Hellfest - Jour 3

le Dimanche 24 Juin 2018, Clisson

La dernière journée. Comme d’habitude, c’est avec un mélange de fatigue, de retrouver ses habitudes, le désespoir que la fin approche et une envie d’en profiter au maximum que l’on se lève. Surtout que la journée du dimanche s’annonce chargée ! Des interviews, des concerts, une conférence de presse [ndlr : tout ça bientôt en ligne] et toujours un soleil de plomb, un vent très sec et une absence d’oxygène qui rend la journée suffocante. Mais inutile de se plaindre ! Les concerts commencent et c’est avec la banane que nous allons retrouver Orden Ogan pour se mettre de bon pied dès le matin … La dernière journée. Comme d’habitude, c’est avec un mélange de fatigue, de retrouver ses habitudes, le désespoir que la fin approche et une envie d’en profiter au maximum que l’on se lève. Surtout que la journée du dimanche s’annonce chargée ! Des interviews, des concerts, une conférence de presse [ndlr : tout ça bientôt en ligne] et toujours un soleil de plomb, un vent très sec et une absence d’oxygène qui rend la journée suffocante. Mais inutile de se plaindre ! Les concerts commencent et c’est avec la banane que nous allons retrouver Orden Ogan pour se mettre de bon pied dès le matin …

Orden Ogan

Une petite demi-heure très chaleureuse de power metal à l’allemande, avec des musiciens visiblement heureux d’être là. Un morceau tiré de chaque album, un gros son, des refrains fédérateurs et une envie de chanter avec le groupe. Seeb est un super frontman et on regrette que le show soit si court, les allemands se concentrant sur des morceaux simples aux chœurs faciles à chanter (The Things We Believe In fonctionne parfaitement sur ce point) plutôt que leurs brulots speed qui aplatissent tout en live (un bon Nobody Leaves aurait réveillé un mort). Le son est très bon, percutant, et le public apprécie une musique une fois de plus peu en valeur cette année au Hellfest.

Du tout bon pour le petit déjeuner !

Setlist : F.E.V.E.R / Gunman / Sorrow in your Tale / We Are Pirates / The Things we Believe In

Primal Fear

Bien moins chaleureux qu’Orden Ogan, la bande à Matt Sinner et Ralf Schiepers ont pourtant fait des progrès dans la communication avec son public. Une voix toujours autant en acier, des riffs purement true metal même si ça tourne quand même rapidement en rond. 40 min mais pas plus, ça devient vite redondant ! Difficile de sortir des titres plus que d’autres tant Primal Fear ne joue que les morceaux hymniques dédiés au metal plutôt que ceux qui tentent quelques expérimentations (comme Seven Seals par exemple). Certes, des morceaux comme Angels of Mercy ou The End is Near du dernier opus fonctionnent très bien mais In Metal we Trust ou Metal is Forever ont tendance à lasser au bout d’un moment. Reste une exécution parfaite. Manque le sourire.

 

Setlist : Final Embrace / In Metal we Trust / Angel in Black / Rulebreaker / Nuclear Fire / Angels of Mercy / The End is Near / Fighting the Darkness / Chainbreaker / Metal is Forever

In This Moment

Je ne connais pas sur album mais ça ne m’a pas clairement pas donné envie. Musicalement zéro, tout sur la mise en scène, une chanteuse et sa danseuse très sexy (les gros plans sur leurs culs auront été nombreux) mais niveau vocal, c’était plus une bouille narratrice que du chant. Le son n’était pas non plus là pour mettre le groupe e valeur. Bref, on m’en a dit du bien mais je suis finalement bien dubitatif. Quand l’image prend le pas sur le reste.

Arch Enemy

Du béton armé ! Une Alyssa en feu, des guitaristes de folie (3e fois que je vois Jeff Loomis, Nevermore compris, et toujours aussi impressionné), des hits qui font hurler la foule et une ambiance démentielle dans le pit. Le son était absolument monstrueux, les effets de scène splendides (dommage qu’ils jouaient à 18h30) et la canadienne a clairement le truc pour capter l’attention, faire chanter le public et l’emmener avec elle. Les titres du dernier ont démontré que l’album passait très bien la scène et les classiques comme My Apocalypse ou We Will Rise ont encore une fois rendu la foule hystérique. Et que dire du phénoménal As the Pages Burn ?

Arch Enemy confirme encore une fois que scéniquement, ils font partie des plus grands. La pyrotechnie sur Nemesis ou As the Pages Burn ne feront que renforcer ça. Du très lourd !

