Sortir de l'ombre d'un grand frère ou d'une grande soeur n'est pas chose facile: cela demande de la persévérance, de la force et un esprit presque indomptable pour voler de ses propres ailes et se créer une identité indépendante de ceux qui étaient là avant. Arrivé tout droit de Grand Rapids dans le Michigan (une ville dense qui existe dans l'ombre de Detroit Rock City et de sa fameuse scène rock n' roll), Still Remains est le type même du groupe qui accepte ses influences musicales tout en étant déterminé à les amener dans de nouvelles directions. Still Remains fait une musique complexe: profonde, passionnée et pleine d'espoir. Mêlant guitares mordantes, claviers atmosphériques et batterie cadencée, ce quintette d'Amérique profonde a plus en commun avec les groupes européens In Flames et Soilwork qu'avec tout ce qui est jamais sorti de Motor City.
Avant Still Remains, le frontman T.J. Miller, le guitariste Jordan Whelan et le claviériste Zach Roth jouaient dans un groupe de metalcore, Shades of Amber, tandis que le bassiste Evan Willey était dans Unition. Il y a quelques années les deux groupes splittent et T.J. et Jordan demandent à Evan de monter un groupe avec eux, bientôt rejoints par Zach, et de former ce qui allait devenir Still Remains. Le batteur A.J. Barrette est rapidement integré, complétant le line-up. Le groupe joue alors partout où il est possible de jouer dans les environs de Grand Rapids et leur son fait immédiatement forte impression, creusant un fossé dans la scène musicale locale et offrant une alternative intelligente à celle-ci. Visant un public jeune, Still Remains canalise une gaieté débordante et une atmosphère où la musique est ce qui importe vraiment et non un bruit de fond. Evan explique : "On aime les concerts où les gens participent , où ils dépensent de l'argent en T-shirts et en CDs plutôt qu'en bière. Je pense que c'est plus intelligent."
Tout est parti de là. Still Remains avait déjà quelques fans fidèles à la sortie de ses EP autoproduits, et son premier album « If Love Was Born to Die » sorti sur un label indépendent en 2004, s'est vendu à 5,000 exemplaires aux Etats-Unis. Le groupe ouvre alors pour de plus gros groupes comme Poison the Well, As I Lay Dying, Every Time I Die etc.
C'est grâce à cette impulsion qu'ils retiennent l'attention de Roadrunner, signent avec le label et peu de temps après entrent en studio avec le producteur GGGarth Richardson (Rage Against the Machine, Kittie). "On le connaissait avant de travailler avec lui, parce qu'il a produit quelques-uns de nos albums préférés," remarque Evan. "C'était facile et flippant en même temps de travailler avec lui. On s'est senti bien mais il a repoussé nos limites." Le résultat est Of Love And Lunacy, un album qui ne suit pas vraiment les sentiers habituels du metal et ses plus vite, plus fort, mais plutôt le style de musique qui te fait te redresser et te sentir plus fort face à ce monde cruel. White Walls est mené par une section rythmique implacable et des riffs brûlants, grondant avant de prendre son envol, avec un chant oscillant entre le grognement et le fredonnement aérien. The Worst Is Yet To Come est un hymne en devenir, changeant d'orientation en plein milieu du morceau et passant du hardcore le plus hargneux au refrain imparable, les claviers omniprésents de Zach ajoutant une profondeur et une certaine atmosphère au tout. Il n'y a pas deux morceaux sonnant pareil sur « Of Love And Lunacy » : chacun prend une chemin différent pour atteindre sa finalité créative.
Bien que « Of Love And Lunacy » ne soit pas un concept album, il était important pour le groupe de maintenir un thème cohérent entre la pochette, le livret et les morceaux de l'album. T.J. s'explique : Pendant l'écriture de cet album j'alternais les phases de bonheur et de douleur extrême. J'écrivais sur ce que je ressentais et les mots love (amour) et lunacy (folie) représentent ces émotions. Les couleurs dans les deux files de gens sur la pochette symbolisent l'amour et la haine, d'où le titre de l'album."
Maintenant bien établi dans le Midwest grâce à des tournées intensives, Still Remains a l'intention de faire en sorte que « Of Love And Lunacy » soit un tremplin pour atteindre un public plus large. "On adore être sur la route. On adore faire des concerts et d'ailleurs ça nous manque. Ça fait trop longtemps qu'on est à la maison, on est en manque de tournées." Leur tourbus devrait y laisser ses pneus cette année à force de tourner inlassablement aux Etats-Unis et dans le monde.
"Ce groupe est ce qui nous passionne le plus," dit T.J. "C'est une chance. Je pense que tout ce qu'on a fait auparavant allait dans le sens de Still Remains. On veut vraiment permettre au groupe d'être exposé au plus de monde possible." C'est cette obsession qui a poussé Still Remains à sortir de l'ombre. Mécontent d'être le vilain petit canard de la lignée rock de Detroit, Still Remains mixe habilement talent et ambition afin de nous administrer une fessée retentissante qui amènera l'auditeur à écouter cet album avec attention dès la toute première note.
Source : www.transbordeur.fr

