Archgoat / Whoredom Rife / Theotoxin

le Mercredi 07 Décembre 2022, Le Petit Bain

Entité mythique du Métal extrême occulte (active de 1989 à 1993, puis depuis 2004), les Finlandais étaient de retour en France, à nouveau au Petit Bain. Ils étaient accompagnés cette fois des Norvégiens de Whoredom Rife ainsi que des Autrichiens de Theotoxin. Une soirée démoniaque en perspective !

 



Theotoxin

Un petit moment à patienter dans le froid le long de la Seine, avant de venir se réchauffer dans un petit bain qui nous accueille au son de « Mother North » de Satyricon ; la soirée commence bien ! Bon, quand même pas trop de folies car il y a placardé « Pas plus d’1 personne dans les W.C. Merci » sur les portes des toilettes ;-).

Les préparatifs terminés, c’est sur le son grave d’un prélude au piano de Rachmaninov que le quintette viennois formé en 2016 fait son entrée. Bas du visage couvert, corpse paint jusque sur le haut du crâne rasé pour les 2 guitaristes, et vraies têtes de méchants, ça ne déconne pas ! Pour en rajouter une couche, le chanteur mime un tranchage de gorge avec son pouce. S’en suit une musique blasphématoire dans une pénombre éclairée uniquement de faisceaux rouges ou bleus selon les titres.

Leur musique est rapide, saturée, malsaine. Quelques rares courts break (dont un me rappelle « Phoenix » de Satyricon) sinon, pas beaucoup d’occasions de souffler (ils ont choisi des chansons brutales pour ce show).

Rien d’original (il leur est reproché un manque de personnalité) mais c’est bien exécuté et on passe un agréable moment à l’écoute des 6 compositions issues de leur répertoire plutôt récent. En effet, tous les morceaux joués ce soir étaient issus de « Fragment: Erhabenheit » et  « Fragment: Totenruhe », leurs 2 derniers albums, respectivement sortis en 2020 et 2022 sur le label Art of Propaganda.

Assurément le groupe le plus rapide de la soirée même si le public est resté assez calme face à ce déploiement d’énergie.

L’anecdote, c’est lorsqu’un des mecs de la fosse placé juste devant moi repassait sur l'écran d’accueil de son téléphone entre deux prises de photos, on pouvait y apercevoir un cliché de chatons. Comme quoi, on peut être fan de Black Metal et avoir une sensibilité aux petites boules de poils !


 

Whoredom Rife

Formé dans un quartier de Trondheim en 2014 par un ancien de Keep Of Kalessin (entre autres) et un ex-Bloodthorn, Whoredom Rife nous délivre un Black Metal plus traditionnel et bien plus mid-tempo.

Ils ouvrent leur set avec « Curse of the Moon », première chanson de « Winds of Wrath », leur dernier album en date (sorti en 2021 chez Terratur Possessions). Bon choix, les métalleux commencent à se mobiliser en réaction à ces sonorités mixant atmosphères sombres et sons métalliques provoqués par les lacérations des guitares en mode trémolo picking. Le guitariste lead fait son petit effet sur scène et les éclairages qui se concentrent sur sa personne le temps de quelques instants contribuent à sa mise en avant.

Le reste des titres passe en revue leurs différentes productions (quand même 3 albums, 2 EPs et un split avec TAAKE en 5 ans seulement !) qui restent dans un style assez similaire de Black scandinave typé 90’s. De bonnes accélérations alternées à pas mal de breaks et de changements de rythmes.

Sympa même si, tout comme pour Theotoxin, rien de neuf sous la lune. Impression en effet de déjà-vu et entendu.

Archgoat

Après l’intermède Covid, retour au Petit Bain, comme en 2019 lors de leur dernière venue en France. Contrairement aux deux précédents groupes, ils ne sont que trois à nous broyer les oreilles : Lord Angelslayer (chanteur bassiste), Ritual Butcherer (guitariste) et Goat Aggressor (batteur).

Leur Metal extrême est old school et minimaliste, avec des passages étonnamment lents et lourds pour le style. Effectivement, les Finlandais cherchent à installer une ambiance écrasante, réduite à sa plus simple expression ! Certains chants enregistrés, les effets de fumée ainsi que les nombreux faisceaux rouges (comme la couleur du logo d’Archgoat) éclairant partiellement les membres du groupe ont joué leur rôle.

On a donc eu le droit à une atmosphère pesante à souhait, dommage que je reste réfractaire à la voix de de Lord Angelslayer (sur disque comme en live), ce qui m’a empêché de pleinement apprécier les compositions.

Ça s’est un peu bousculé dans la fosse mais on aurait pu s’attendre à plus d’engouement. Il faut dire qu’ils n’ont joué que 12 titres - depuis « Angelcunt (Tales of Desecration) » (leur EP de 1993) au dernier album en date « Worship the Eternal Darkness » (2021) - alors qu’ils avaient pu en faire 21 en septembre 2019. Il est vrai par ailleurs que c’était un samedi et qu’il est moins évident de mettre le feu en milieu de semaine (c’était un mercredi cette fois), surtout dans une salle pas tout à fait complète. Donc c’est resté sage et les fans ne sont pas montés sur scène pour des dizaines de slams comme ça avait été apparemment le cas il y a 3 ans.

22h30 : fin du spectacle, pas de rappel. De la déception s’est fait entendre. Etrange également qu’ils n’aient pas joué de morceaux de leur récent EP « All Christianity Ends » (sorti chez Debemur Morti Productions en avril 2022).

 

NB : ce concert était l’occasion de rencontrer Kasha, Absymael et Miskatonic de Spirit Of Metal. Avec une pensée spéciale pour Ravendark qui n’a finalement pas pu se joindre à nous.


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photo de Le Petit BainParis, Ile-de-France, France
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