Fleshgod Apocalypse (Motocultor Across Europe Tour)

le Mardi 17 Janvier 2023, Le Trabendo

C’est dans un froid et une humidité glaciale que Fleshgod Apocalypse et le Motocultor Across Europe posent leurs valises dans la capitale française, plus précisément au Trabendo ! Il faut pour le coup saluer l’initiative du festival breton qui propose en plus une affiche plus qu’alléchante et plus internationale que celle de son homologue du Hellfest ! Le plateau proposé est varié et si Insomnium, initialement prévu, ne sera finalement pas de la partie (remplacé par W.E.B), l’affiche est plutôt hétéroclite et annonce 4 belles heures de musique extrême et majoritairement symphonique. Place aux artistes.



Ethereal Sin

Les japonais ouvrent le bal à 19h10 pétantes et on remarque assez vite que les balances ne sont pas terminées tant le son est approximatif, les guitares beaucoup trop stridentes et le chant absent. Mais passé le premier titre, les choses vont entrer dans l’ordre et le groupe va pouvoir proposer son black sympho de qualité et très ancré dans la tradition scandinave des années 90 (les excellents “Millendium” et “Time of Requiem” sont chaudement recommandés)

Si le manque de charisme des musiciens vient probablement d’une absence régulière de scène, le frontman se démène dans sa théâtralité pour proposer une diversion à des musiciens plutôt statiques et timides. S’il a quelques difficultés à s’exprimer en anglais, cela n’enlève rien à la musique et à l’ambiance générale qui se réchauffe petit à petit pour finalement être très bien applaudi à la fin. Les musiciens ensuite auront été disponibles et souriants au merch. Un bon échauffement.

Dark Mirror Ov Tragedy

On reste en Asie avec les coréens du sud. L’ambiance est plus froid et sied parfaitement au black atmosphérique du groupe. Les claviers prennent de l’espace et l’influence du vieux Cradle of Filth est indéniable, particulièrement dans certains cris et dans les longs passages instrumentaux qui explosent après parfois quelques minutes presque ambiante. Le frontman joue beaucoup de ses poses et tient parfaitement la scène même si on regrettera encore d’autres musiciens plutôt statiques (la claviériste n’aura quasiment pas bougé d’un iota durant les 30 min). Un dernier titre très atmosphérique qui s’intensifie dans la violence aura plutôt convaincu l’assemblée, aussi discrète que le groupe, et pas encore enclin à vraiment se déchainer. Sympathique.

 

Nest of Plagues 

Changement de décor et d’ambiance dès les balandes de Nest of Plagues. Abandon des corpses paint, demoiselle aux cheveux roses, guitariste aux cheveux verts, guitares fluo, baguettes de batterie phosphorescentes … la jeunesse prend le pas et on sent bien que musicalement, ça sera différent. Bingo avec ces hongrois qui officient dans un deathcore / thrash efficace, concis et plutôt moderne qui va enflammer la foule assez rapidement. C’est efficace, le chanteur bassiste harangue la foule comme un Calavera, le premier circle pit apparaît et on sent une grosse maitrise de la scène et du show malgré le jeune âge des musiciens. Les deux gratteux sont plutôt techniques sans trop en faire et les titres enchainent les breakdowns pour se casser la nuque et se déchainer avec eux. Un petit speech sur la communauté metal et les maladies mentales (thème central de l’album et dont est visiblement victime le vocaliste) en plein milieu permettra un vrai contact entre le groupe et un public qui lui rend bien en l’acclamant à la fin. La première vraie sensation et chaleur de la soirée, même si le groupe était le plus décalé de la programmation (ce qui le fit probablement plus ressortir, point positif pour eux !).

 

WEB (GRC)

 Remplaçant au pied levé de Insomnium, les grecs de W.E.B, désormais signé chez Metal Blade auront marqué des points ! Le Quatuor (sans sa bassiste Hel Pyre) sort le grand jeu. Orchestrations massives à la Dimmu Borgir, ambiance démoniaque à la Rotting Christ, crâne sur le pied de micro, masque ritualiste sur le possédé “Dominus Maleficarum” et son surpuissant, le black symphonique des grecs fait mouche et montre une maîtrise sans pareille. Le frontman Sakis Darkface impose sa stature par son jeu de guitare et son chant très imposant tandis que le guitariste, malgré son visage grimé, interpelle par son sourire omniprésent et son bonheur visible d’être sur scène ! 

