Hellfest - Jour 1

le Vendredi 22 Juin 2018, Clisson

Treize ans. Des pas de géants. Des évolutions impressionnantes faisant le bonheur de certains et le malheur d’autres mais faisant du Hellfest l’un des festivals les plus prisés de ces dernières années, que l’on parle de metal ou pas (je ne parle même pas des prix qu’à reçu le festival trois fois en quatre ans).  

Une fois de plus, avant même de parler musique, il faut dire que Ben Barbaud met les petits plats dans les grands pour faire de ces trois jours un moment hors du temps et des tracas du quotidien. Tout parait grand, démesuré, immense…au dam de certains mais toujours dans cette optique d’espace, de profusion, de partage. Le camping est encore plus grand, le Hell City Square propose toujours autant de magasins, l’Extreme Market ramène des exposants de multiples pays et le site a encore vécus de nouveaux changements en termes d’aménagements. Entre un espace encore plus grand, le fait de paver devant les Mainstage (quelle bonne idée pour empêcher les nuages de poussières), la décoration toujours aussi industrielle, le mur d’eau pour rafraîchir les festivaliers ou encore les nombreux restaurants, difficile de faire la fine bouche quant aux propositions faites aux festivaliers. Le cashless, intégralement intégré au bracelet (très moderne ces bornes magnétiques, ça change de la vérif’ uniquement faites à la main par les vigiles) devient rechargeable bien plus facilement, directement par l’application smartphone et surtout sans passer par d’interminables files d’attentes pour remettre de l’argent afin de s’abreuver convenablement. Le revers de la médaille ? Des restaurants qui enfilent les commandes comme des perles mais qui ne parviennent pas à fournir assez rapidement, déclenchant des secondes queues d’attentes pour récupérer ces plats… Ce fut parfois long pour manger mais c’est finalement le seul reproche à faire, puisque côté boissons, il était toujours très facile et fluide de se servir les diverses boissons proposées dans les bars. Encore et toujours des améliorations à faire donc …

Parlons de son maintenant. Comme c’est de rigueur depuis quelques années, le son sur les Mainstage aura été globalement très satisfaisant, malgré quelques soucis récurrents de basse sur la Mainstage 1 (de gros larsens qui écrasent tout) et de cohésion entre les instruments (cette sensation que les soundcheck continuaient tout le temps pendant le concert). Mais dans l’ensemble, le son était clair, puissant et équilibré, permettant d’écouter les shows sans bouchons d’oreilles qui, il faut bien l’avouer, sacrifient constamment le son sur l’autel de la basse et des pédales de grosse caisse. Autant dire qu’on n’entend rien ! La donne fut différente sous les tentes où, encore, le son fut bien souvent beaucoup trop fort ! C’est même à se demander pourquoi les ingés son se sont entêtés, constamment, à balancer la sauce à ce point, rendant parfois certains concerts quasiment inaudibles (Enslaved bonjour !). Trop fort sur tous les instruments, faisant saigner les oreilles, le couple Altar / Temple a souffert de sa petitesse (malgré l’augmentation de taille de chacune des tentes) alors que la Valley, de son côté, s’en est plutôt bien sortie. Mais le constat restera toujours le même : quelle difficulté de sonoriser une tente convenablement ! Je n’apporterais pas d’avis sur la Warzone, n’y ayant pas mis les pieds du week end !

Quant au Carré VIP, il est peu dire que nous sommes chouchoutés. Un bassin devenant (malgré l’interdiction) une piscine avec cette chaleur, de magnifiques décorations (dont une fontaine rougeoyante absolument sublime), une tente pour les interview désormais excentré et plus derrière les Mainstage comme avant, des box avec de véritables portes, une grande salle avec un bar immense (et une architecture visible imitant une colonne vertébrale du plus bel effet), des flippers gratuits, un restaurant interne (qui proposait même des assiettes de poisson !), un stand de rechargement pour les appareils mobiles…bref, la prise en charge est vraiment parfaite et optimale !  

Vous aurez compris que, globalement, ce fut 3 jours en enfer de bonheur, sous un soleil de plomb (mon front s’en souviens encore), avec une superbe affiche, de bons moments, une superbe ambiance et une foule certes immense mais jamais la sensation d’étouffement et de promiscuité que nous avions ressenti lors de l’explosion du festival (même sur Maiden, ce fut bien plus supportable qu’en 2014). Allez, un compte-rendu des concerts (auquel j'ai participé bien sur !) s’impose…place à la musique !  



