Zoon

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Nom du groupe The Nefilim
Nom de l'album Zoon
Type Album
Date de parution 1996
Style MusicalDeath Gothique
Membres possèdant cet album12

Tracklist

1. Still Life
2. Xodus
3. Shine
4. Penetration
5. Melt (The Catching of the Butterfly)
6. Venus Decomposing
7. Pazuzu (Black Rain)
8. Zoon (Parts 1&2/Saturation)
9. Zoon (Part 3/Wake World)
10. Coma

Chronique @ eulmatt

13 Mai 2010

un croisement hybride entre l'onirisme et la noirceur des atmosphères goth et la puissance du metal

Disposition préliminaire : désamorcer le quiproquo entourant le nom The Nefilim. Première question, y a t-il un rapport entre The Nefilim et le fameux Fields of the Nephilim, l’un des plus sombres – et des plus doués – groupes de goth rock britannique de deuxième génération ? Malgré la subtilité orthographique, la réponse est oui. Le fondateur de The Nefilim n’est autre que Carl MacCoy, leader charismatique du légendaire groupe gothique. Deuxième question, plus délicate : The Nefilim est-elle la même entité que FOTN, maquillée sous ce nom d’emprunt ? Pour répondre il faut se remettre dans le contexte. Alors que FOTN est au firmament, McCoy quitte le groupe en 1991, pour des raisons pas forcément très claires. Le reste de l'entité poursuit sa route, en décidant toutefois de changer de nom pour Rubicon. Cela permet à McCoy une pirouette, puisqu’il remonte un solide line-up de son côté, et choisit un nom lourd de sens, qui lui permet de se proclamer comme le vrai héritier de Fields of the Nephilim. Les fans du groupe gothique trancheront, mais le bon moyen de répondre reste bien de se pencher sur Zoon, premier et unique album de The Nefilim à ce jour.

Retardé de plusieurs années (la genèse du disque se fait dans les années 92-93), Zoon finit par sortir sous la houlette du label indie Beggar’s banquet…le label de FOTN.
La réponse à la seconde question intervient très vite, il ne faut guère plus des deux premiers morceaux pour constater que Zoon est un disque de metal. Et du puissant. La longue montée en régime de l’introduction, avec son atmosphère apocalyptique et son riff sourd qui arrive en cavalant sur fond de double, un growl colérique du sieur McCoy en guise de hors d'oeuvre vocal…et l’enchaînement musclé avec Xodus qui confirme la tendance : on entend bien un metal industriel puissant, aux confins du death metal.
McCoy n’a quand même pas pris le parti risqué d’abandonner complètement ce qui faisait la force musicale de Fields of the Nephilim. La fureur des premières minutes digérée, le metal indus de Zoon réintègre quelques composantes gothiques, avec la présence d’arpèges délicates, chant « clair » (le timbre rocailleux de McCoy reste atypique, le même qui faisait déjà l'un des points forts de FOTN) et breaks au registre plus émotionnel que le rouleau compresseur industriel. En fait, passé par la première surprise du changement marqué de style, on perçoit mieux la démarche musicale de The Nefilim : conserver la noirceur, le désespoir et l’émotion hérités de son héritage rock gothique, pour les sublimer dans la puissance du metal, les mettre en relief par la toile de fond apocalyptique tissées par les compositions de Zoon.

Celui-ci a semble-t-il été bâti dans une logique globale, avec un enchaînement subtil de temps forts et de temps plus faibles, sorte de clair/obscur dont la veine gothique est friande.
L’album attaque donc par deux temps forts dont nous avons déjà parlé, et enchaîne ensuite sur un morceau plus nuancé, Shine, avec un travail de composition plus traditionnel : les vocaux redeviennent chantés, le death/indus s’efface vers un metal plus aéré, bâti sur des couplets mélodiques et une recherche plus systématique de l’émotion. Nouveau temps fort avec l’emballant Penetration : lancé plein fer sur un solide tempo et un riffing musclé, ce morceau est sans doute le meilleur résultat de la fusion d’un metal indus catchy, vigoureux, et d’un chant imposant, subtilement alterné entre l’agressivité des couplets et le lyrisme du refrain, où le sens de la mélodie de McCoy vient rehausser avec bonheur la puissance froide du morceau. Ce moment intense du disque est contrebalancé par l’onirique Melt, lancinant cauchemar initimiste, dépouillé, atmosphérique. Un superbe travail de finesse, plus tourné vers un darkwave / ambient que vers le metal indus.
En bref, cinq morceaux bien ficelés, qui sans faire dans l’ultra-technique ni révolutionner le metal, donnent un rendu assez convaincant, en étant bâtis pour l’essentiel sur de solides fondations de metal indus musclé, avec ce qu’il faut de touches atmosphériques et mélodiques pour se raccrocher à l’univers du grand frère goth rock.
Le problème, c’est que l’ambitieux Zoon s’essouffle nettement par la suite. Si l’ossature reste pensée sur le même concept (des alternances de violence et de respirations dans un esprit assez noir), le contenu des compos, lui, ne suit pas. Pazuzu, bloc dense au riffing thrashy, n’a pas grand chose de plus à proposer que sa puissance monolithique; quant au progressif Zoon (qui par moment renoue avec l'atmosphère du grand frère) avec sa construction ambitieuse en 3 parties, il se noie malheureusement assez vite par la faiblesse de son écriture, un enchaînement d’un quart d’heure de passages assez ennuyeux, où les quelques tentatives de montée d’adrénaline s’asphyxient par leur relatif manque d’imagination.
L’enveloppe charnelle de Zoon finit donc par se vider de sa substance. Le meilleur de celle-ci réside sans doute dans des morceaux comme Xodus et Penetration, inspirés et bien équilibrés.
Seul hic, ils étaient déjà présents sur l’EP sorti quelques temps avant Zoon

L’album laisse donc un goût mitigé, même si la manière dont on l’appréhende influence directement le jugement qu’on lui porte.
Intrinsèquement, Zoon reste un disque correct de metal indus puissant aux relents de death, avec quelques touches atmosphériques séduisantes, oscillant entre le bon et le moyen.
Historiquement, et notamment pour les fans de Fields of the Nephilim, il incarne également un croisement hybride entre l'onirisme et la noirceur des atmosphères goth et la puissance du metal. Le fruit de cette genèse reste toutefois imparfait. Mais pour autant, Zoon reste à ce jour un exemple atypique d’une légende du mouvement gothique qui franchit le pas vers le heavy metal, à une époque où inversement, nombre de groupes de metal assument cette influence.
Et malgré ses imperfections, Zoon est quand même suffisamment séduisant pour nous faire regretter le fait que The Nefilim se soit arrêté là dans l’exploration de cette voie.

Signalons enfin, pour la petite histoire, que lors de la reformation de Fields of The Nephilim, Zoon a été « adopté » comme enfant naturel, et certains de ses morceaux sont joués en concert...

1 Commentaire

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BEERGRINDER - 14 Mai 2010: Fields of The Nephilim a toujours été pour moi un nom d'un passé lointain, rien de plus.

Apparemment The Nefilim en est une version plus thrashy voire "Deathy" si je me base sur ta rédaction.

En tous cas en parlant d'Indus tu m'as donné une idée pour une rédaction prochaine hé hé...
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