Hellfest 2017: Descente Aux Enfers - jour 1

le Vendredi 16 Juin 2017, Hellfest

365 jours d’attente et le jour J est enfin arrivé !! Après une préparation du camping-car, en essayant d’accomplir l’exploit de ne rien oublier afin de nous assurer un confort optimal, mon frère Guillaume et moi-même prenons la route, en ce jeudi 15 juin 2017, en milieu d’après-midi, en direction de l’enfer où la météo s’annonce torride. 90 minutes plus tard, arrivée à Clisson Rock City et première surprise. Là où nous avons dû patienter deux bonnes heures à l’entrée du parking, l’installation, cette année, ne prendra pas plus d’un petit quart d’heure. Nous retrouvons également rapidement le dernier membre de notre dream team, composée de votre humble serviteur, de Guillaume, mon frangin et de Edouard « La Poutre » notre frère de son. Après un passage au Metal Corner pour assister à la prestation du groupe tourangeau Born To Burn, qui délivre un hardcore, certes classique mais bigrement efficace. De retour à notre QG, les festivités vont pouvoir commencer, l’apéro et le barbecue aussi, pour le reste...tout ce qui se passe au Hellfest, reste au Hellfest.   Après une courte nuit de sommeil et l’impression qu’un nid de piverts a élu domicile à l’intérieur de mon cortex sans vraiment m’avoir demandé l’autorisation, un doliprane plus tard, nous voilà fin prêt pour l’ouverture du festival. L’organisation du festoche, qui avait promis de s’atteler à la trop longue attente lors de l’édition 2016, a véritablement réussi son pari, la fluidité d’accès vers le site, est à louer, aucune attente ne sera à déplorer. Voilà bien longtemps que je n’aie pas été présent à l’heure au premier concert du festival et pouvoir admirer cette pelouse verte et immaculée.



Verdun (FRA)

10h30 : A l’issue d’une discussion vive, je me suis laissé convaincre par Ed La Poutre, de commencer ce Hellfest 2017 sous La Valley, devant Verdun au lieu de Putrid Offal. Placés, comme d’habitude, devant à gauche, les montpelliérains débarquent...Longtemps, je me souviendrai de ce premier riff massif d’ouverture car, le cacheton avalé quelques minutes avant, n’a pas eu l’effet escompté, l’impression que mon cerveau, emmené par les piverts, pendrait la poudre d’escampette, en explosant l’arrière de mon crâne, est très palpable. Pourtant, la lourdeur de la musique délivrée par Verdun et de son chanteur complètement habité, vont ravigoter toute notre bande. Le groupe délivre un set massif, puissant et clair, une parfaite entrée en matière pour attaquer ce festival comme il se doit.

Sick Of Stupidity

11h40 : Après une petite pause où le pichet de bienvenue sera bu, nous prenons la direction de la Altar où le set des grindcoreux hollandais de Sick Of Stupidity va débuter. On ne va pas se le cacher, nous y allions pour nous divertir et, comme souvent au Hellfest, il y a des découvertes auxquelles on ne s’attend (Satan ?) pas. Peu aguicheur en support audio, le groupe, complètement déchaîné, servira ses morceaux (nombreux) avec une qualité technique indéniable et une énergie débordante, pour ce qui restera une vraie belle surprise de cette édition.

Wormed

12h50 : Wormed, quatuor ibérique, prend d’assaut la Altar, offrant une prestation de très haute volée, d’une brutalité et d’une précision chirurgicale, nous n’avons pas à faire à des manchots et cela s’entend. Le groupe marquera assurément les esprits de cette première journée. Parfait pour entamer l’apéro.

Après un repas succinct et quelques binouzes bien fraîches, votre serviteur décide d’aller faire la queue au stand de merch, peu impressionné par la file d’attente impressionnante. Et bien, mal m’en a pris ! Naïvement, j’ai cru que les stands seraient bien organisés et que l’attente serait relative. Il est clair que le personnel est en sous-effectif pour faire face à l’afflux important de chalands, car j’ai pu toucher le graal après 2 heures d’attente et la grande frustration (toujours présente) d’avoir assisté au concert d’Exhumed...sur écran géant, promis, c’est la dernière fois que je me fais avoir.