Tesseract

Super son, charisme imparable d'un chanteur qui chante exactement comme un studio et les morceaux de Sonder monstrueux en live, "Smile" en tête. « King » et « Luminary » ne seront pas en reste mais c’est sur les morceaux de « One » que la prestation se fera plus extrême. Un concert trop court sous une chaleur déjà intense, et surtout un Dan Tompkins top dans son rôle de frontman. Première sensation.

Setlist : Luminary / Of Mind - Nocturne / Concealing Fate, PT II Deception / Concealing Fate, PT III The Impossible / Smile / King / Concealing Fate, PT I Acceptance

 

Sons Of Apollo

Que des monstres, de la technique à pleurer, des doubles manches de Thal et Sheenan, un Portnoy en feu et un Soto en forme vocalement. Trop court mais de vrais tueurs, à tous les niveaux. Entre un Ron Thal avec sa guitare d’ovni (double manche, dont un chromé et fretless s’il vous plait), un Billy Sheenan toujours aussi ultime et Portnoy qui fait le show derrière son immense batterie, les américains ont fait le boulot en jouant des titres issus de leur unique opus pour ce premier concert en Europe. On regrettera un son parfois un peu chaotique et un Jeff Scott Soto visiblement malade et pas très en forme. Probablement à revoir plus longtemps, en salle, avec les reprises de Dream Theater en plus !

Setlist : God of the Sun / Signs of the Time / Divine Addiction / Labyrinth / Lost in Oblivion / Alive / Coming Home

 

Meshuggah

Un peu déçu. Top au niveau son et technique, j'ai trouvé le rendu moins malsain et claustrophobique que d'habitude. Peut-être que Mainstage et plein soleil ne sont pas les meilleurs amis des suédois. En discutant avec d’autres festivaliers, je m’aperçois que c’est un jugement très personnel parce que d’autres ont adoré mais ayant déjà vu le groupe, je n’ai pas ressenti la même hargne que parfois. Jens Kidman aura pourtant chanté comme à son habitude, usant de son visage et de son regard des plus dérangeants et Per Nilsson (Scar Symmetry) remplace admirablement le légendaire Fredrik Thordental (et sa gratte huis-cordes sans tête est assez impressionnante) mais quelque chose n’a pas pris chez moi. Pravus m’aura encore plus bluffé techniquement que les autres titres, le niveau des suédois étant toujours aussi surnaturel. Mais là encore, le choix de les placer sur une Mainstage à 17h n’était probablement pas le plus lumineux (si je peux dire …)

Setlist : Born in Dissonance / Do Not Look Down / The Hurt that Finds You First / Rational Gaze / Pravus / Violent Sleep of Reason / Bleed / Demiurge

Europe

On retiendra toujours The Final Countdown d'un set manquant un peu d'énergie. Sans plus cette fois-ci. Les titres plus récents étant plus sombres, la communication avec le public n’aura pas été transcendante et le groupe n’aura pas forcément joué son répertoire le plus efficace, malgré un Scream of Anger pas piqué des vers. Les fans du groupe semblent pourtant avoir apprécié puisque de nombreux drapeaux s’agitaient dans un « pit » relativement remuant. Pour les autres, restera un classique tellement intemporel qu’il fait oublier tout le reste. Encore et toujours.

Steven Wilson

Quelle énorme claque scénique qu’a collé Steven Wilson ! Des musiciens possédés, une musique avant gardiste, certes hermétique mais si différente du reste des groupes Mainstage. On sent que Wilson vit sa musique et ne brade rien. Il se livre à 100%, ne fait aucun compromis et peut se targuer de bosser avec des musiciens exceptionnels, dont un bassiste excentrique qui sort également un Chapman Stick (instrument à 10 ou 12 cordes, sans corps, se jouant uniquement au tapping) faisant son effet sur scène. Et quand Steven dégaine The Creator has a Mastertape de In Absentia et l’ultime Sleep Together de Fear of the Blank Planet, l’assistance est aux anges !

À me rabibocher des derniers opus solos prenant une direction me décevant. A voir !

Hollywood Vampires

L'escroquerie du siècle. À part dire que l'on aura vu Johnny Depp, c'est la seule chose qu'à proposer la formation. Joe Perry est une épave, Alice Cooper à sauver le naufrage mais musicalement, ça reste d'une pauvreté absolue. Poubelle.

Stone Sour

Energie, charisme de Corey Tailor, une envie communicative et une jolie réception de la foule. Les fans ont apprécié.