Cinq titres, c’est peu pour un groupe avec 5 albums et qui aurait mérité un peu plus de temps de jeu que la demi-heure alloué aux quatre premiers groupes. Mais le groupe aura surtout permis d’imposer sa musique et de se faire connaitre à un plus large auditoire, démontrant sa qualité sur scène autant que la précision qu’ils ont sur album (le récent Colosseum sorti en novembre est plus qu’excellent) ! Un groupe à soutenir pour les déçus des grands noms d’hier …

Fleshgod Apocalypse

Un long changement de décor, démontage de la batterie des précédents groupes, le rideau qui couvrait la batterie de Eugene Ryabchenko se dévoile, le piano à queue de Ferrini également, de magnifiques pieds de micro aux initialement de FA sont posés sur le devant de la scène et les 4 saisons de Vivaldi retentissent pendant une dizaine de minutes en guise d’intro. 

On sent la tension montée de plusieurs crans et la foule s’est énormément densifiée devant la scène. Les lumières s’éteignent, les italiens déboulent sur scène avec leurs costumes désormais connus et entament pied au plancher un “Fury” d’une brutalité délicieuse et radicale dès les premiers instants. D’abord trop fort, le son va rapidement se clarifier, particulièrement pour faire ressortir la voix de Francesco Paoli dans ce magma de rapidité et d’agressivité ! 

Le groupe maitrise désormais son art à la perfection et tient la scène de main de maitre. “Healing Through War” et l’énorme “Sugar” applatissent tout sur leur passage et la foule se déchaine complètement aux appels d’un Paoli qui ne dit pour le moment pas un mot entre les titres. Il va appeler les femmes à se faire entendre sur un Monnalisa qui permet enfin de baisser le pied sur la rapidité et de distinguer un Ferrini qui est malheureusement bien souvent noyé dans la profusion d’informations sonores que délivre la musique de Fleshgod Apocalypse. Ce dernier harangue la foule en quittant la scène à la fin du titre, les autres le suivent et seul Eugene reste derrière son kit alors que retentit l’introduction de “The Violation”. La clameur du public démontre sans aucun doute que “Agony” fait toujours figure de classique parmi les fans très majoritairement présents ce soir. Le morceau est un véritable rouleau compresseur et c’est une véritable furie qui s’abat sur le Trabendo pour ce titre d’une violence et d’une rapidité toujours aussi inouïe. Paolo est épaulé par Veronica pour les parties claires, la soprano officiant désormais en tournée avec le groupe et permettant d’intégrer toutes les parties féminines sans passer par la case sample. Epilogue sera d’ailleurs un sublime moment pour lui laisser beaucoup d’espace, la placer sur le devant de la scène et la laisser communiquer avec le public (“Ca va ? Désolé je ne connais que ces deux mots en français !”). 

Paoli se fendra ensuite d’un vibrant hommage au public, à la période de la pandémie et à remercier chaleureusement les spectateurs présents, en semaine, pour continuer à faire vivre la musique en live. C’est comme ça qu’il présente un “No” sonnant beaucoup plus catchy que les autres morceaux en live, avec un véritable appel à faire chanter les gens. 

“Vous en voulez plus ? Un titre ?”. Après que, bon joueur, chacun crie pour finalement entonner des “Ten ! Ten ! Ten”, c’est tout sourire que le frontman déclare “Je ne sais pas du tout ce que vous avez dit mais j’ai cru comprendre Trois. Donc on y va !” avant qu’Eugene ne fasse un cri d’aliéné parfait pour entamer “The Fool” et la destruction qui va avec. “The Egoism” poursuit sur le même mode “rouleau compresseur” avant que le désormais classique “The Forsaking” n’achève le concert sur une note plus atmosphérique, apte à laisser de la place encore une fois à Veronica pour un ultime partage avec le public. Un dernier solo de Fabio et les musiciens quittent un à un la scène, laissant bientôt Ferrini seul sur son piano terminer de la plus belle des manières un concert haut en couleur ! 

Si on peut regretter une absence de backdrop ou d’éléments plus imposants de décor (la scène du Trabendo n’est pas immense), force est de constater que FA est désormais un monstre scénique qui n’a plus rien à envier aux autres machines de Nuclear Blast. 1h15 de show, un vrai moment d’intensité et des fans ravis de l’intensité délivrée sur scène ! Une belle soirée !

 

Setlist

  1. Fury

  2. Healing Through War

  3. Sugar

  4. Monnalisa

  5. The Violation

  6. Prologue / Epilogue

  7. No

  8. The Fool

  9. The Egoism

  10. The Forsaking

 


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