Krisiun

16h00 : L’heure du quatre heures et Krisiun s’empare de la Altar. Pour sa seule date en France, l’assistance est bien fournie. Le set des trois frangins est nettement supérieur à celui, qui avait laissé une impression plus que mitigée en 2013, les morceaux s’enchaînent sans aucune faiblesse, déclenchant slam et circle-pit, faisant débuter le règne de la poussière. Krisiun fera le boulot, aidé par un son massif et très puissant, un bon concert des brésiliens

Tagada Jones

18h35 : Malgré que je sois un deathters invétéré, je fais l’impasse sur Firespawn pour aller me placer, une fois n’est pas coutume, devant légèrement à droite pour le set de Tagada Jones que je t’attendais fermement (avec celui de Nails, mais pour d’autres raisons). Et ce, pour trois raisons que je vais vous exposer pour une bonne remise en contexte. D’abord, je suis le groupe depuis l’album « Manipulé », le punk, aux fortes entournures métal du groupe me plait beaucoup, c’est direct, franc, engagé et honnête. Puis, j’avais assisté de très  loin à leur concert en 2014. La troisième raison qui me tenait le plus à cœur, est de rendre hommage à ma cousine, Sterenna, décédé un mois et demi avant le Hellfest, auquel elle devait participer cette année et, qui était une fervente fan du groupe. Elle était d’ailleurs vêtue de la veste de Tagada Jones lors de son accident de la route, suite à une visite du site. Etant complètement rebuter par cette injustice (le mot est faible), j’ai donc contacté Niko Jones pour savoir s’il était possible de lui dédier la chanson « La Peste Et Le Choléra », proposition acceptée par le groupe. Voilà pour les explications.

Connaissant les prestations furieuses du groupe, j’ai prévenu mes comparses, venus me rejoindre, et qui fut l’occasion pour Ed La Poutre de laisser aller sa verve poétique et fine qui lui est propre (ou pas), que la Warzone ne portera jamais aussi bien son nom. C’est sans doute devant l’assistance la plus fournie du week-end, preuve de la notoriété sans cesse grandissante du quatuor, que la formation débarque sur scène avec le redoutable « Envers Et Contre Tout ». Comme attendu, le public est déchaîné et les slams déboulent de partout, ça bouscule, ça pousse, il faut vraiment s’accrocher, ce début de concert est vraiment intense et, à aucun moment, la tension ne faiblira. Le public est venu pour Tagada Jones et le groupe le lui rend bien, débordant d’énergie et visiblement très heureux. Le groupe enchaine avec « Zero De Conduite », puis « La Peste Et Le Choléra », le morceau tant attendu...et là, rien ! Que nenni ! Même si une grande frustration s’installe, je connais le groupe, je sais que ce sont des hommes de parole et que ce moment arrivera à un moment ou à un autre. Finalement, Niko dédiera la chanson à Sterenna à l’issue de « Vendredi 13 », en hommage aux victimes du Bataclan et avant « Je Suis Démocratie », qui fut l’occasion d’une belle poussée d’émotions. Le concert se terminera comme il a commencé, dans une folie furieuse. Tagada Jones est venu, a vu et a tout écrasé sur son passage. Je remercie vivement et profondément Niko et, l’ensemble du groupe, au nom de toute ma famille, pour ce moment inoubliable, il est certain que Sterenna a apprécié ce moment d’où elle était.

Setlist Tagada Jones :

  1. Envers Et Contre Tous
  2. Zero De Conduite
  3. La Peste Et Le Cholera
  4. Yec’hed Mad
  5. Instinct Sauvage
  6. Karim Et Juliette
  7. Tout Va Bien
  8. Pertes Et Fracas
  9. Descentes Aux Enfers
  10. Les Nerfs A Vif
  11. Vendetta
  12. Vendredi 13
  13. Je Suis Démocratie
  14. Mort Aux Cons

 

Cryptopsy

19h40 : Après ce set intense, retour aux sources, à la Altar, devant les canadiens de Cryptopsy, avec un léger retard, dû à l’engorgement de la Warzone dont l’extirpation fut très compliquée malgré les récents travaux. Les canadiens, à l’instar de Wormed, vont délivrer un set furieux, carré, brutal et précis, très axé sur l’album « None So Vile » pour notre plus grand plaisir. Matt Mc Gachy éructe toutes tripailles dehors, agrémenté de chant porcin du meilleur effet. Avec une communication minimaliste, les canadiens retourneront la Altar, pour un concert qui fera assurément partie de mon top 5 du week-end. Une sacrée fessée !!

Setlist Cryptopsy:

 
  1. Two-Pound Torch
  2. Mutant Christ
  3. Detritus (The One They Kept)
  4. Crown Of Horns
  5. Slit Your Guts
  6. Graves Of The Fathers
  7. Dead And Dripping
  8. Benedictine Convulsions
  9. Phobophile
  10. Lichmistress
  11. Orgiastic Disembowlement

Obituary

21h50 : Un petit burger au Hellsnack pour se remettre de nos émotions et je fais face à l’un des dilemmes du week-end. Etant un inconditionnel d’Obituary, je n’imagine pas assister à leur concert ailleurs que devant à gauche, la décision est donc prise de zapper Belphegor. Mes deux acolytes (alcooliques ?), ayant déjà vu les américains à maintes reprises, décidèrent d’aller sous La Valley pour assister à Electric Wizard, ou plutôt admirer la guitariste. Obituary débute son set par une triplette d’anthologie qui fait mouche (verte, évidemment) d’entrée, avec « Internal Bleeding », « Chopped In Half » et « Turned Inside Out ». Autant dire, que la Altar, blindée, est déjà à l’envers. L’intensité ne faiblira jamais et les floridiens enchaînent les morceaux de choix, avec une impression de rapidité supplémentaire, en comparaison à leur show mémorable de 2015. John Tardy s’égosille de son timbre si particulier et sa communication avec le public reste minimaliste. La mise en son est très massive, malgré un début assez brouillon (défaut corrigé dès « Chopped In Half »). Tout comme lors de l’édition de 2015, Obituary fait à nouveau trembler la terre clissonnaise, pour un concert mémorable.

