En ce début d'année, la scène
Deathcore se montre très active avec de nombreuses sorties (
Suicide Silence,
Aversion Crown,
Within The Ruins et j'en passe). Tant de colosses qui font énormément d'ombre aux modestes formations. Et pourtant, les jeunes formations semblent être celles qui sortent les meilleures galettes. Nous verrons donc ensemble durant cette chronique si nos anglais de
Martyr Defiled dérogent à cette règle ou si notre quintet a eu l'inspiration, le prodige de nous avoir pondu un album démesuré.
Après une dernière composition ma foi plutôt encourageante, en dépit d’une batterie trop mise en avant (registre
Deathcore oblige) et d’un chant étrangement familier, le groupe réapparait après trois longues années avec ce nouvel album :
Young Gods. Une pochette qui interpelle assez rapidement avec cette libellule noire sur un fond blanc : des couleurs radicalement opposées et une « première de couverture » qui, au premier abord, ne nous fait absolument pas penser à un album de
Deathcore.
Et pourtant, il y a un peu plus d’un mois, la formation anglaise nous révèle un premier morceau de leur nouvel opus du nom de « At The Throne Of
Salem ». Bienheureux de voir que notre quintet, vocalement parlant, garde toujours une pêche d’enfer ; déconcerté également d’accueillir un morceau extrêmement lent, instrumentalement parlant mais réjoui de percevoir une batterie qui ne nous agresse pas les tympans. Satisfait également d’écouter le premier breakdown, formidablement bien exécuté à tous les niveaux. Un premier jet très prometteur pour la suite même si celui-ci ne révolutionne en rien le genre.
En un rien de temps, nous avons eu l’exclusivité d’entendre un second morceau : Sins Of The Father. Celui-ci est catégoriquement opposé à At The Throne Of
Salem. En effet, cette chanson se montre plus prompt, plus perfectionnée, avec la réjouissance de percevoir le premier solo de guitare (un peu trop court ?). En revanche, les erreurs du passé refont surface avec, de nouveau, une batterie un peu trop lourde mais qui reste moins gênante qu’auparavant. Un morceau qui peut également paraître redondant (refrain – couplet – refrain – couplet) ce qui est dommage. En ce qui concerne la composition des paroles, il n’y a pas grand-chose à redire : c’est du tout bon.
Il aura fallu attendre la sortie de l’album pour pouvoir entendre le reste des compositions. Bury Your Corpses Deep nous fait étrangement penser à un autre morceau d’une autre formation de
Deathcore : je veux bien sûr parler de Holy
War de
Thy Art Is Murder. En effet, il s’agit exactement des mêmes riffs de guitare. Même si la chanson fait bonne figure, il est assez regrettable qu’elle soit copiée sur une autre ce qui montre, entre autres, un cruel manque d’originalité. Their Souls Are Mine intercepte immédiatement l’auditeur avec un vocal que l’on a très peu entendu sur les précédents albums et qui n’est pas si désagréable. Les deux featurings se montrent être les meilleurs morceaux de l’album (notamment Carpe Diem, celle qui m’a le plus interpellée). Le mélange entre chant hurlé et chant growlé est réussi, contrairement à beaucoup de formations, nous n’avons pas le tap-tap embarrassant de la batterie et nous gardons le côté tribal des autres compositions. De quoi pouvoir vous procurer des headbangs jouissifs.
Through Famine,
War &
Scorn ne marquera le coup que par son breakdown intense, sa brutalité et ses … sirènes d’alarmes ???, le reste étant du déjà-vu. Dernier point, et pas des moindres, Pestillent Bastille, un morceau mélangeant thrash et deathcore. Une combinaison payante et qui montre enfin que nos anglais peuvent faire preuve d’authenticité.
Que dire finalement de
Young Gods ? Celui-ci reste dans la continuité de ce que
Martyr Defiled nous a proposé auparavant. Avec des morceaux à très forts potentiels (Carpe Diem, Pestillent Bastille) et des morceaux presque insatisfaisants (Bury Your Corpses Deep, Sins Of The Mother), le groupe n’a pas encore trouvé l’équilibre entre ses compositions. Même si certaines erreurs ont définitivement disparu, d’autres sont apparues. En tout cas, le groupe continue à nous tenir en haleine et à vouloir que l’on continue à les suivre, ce qui est prometteur. Amateurs et connaisseurs, la libellule de nuit vous appelle !
Pour avoir entendu des lives des deux groupes, je peux t'assurer que Thy Art envoie bien plus la sauce que Martyr.
Et pour point de comparaison, si je devais choisir entre Holy War et At The Throne Of Salem, je prendrai le premier car plus mélodieux et plus "recherché". Mais cet album reste quand même un bon album ;)
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