Setlist : The World is Yours / War Eternal / My Apocalypse / The Race / You Will Know my Name / The Eagle Flies Alone / First Day in Hell / As the Pages Burn / We Will Rise / Nemesis

Megadeth

A quoi reconnait-on un groupe culte ? (Plusieurs réponses possibles)

Dans le cas de Megadeth ce soir, ça sera de pouvoir mettre un public en fusion malgré une prestation lamentable et un son à la limite du foutage de gueule. Car oui, « A Tout le Monde » (forcément), « Hangar 18 », « Holy Wars » ou « Symphony of Destruction » (avec Amott qui venait de jouer) ont fait chanter la foule mais qu’est-ce qu’il reste à sauver du concert ? Un son inaudible, (pas de balance, il n’y a simplement que le son de batterie sur la bouillie qui était apparemment Rattlehead, une honte !), un Mustaine qui n’arrive plus à aligner deux lignes de chant…et pourtant, son line up fait rêver techniquement. Car Kiko Loureiro est (pour ceux qui n’ont jamais suivi Angra) un guitariste extraordinaire et Dirk Verbeuren est un batteur d’exception mais c’est finalement Mustaine qui aura été le moins propre des quatre. Viendra bientôt le temps où il faudra vraiment faire quelque chose pour que Megadeth retranscrive sur scène les morceaux comme ils le méritent. Les fans chantent mais impossible de ne pas se dire que quelque chose cloche quand même. Restera un hommage sincère à Vinnie Paul sur My Last Words.

Malheureusement, il n’y avait rien d’autre à sauver de ces 50 minutes bien ternes pour une telle légende … légende se plaignant justement quelques heures plus tôt en conférence de presse de son traitement et de son temps de jeu. Pas sur qu’une telle prestation donne envie de les placer pendant 2h à 23h.

Setlist : Rattlehead / Hangar 18 / The Conjuring / My Last Words / Take No Prisoners / Symphony of Destruction / Dystopia / A Tout le Monde / Peace Sells / Holy Wars … The Punishment Due

Iron Maiden (UK-1)

Même question qu’au-dessus.

Pour Iron Maiden, c’est simplement, après 40 ans de carrière, de continuer à faire vibrer ses fans en se donnant corps et âme, en proposant un spectacle exceptionnel et en ne sacrifiant jamais rien sur l’autel de la simplicité. Une setlist magnifique (sur laquelle on pourrait encore ajouter des tonnes de classiques), une scénographie presque obsessionnelle dans son souci du détail, des musiciens toujours aussi heureux, un Dickinson impérial, un son absolument parfait de pureté et de précision.

C’est quand on assiste à un tel show que l’hygiène de vie prend tout son sens, que l’on comprend que ce n’est pas quand on a 30 ans que c’est important (vous savez, c’est tellement plus classe d’être drogué et alcolo) mais à 60 ans. Parce que Maiden n’est pas Ozzy Osbourne ou Aerosmith et ça fait aujourd’hui toute la différence. Quand Bruce chante Flight of Icarus comme à l’époque avec un lance flamme sur les épaules, quand un speedfire se tient au dessus de la scène, quand le backdrop change à chaque titre, quand le groupe va même jusqu’à conceptualiser son spectacle en découpant les morceaux en grands thèmes (la guerre, la spiritualité, la mort), Iron Maiden ne se fout jamais de ses fans et tient à toujours repousser les limites du raisonnable. En vivant bien sûr sur des intemporels (la triplette d’entrée Aces High, le formidable Where Eagles Dare et 2 Minutes to Midnight) mais aussi sur des titres ambitieux plus récents (For the Greater Good of God de A Matter of Life and Death) ou de l’époque de Blaze Bailey (les deux titres fleuves The Clansman et Sign of the Cross, à la scénographie exceptionnelle) sans oublier les légendaires Fear of the Dark, Iron Maiden, The Trooper ou Hallowed Be thy Name. Une foule en délire pour accueillir un groupe qui, comparé au précédent, se pare d’un son cristallin ou l’on peut entendre, que l’on soit dans la fosse ou très loin derrière.

Je n’ai probablement pas le superlatif qu’il faut. Quoique peut-être…parfait.