Setlist Obituary:

  1. Intro
  2. Internal Bleeding
  3. Chopped in Half
  4. Turned Inside Out
  5. Visions in My Head
  6. Sentence Day
  7. A Lesson in Vengeance
  8. Dying
  9. Find the Arise
  10. Deadly Intentions
  11. Ten Thousand Ways to Die
  12. No Hope
  13. 'Til Death
  14. Don't Care
  15. Words of Evil
  16. Slowly We Rot

Marduk

22h55: Rejoints pour le reste de ma bande, nous assistons à l’entrée en selle des redoutables suédois de Marduk et leur black-metal brutal. Redoutables, il n’en restera que le terme car plutôt qu’un loup, Marduk semble avoir pris le rôle de l’agneau. Le son est abominable avec la guitare de Morgan qui semble avoir subit un régime Weight Watchers tant elle est en retrait dans le mix, et une mise en avant de la basse et de la batterie. Mais les suédois semblent peu concerné et surtout manque de hargne et de dynamisme, enchaînant les morceaux, que nous avons du mal à reconnaître, sans passion, sans envie, même Mortuus semble traîner sa peine. « Legion » et « Panzer Division Marduk » ne sauveront pas le quatuor du naufrage, un concert à oublier surtout au regard de leur prestation furieuse en 2013.

 

Setlist Marduk :

  1. Frontschwein
  2. The Blond Beast
  3. Of Hell’s Fire
  4. Materialized Stone
  5. The Levelling Dust
  6. Throne Of Rats
  7. Cloven Hoof
  8. To The Death’s Head True
  9. Souls For Belial
  10. Wartheland
  11. Legion
  12. Panzer Division Marduk

Autopsy (USA)

00h00 : Flanqué d’un backdrop de taille réduite, le combo légendaire prend d’assaut la Altar, avec, pour les néophytes, Chris Refert, batteur sur le référentiel « Scream Bloody Gore » de Death, derrière les fûts mais également aux vociférations. Il faut signaler qu’Autopsy effectue là sa première tournée européenne depuis 1990. « We are Autopsy and we play death fucking metal », voilà qui est clair. L’assistance, plus clairsemé, sans doute dû à l’heure tardive, reste attentive mais peu active. Le concert se déroule sans encombre, avec des compositions aux tempos variés, mais malheureusement, il ne décollera jamais. Il aurait sans doute été plus judicieux de mettre Obituary en TA, car il n’était pas chose aisé de passer après le quintet de Floride et, force est de constater qu’Autopsy n’a pas relever le challenge. Autopsy en Europe, c’est historique, donc, nous ne bouderons pas notre plaisir d’assister à un de leur show.

Setlist Autopsy :

  1. Twisted Mass Of Burnt Decay
  2. In The Grip Of Winter
  3. Severed Survival
  4. Strung Up And Gutted
  5. Voices
  6. Arch Cadaver
  7. Fleshcrawl
  8. Critical Madness
  9. Burial
  10. Pagan Saviour
  11. Embalmed
  12. Ridden With Disease
  13. Destined To Fester
  14. Gasping For Air

 

C’est ainsi que ce termine cette première journée en enfer...sur deux déceptions. Ces dernières n’entacheront pourtant pas ce vendredi riche en émotion, avec des prestations mémorables d’Obituary ou Cryptopsy, de belles surprises comme Verdun, Wormed ou Sick Of Stupidity et, évidemment Tagada Jones pour un concert inoubliable. La nuit se finira à notre QG, autour de bonnes binouzes, de crudités (oui, il en faut) et de discussions avec nos voisins venus de Limoges, même si, à notre avis, ils se couchaient un peu trop tôt (encore désolé pour le tapage nocturne).


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Armel_Avry - 25 Juillet 2017: Un report comme j'aime les lire : concis et bien argumenté. J'attends de lire les autres jours.
growler - 25 Juillet 2017: Merci beaucoup, la suite arrive très bientôt :)
MCGRE - 26 Juillet 2017: Merci Jérôme pour tout ça putain que j'aurais aimé y participé, l'année prochaine j'espère, sinon petite question HS qu'elle genre de boutiques tu tiens?
growler - 26 Juillet 2017: Un magasin de vente d'accessoires pour camping-car et caravanes.
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photo de HellfestClisson, Pays-de-la-Loire, France
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