Sepultura et Les Nuits Carrées @Antibes

le Samedi 01 Juillet 2017, Le Fort Carré

Aujourd’hui, en soi, c’est un jour comme les autres, à l’exception que je dois tout de même vous raconter la soirée de six groupes et que je ne vous ferai pas le plaisir de vous raconter à nouveau mes trépidantes aventures (« ooh » de déception, mines déconfites, spectateurs quittant la salle). Ce samedi 1er juillet, nous avons rendez-vous à Antibes, au très chaleureux amphithéâtre du fort carré surplombant notre bonne vieille mer Méditerranée. Tout le long de cette fin de dernière semaine de juin s’est déroulé le festival des Nuits Carrées, centré lors des premiers jours sur les musiques actuelles, rap, électro et pop-rock. Ici, c’est la dernière soirée qui nous intéresse, perchée cette fois sur notre bon son à headbanguer. Et comme je vous l’ai dis : ON A PAS LE TEMPS D’NIAISER !

Ze Gran Zeft

Premier invité de la soirée, les délirants Toulonnais de Ze Gran Zeft. Leur musique ? Savant mélange. De l’électro en tous genres, parfois dance, d’autres fois proche de sonorités un peu old-school, couplées de temps à autres à des percussions puissantes en accélération foudroyante. Les guitares sont parfois acérées à saturation, la voix tantôt scandée à la rapcore ou s’autorisant des élans mielleux à la Metalcore. C’est vague et sur scène ça l’est encore plus.

Malheureusement, entre la journée de boulot, les transports et la petite marche depuis la gare d’Antibes, je n’ai pu entendre les mélodies que d’assez loin… Suffisamment pour se faire une très belle idée de l’ambiance bon enfant qui devait régner sur la scène et dans les travées de l’arène. Pour voir déjà pu entendre le groupe à l’époque de « Crunked Vision », je n’ai pu découvrir qu’avec un certain plaisir éloigné les pérégrinations de « #JOI ». Mais il faudra y revenir, à n’en pas douter.

A l’approche du fort, je retrouve une amie, on reconnaît quelques têtes ici ou là, juste le temps d’aller grailler un petit quelque chose et c’est parti pour la deuxième affiche.

Heart Attack (FRA)

On ne présente plus tellement Heart Attack dans le coin, quatuor Cannois parfaitement ancré dans le moderne Thrash, développant son audience jusqu’au-delà des frontières (dernièrement par leur présence au Resurrection Fest en Espagne, par exemple). Le groupe fait ainsi escale à Antibes pour défendre leur dernier-né : « The Resilience ».

Au programme de la soirée, du Headbang de masse, un show rôdé, calibré, brutal. Le son y apparaît propre et net, les hurlements de Kevin résonnent bruyamment, le public répond présent, rien ne viendra dépasser. Un peu comme leurs albums apposant un son parfaitement net, mais souvent un peu trop lisse, rien ne me transcendera plus que ça, ayant déjà vu le groupe moult fois avant cette date. En somme : un très bon live en attendant la suite.

Ma bien-aimée nous rejoint, nous retrouvons le reste de la compagnie dans la foule. Le bar peut ainsi être doucement pillé, maintenant que Klone monte sur scène.

Klone

Si j’apprécie grandement le groupe Poitevin, j’ai pris le parti avant le live de ne pas écouter leur album « Unplugged » justement en prévision. Etant habitué à des aventures psychédéliques, anciennement Death nuancé et atmosphère lente, je sais à quel point le groupe ne fait pas l’unanimité. Aussi cette aventure acoustique fut tout à fait enrichissante et émotionnelle. A fleur de peau durant une heure, le groupe affiche un visage extrêmement différent et touchant. 

Là où l’album « Unplugged » ne conserve majoritairement que la voix de Yann et les guitares dans leur douceur, le groupe a choisi sur scène de proposer une musicalité plus complète. De la basse, des percussions, de l’accordéon, des cordes diverses et variées... Toujours autant versé dans le minimalisme, mais rajoutant une aura parfois tribale à l’ensemble, intensifiant le ressenti. Comme attendu, on retrouve uniquement les pendants acoustiques d'une poignée de titres de « The Dreamer’s Hideaway » et « Here Come the Sun ». Les expérimentations de « People are People » ou « Into the Void », la douceur mélodique de « Nebulous », l’oppressante, mais  non moins délicate « Rocket Smoke »… 

Une heure douce, à fleur de peau, réclamant calme et repos pour mieux s’imprégner de l’émotion intense voulue par le groupe. Toujours aussi libre, Klone termine ainsi sa tournée dans un cadre des plus sublimes, propice à se laisser porter. Une expérience des plus intéressantes, portant toujours plus loin l’interrogation sur ce qu’il adviendra de l’avenir musical du groupe. J’ai largement apprécié, vous l’aurez compris. Une respiration des plus bienvenues avant le tonnerre qui va suivre.

Trust (FRA)

Trust. Inutile à présenter. Nous pénétrons dans la fosse sans aucunement cacher mon excitation, pensant sans vergogne à mes parents ayant connu le groupe dans leur jeunesse. Je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais ce serait mentir de prétendre n’avoir pas pris mon pied à l’écoute de ces papys rockeurs à l’énergie toujours aussi intense, Nono dézinguant sa guitare avec virtuosité et le timbre si reconnaissable de Bernie toujours aussi dense.