 

Setlist : Aces High / Where Eagles Dare / 2 Minutes to Midnight / The Clansman / The Trooper / Revelations / For the Greater Good of God / The Wicker Man / Sign of the Cross / Flight of Icarus / Fear of the Dark / The Number of the Beast / Iron Maiden / The Evil that Men Do / Hallowed Be thy Name / Run to the Hills

Marilyn Manson

Le père, enfin le révérent, Manson, a pris un coup de vieux. Il suffit de le regarder de profil, dans sa chemise boudinée et avec son double menton, pour se dire que le temps n’a aucune pitié.

Pourtant, il tient toujours la baraque musicalement avec un line qui bouge toujours autant. Vocalement, il aura plutôt bien assuré, tout autant que dans une attitude toujours aussi ingérable (le chanteur qui balance son micro et attend gentiment qu’on vienne lui en donner un autre, zappant tout un passage de « This is a New Shit ») même si moins malsaine qu’à la grande époque (il y a bien eu des filles seins nues et quelques tentatives pour sodomiser un retour mais ça s’arrête là). C’est toujours drôle d’entendre ici et là des gens se plaindre de l’attitude de Manson, qu’il se comporte comme un connard … mais on parle de Manson ! Fut un temps où il était bien plus dérangeant et dérangé que ça. Ses spectacles actuels sont bien plus sages et ce n’est pas le fait de faire venir des nanas quasiment à poil sur scène qui changera la donne.

Bref, des morceaux du dernier opus sympathiques mais surtout des tubes des albums allant de « Antichrist Superstar » à « Golden Age of Grotesque ». Un bon moment.

Setlist : Irresponsible Hate Anthem / Angel with the Scrabbed Wings / Deep Six / This is a New Shit / Disposable Teens / mOBSCENE / Kill4Me / The Dope Show / Sweet Dreams / Say10 / Antichrist Superstar / The Beautiful People

Carpenter Brut

Finir le Hellfest en dansant sur une reprise surpuissante et diabolique de « Maniac », vous en rêviez ? Carpenter Brut l’a fait !

La Temple était en folie pendant une bonne heure sous les assauts électroniques et synthwave de Mr Carpenter et son duo de musiciens. Un jeu de lights magnifiques, des vidéos derrières en toile de fond et des musiciens ultra précis. Mat McNerney aura même créé la surprise en venant chanter sur Beware the Beast ! Carpenter Brut passe un cap avec des titres désormais plus axé sur la scène et bien plus efficace (Cheerleader Effect, Leather Teeth, Inferno Galore) qui viennent s’ajouter à des morceaux déjà classiques (l’imparable Roller Mobster, Turbo Killer, Sexkiller on the Loose)

Une parfaite conclusion d’un week end parfaitement réussi. On se dit à l’année prochaine ?

 

Setlist : Leather Teeth / Roller Mobster / Wake Up the President / Chew BubbleGum and Kick Ass / Turbo Killer / Cheerleader Effect / Meet Matt Stryker / Monday Hunt / Beware the Beast / Inferno Galore / Sexkiller on the Loose / Disco Zombi Italia / Hairspray Hurricane / Le Perv / Maniac


3 Commentaires

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LostPhoenix - 25 Juillet 2018:

Merci l'ami pour ce live report qui, encore une fois, me donne envie de voir sur scène les Arch Enemy. Dommage qu'il n'y ait pas plus de photos (pas que pour la chanteuse de ce dernier ;) mais aussi pour les autres groupes. Peut-être des galeries à venir ?

Bien entendu, en lisant tes quelques lignes, je regrette encore de ne pas avoir vu Iron Maiden cette année...

Eternalis - 26 Juillet 2018:

Des galeries sont à venir oui.

Et aussi parce que le dimanche a été difficilement praticable côté photo. C'était noir de monde et, même si c'était plus respirable qu'en 2015, les accès photos sur les côtés des Mainstage sont vraiment un truc à revoir. On y va pour un titre, on est ensuite éjecté en dehors des scènes et c'est impossible de revenir pour le concert derrière. C'est pas super...ou alors il faut faire tes photos mais rien à foutre du concert.
Et tous les groupes après 20h sont avec des pass spéciaux quasiment. Ce qui rend un peu caduc l'accréditation "simple".

Mais bon, Maiden c'était de la magie. Arch Enemy une tuerie. Carpenter Brut un délice. Reste vraiment Megadeth qui est coincé en travers de la gorge :D

LostPhoenix - 26 Juillet 2018:

Un titre pour faire les photos c'est très court (voir du foutage de gueule si tu me passes l'expression) ! Et je t'accorde qu'ensuite, assister au concert dans de bonnes conditions est difficile voir impossible.

Au fait, l'intro de ton report ne serait pas doublée ?

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