Judas Priest

Priest is back ! Andy Sneap rejoint le navire, Judas à encore comme capitaine un Haldord fatigué physiquement mais à la voix d'acier. Heureusement, Richie Faulkner a toujours autant de charisme et une joie communicative qui fait plaisir à voir, enchainant les soli et les grosses interventions comme s’il était le guitariste de toujours du Priest. Les classiques s’enchainent, avec des titres tirés du dernier opus s’insérant parfaitement dans la setlist (les percutants Firepower et Lightning Strike, ainsi que le très beau Rising from Ruins) et certains titres moins joués récemment, dont le génial Bloodstone ou le rapide Freewheel Burning que je n’avais jamais vu en live après trois fois ! Forcément, nous aurons encore droit à la Harley, aux vidéos représentants les clips…que de choses connus pour ceux les ayant déjà vu sur leurs (nombreuses) dernières tournées. Cependant, on sent que le Metal God peine parfois à se déplacer convenablement et que Scott Travis n’a plus la puissance d’antan derrière ses futs. On se dit que, inéluctablement, il faudra bien s’arrêter un jour. Ce même Scott Travis qui prend, comme toujours, le micro avant le tant attendu Painkiller qui lui redonne toute sa patate et fait tant souffrir un Rob qui n’en peut plus de chanter ce titre inchantable ! Le titre est aussi l’occasion de rendre hommage à Gleen Tipton avec les images de ses concerts qui peuplent les écrans géants. L’ambiance fut démentielle sur ce titre qui s’enchaina avec Metal Gods et Breaking the Law repris en chœur. On retiendra aussi un son capricieux (gros larsen de basse assez réguliers).

« Priest will be back » voit-on écrit en toile de fond. Peut-être faudra-t-il écrire, bientôt, le point final d’une aventure extraordinaire.

Setlist :  Firepower / Grinder / Sinner / The Ripper / Lightning Strike / Bloodstone / Saints in Hell / Turbo Lover / Prelude / Tyrant / Night Comes Down / Freewheel Burning / Guardians / Rising from Ruins / You've Got Another Thing Comin' / Hell Bent for Leather / Painkiller / Metal Gods / Breaking the Law / Living After Midnight

Therion (SWE)

Grosse surprise. 55 min plus violentes que prévu, des morceaux directs et trois vocalistes qui tiennent admirablement la baraque. Si nous n’avons pu voir le premier titre, seul extrait du triple dernier opus (le temps de faire le chemin après Judas Priest…), le reste fut intense et ce n’est pas l’enchainement The Blood of Kingu et le très death Din qui nous fera dire le contraire. Thomas Vikstrom et sa fille (tous deux au chant) tiennent parfaitement la scène et on sent un Christopher Johansson épanoui malgré ses projets de plus en plus en retrait de l’environnement metal. Le Hellfest venait aussi clôturer la très grosse tournée (plus de 80 dates) de Therion et le public fut très réactif ! Sons of the Staves of Time et The Rise of Sodom and Gomorrah termineront un concert très court pour un tel groupe mais très intense. Impossible en revanche de ne pas regretter le son beaucoup trop fort (le malheur de la Temple…) et mettant bien peu en relief la musique du groupe…à croire que les ingénieurs du son sont sourds ! Mais cette première journée se clôturait tout de même très bien. A demain !

Setlist : Theme of Antechrist / The Blood of Kingu / Din / Ginnungagap / An Arrow from the Sun / Wine of Aluqah / Lemuria / Der Mitternachtslöwe / Son of the Staves of Time / The Rise of Sodom and Gomorrow / To Mega Therion

 

 


3 Commentaires

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LostPhoenix - 04 Juillet 2018:

Merci pour ce live-report à l'intro très "alléchante" et rassurante.

Même si je ne suis pas adepte du style, je confirme, pour avoir fait face à Meshuggah au Download (pendant trois titres), que leur prestation sous tente de nuit, était particulièrement bien appropriée.

J'aurais vraiment voulu voir et entendre Stone Sour. Je suis donc un peu déçu par la "concision" de ton propos. Par contre, je suis surpris par ce que tu écris sur Steven Wilson, et ça me donne vraiment envie de le voir sur scène...

Eternalis - 07 Juillet 2018: Je ne connais pas Stone Sour en studio et on mangeait à ce moment là. Nous n'avons donc vu que la 2e partie, en attendant Judas Priest ;)
ArverneKeeper63 - 10 Juillet 2018:

Tu es dur avec Hollywood Vampire quand même. ça méritait d'être un peu mieux analysé à mon goît avant de qualifier ce concert ( avec notamment 2 légendes de la musique ) de " poubelle ". J'ai pas eu le même rescenti, j'ai pris mon pied comme pas possible. J.Depp est très talentueux à la guitare, puis surprise, il chant juste et magnifiquement. 

Par contre Judas Priest, j'ai survécu 5mn, après go go Satyricon où là c'était pas la même histoire. 

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