Le public répond présent, saute, cri, chante, hurle. Les tubes défilent, « L’Elite », « Marche ou Crève », « Au Nom de la Race », on ne les nomme même plus, même moi je me surprends à encore hurler des paroles qui sont finalement toujours gravées en mémoire. Je déclenche l’hilarité de ma chère lorsque ma voix décide de partir sans moi à force d’hurler. 

Un Hard puissant, ni plus ni moins, semblant passer à une vitesse folle et se terminant sur le classique « Antisocial », la soirée se poursuit exceptionnellement bien. On attend avec beaucoup d’impatience le clou de la soirée, dont la présence à Antibes aurait carrément pu relever de l’arlésienne.

Sepultura

Difficile d’imaginer qu’un groupe aussi reconnu internationalement que Sepultura puisse poser ses valises sur la Côte d’Azur, et pourtant voilà LA tête d’affiche des nuits Carrés d’Antibes. Les frères Cavalera ne sont bien évidemment plus de la partie depuis des lustres, mais qu’importe. Pour ce qui est de mon cas, je ne suis pas un fan du groupe, ma connaissance des Brésiliens se limitant au culte « Roots », ma chérie attendant impatiemment de pouvoir balancer la tête, moi demandant seulement d’être agréablement surpris.

Poursuivant ainsi la tournée de son dernier album « Machine Messiah », j’ose ainsi dire que je ne connais pas les trois quarts des titres présents lors du live. Je citerai les classiques « Refuse/Resist », « Ratamahatta » ou bien « Roots Bloody Roots », mais je n’ai aucune connaissance des derniers titres.

Mais pas la peine d’être fin connaisseur pour reconnaitre avoir pris un pied d’enfer à la performance du groupe. Découvrant bien mieux sur scène le côté très tribal et guerrier d’un groupe résolument brutal ayant laissé le chant clair au placard, je bouge modestement pendant que mon amour hurle à son tour à ne plus en pouvoir. Bien éloignés du centre de la fosse, nous parvenons à échapper aux différents slams et pogo mais pas à l’homme ivre nous renversant sa bière sur les jambes. Les risques du métier dirons-nous en riant.

Le show s’étire jusqu’au bout, passant au final extrêmement rapidement. Ce fut très bon, il faut le dire. Les têtes d’affiches laissent à présent la place au digestif de la soirée, à écouter une bonne crêpe au nutella à la main.

Carpenter Brut

Carpenter Brut clôturera la soirée. Si j’entends certaines personnes de mon entourage se plaindre de leur présence, estimant « n’avoir rien à faire dans un festival de Metal », je trouve tout simplement que ce trio live est totalement légitime dans son optique d’after, de clôture de soirée. Carpenter Brut, c’est, en studio, l’œuvre d’un seul homme : Frank Huesco, DJ s’accompagnant en live de Adrien Grousset (Hacride) à la guitare et de Florent Marcadet, batteur notamment de Klone et également Hacride.

A la fois rythmée, kitsh et dansante, la musique du trio est à classer dans un style proche du Darksynth, mélangeant ambiance 80’s, sonorités de film d’horreur et d’un Metal Electro surpuissant. Diffusant en fond de scène des extraits de multiples films d’horreur et de science-fiction des années 70-80, le mélange sauvage se déguste avec un énorme plaisir, le son me faisant largement penser au jeu-vidéo « Far Cry 3 : Blood Dragon ». Véritable hommage au cinéma d’action des années 80, le jeu jouissait d’une BO enregistrée par Power Glove, apportant sa touche électro vintage aux multiples décors fluorescents de son univers. Je ne pense pas me tromper en affirmant que nous n’en sommes pas loin, le fluo laissant place à une ambiance largement plus rouge.

Une soirée aussi riche et diversifiée se fait tellement rare sur la Côte d’Azur. C’est avec un plaisir immense et un jour qui arrivera finalement peu de temps après que nous entreprîmes un long trajet jusqu’à chez nous, fourbus, sourds, muets, mais heureux. Jouasserie, jouasserie, vivement la prochaine.


3 Commentaires

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LeLoupArctique - 19 Juillet 2017: ça fait bien plaisir de lire ce petit texte, merci ! J'avais hésité à venir, et je n'ai finalement pas pu, mais l'affiche était bien belle. Et je me demande : ça s'appelle le fort carré, mais c'est vraiment un fort ? Le lieu est joli ?
LostPhoenix - 19 Juillet 2017: Envie de revoir nos amis de Heart Attack et de Klone, j'ai finalement renoncé au déplacement.
Dommage qu'il n'y ait pas de photos ?
En tout cas, merci pour ces quelques mots bien choisi pour un évènement qui valait surement le détour...
Just_an_Ellipsis - 19 Juillet 2017: Merci bien pour les commentaires ! Concernant le lieu, c'est bien un fort qui surplombe Antibes, pour ce que j'en sais, il est ouvert au public ^^ sur la page SoM du fort, j'y ai mis 2-3 photos.

Bah pour Heart Attack, si tu les as déjà vu, tu auras déjà fais le tour ^^ ça reste très divertissant tout de même ! Après non, je ne prends pas des masses de photos ou de vidéos lors des lives, mon téléphone reste davantage dans ma poche. J'ai une vidéo du refrain de " Antisocial " que j'ai envoyé à ma mère par contre haha
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Le Fort Carré

photo de Le Fort CarréAntibes, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, France
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