Un petit live-report en images en attendant un vrai reportage-vidéo plus conséquent qui reviendra en détails sur ces 4 jours de festival. Enjoy and stay tuned !
Year Of No Light
Un set puissant et immersif sans grande exubérance, avec des musiciens assez statiques et concentrés qui semblent happés par le mur de décibels qu’ils envoient au public. Avec ses sept musiciens (dont 3 guitaristes et 2 batteurs qui jouent parfois en même temps, ou qui se relaient l’un passant de temps à autre aux claviers selon les besoins de la musique), la formation bordelaise a livré un bon set, même si on sent que la durée limitée (45 minutes) et la programmation en plein après-midi ne lui auront pas permis de libérer son plein potentiel. Un concert sympathique pour commencer la journée, mais qui n’est qu’un gentil prélude à la suite !
Tesseract
Comme beaucoup, j’ai pas mal entendu parler de Tesseract, souvent décrit comme un espoir de la scène émergente djent/progressive/moderne au début des années et j’étais assez curieux de voir ce que le groupe pouvait donner sur scène, sans attente particulière. Bon, ça joue bien, c’est très (trop !) propre, le bassiste, pieds-nus, visiblement très à l’aise et tout sourire, ondule avec sa basse, mais malheureusement, la musique ne passe pas. Le riffing haché et syncopé fait son petit effet mais le son, extrêmement net mais trop plat, n’est pas assez puissant pour faire décoller le tout, et le chant clair ainsi que les pauses maniérées du chanteur qui semble s’adresser à un public d'adolescents auront eu raison de ma patience. Pas mauvais en soi, mais définitivement pas mon truc. Vivement la suite !
2/6
Ne Obliviscaris
Pour moi, c’est avec Ne Obliviscaris que les choses sérieuses commencent. Leur death mélodique de haute volée, à la fois mordant et progressif et sublimé par de très belles parties de violon, est magistralement exécuté et conquiert sans peine le public réuni sous la Feruscene. Le son est au poil, la prestation énergique et très puissante, avec un James Dorton au growl profond qui harangue la foule, un Tim Charles très juste dans ses parties de chant clair et un bassiste virtuose qui fusionne avec son instrument, sans oublier notre Benji national qui envoie une pluie de notes flamboyante sur un And Plague Flowers the Kaleidoscope de clôture. Tout bonnement excellent !
5,5/6
Mogwaï
Allez, place au post rock de Mogwaï, incontestablement l’une des têtes d’affiche de ce jeudi ! Les Ecossais ne déçoivent pas, de toutes façons, leur musique est faite pour la scène, formant une symphonie de notes électriques au grain immédiatement identifiable. Alternant moments de force brute où les 3 guitares jouent en même temps et moments plus planants et intimistes, les rois du post rock déroulent un show tout en classe et en sobriété sans réelle faute de goût même si Fanzine Made of Flesh, extrait de leur album à venir, ne m’a pas vraiment convaincu, avec son chant vocodé et son côté happy song qui dépare un peu du reste. Bravo !
5/6


Kataklysm
Maintenant, un peu de brutalité, histoire de rééquilibrer un peu la balance !
Kataklysm sont des vieux de la vieille habitués à la scène, et ça se sent : directement, ils balancent un gros Ambassador of Pain carré et brutal pour mettre tout le monde d’accord, puis ils enchaînent, alternant anciens morceaux et compos récentes plus orientées core devant un public acquis à leur cause. Le show est impeccable, avec un gros son, un jeu millimétré, une belle présence scénique, et un Mauricio Iacono très volubile et visiblement heureux d’être là. Même si la set list est assez variée et ne plaira pas à tout le monde, certains morceaux mêlent habilement la brutalité du death au riffing saccadé du core et sont super efficaces sur scène (Guillotine, The Black Sheep), et qu’on aime ou pas la nouvelle orientation du groupe, force est de constater que les Canadiens assurent et savent envoyer le bois tabernacle !
4,5/6
Diiv
Bon, je l’avoue piteusement, je ne connaissais pas Diiv, j’avais tout juste écouté quelques morceaux d’une oreille distraite avant de venir, et je m’étais dit que leur style rock sensuel et nonchalant pourrait plaire à ma femme. Et bien nous sommes au moins deux à avoir été conquis, et visiblement, bien plus à voir les réactions du public. C’est bien simple, Diiv a été une grosse claque dans un style que je n’attendais pas du tout, une des plus belles révélations de ce Motocultor ! Evoluant dans une sorte de post punk popy fortement influencé par le shoegaze, le quatuor américain envoûte par cette langueur électrique candide et un mélange unique de nonchalance et de fraicheur qui fleure bon le sexe, les substances chimiques et l’insouciance désabusée d’une jeunesse flinguée dès le berceau. Les slogans engagés et anticapitalistes clignotent sans interruption sur l’écran géant derrière la scène, servant d’assise idéologique à ce son gentiment destroy, sorte sous MDMA entre le Smashing Pumpkins d’Adore, The Cure et My Bloody Valentine. Excellent !
6/6
Samael
C’est à Samael que revient la lourde responsabilité de clore cette première soirée de festival. Les Suisses livreront un bon show, même si j’ai été un peu déçu après la claque de DIIV, trouvant la prestation un peu trop sage, avec des guitares compressées et un son manquant singulièrement de puissance. Logiquement, le coté indus prend le pas sur le côté black, avec un set très carré mais néanmoins dynamique, avec des musiciens mobiles, notamment un Xy qui enrobe la musique de nappes ambiantes et marque la pulsation, entre rythmes électroniques et organiques, envoyant des beats technoïdes et se démenant comme un beau diable derrière son double kit de batterie/clavier. Un set sympathique, à défaut d’être inoubliable, qui s’achève idéalement sur un My Saviour boosté pour l'occasion et énergique à souhait, avec ces grosses rafales de percussions électroniques surpuissantes qui mettent les derniers survivants sur les genoux.
4/6







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