous
Honnis soit l’avare silence
Des iniques déités
Pour leurs abandons, leur démence
Leur insatiable appétit
De nos tribulations
N’êtes-vous point divertis ?
Quand ton cerveau
Te surine le crâne
Dans de sombres caveaux
Séquestre ton âme
L’angoisse despotique
Sous ses ombres étendards
Défile méphitique
En de morbides fanfares
Quand le chaos engloutit tout, d’un vertige universel
D’un oubli définitif, un silence éternel
Tout est éruption, effondrement
Le triomphe du rien, embrase le firmament
Et puis ce silence…
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