Yet I Remain

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16/20
Nom du groupe Pandora's Key
Nom de l'album Yet I Remain
Type Album
Date de parution 27 Janvier 2024
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 1779
Ecouter03:18
2.
 De Bockereyder
Ecouter04:52
3.
 Ariadne
Ecouter04:57
4.
 Freedom’s Call
Ecouter03:43
5.
 Falls the Shadow
Ecouter03:16
6.
 The Keening
Ecouter06:16
7.
 Kindling Ilre
Ecouter03:50
8.
 The Flying Dutchman
Ecouter03:33
9.
 Icarus
Ecouter05:06
10.
 Per Ardua
Ecouter06:26

Durée totale : 45:17

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Pandora's Key



Chronique @ ericb4

07 Fevrier 2024

C'est en pente ascendante que s'effectue le vol de l'escadron batave...

Les événements se sont précipités pour le combo néerlandais depuis son introductif et sémillant EP, « Prometheus' Promise », sorti il y a sept ans déjà. D'aucuns n'étaient alors pas loin de penser, à tort, les espoirs d'évolution de ce ixième projet de metal symphonique à chant féminin à jamais envolés. Se plaisant à déjouer tout pronostic, et plutôt que de chercher à essaimer ses riffs coûte que coûte, la méticuleuse araignée batave tissera savamment sa toile...

Aussi, comme pour mieux nous préparer à ce qui va s'ensuivre tout en renouant avec ses vibes d'hier, le collectif nous livrera, deux ans plus tard, un single live 2 titres, « Live at Sound Dog » ; une laconique mais truculente offrande nous permettant dès lors non seulement de parcourir « Shattered » sous un autre jour, l'un des morceaux phares de son initial mouvement, mais aussi de découvrir une plage inédite, « Ariadne » qui, elle, s'inscrira parmi les 10 pistes de son premier et présent album full length, « Yet I Remain ». Et histoire de nous offrir un regard alternatif à la poignante ballade « Ephemeral Ethernity », le groupe nous en octroiera, en 2020, une touchante version acoustique. De réjouissantes réminiscences qu'interrompra un process d'écriture de près de trois ans, soldé par deux singles, « De Bockereyder » et « Falls the Shadow » successivement, que quelques semaines à peine séparent du présent album studio. A la lumière des 45 optimales minutes inscrites à son compteur, ce « Yet I Remain » offrirait-il à nos acolytes l'opportunité de s'illustrer parmi les valeurs montantes de ce si concurrentiel registre metal ?

Dans ce dessein, une refonte du line-up s'est opérée depuis notre première traversée, la troupe officiant, par là même, dans un heavy/power mélodico-symphonique aux relents dark gothique, progressif et folk, et désormais à chant mixte : si l'on retrouve bien Sebastiaan Pongers (ex-Scripted Memories, ex-Rhovanion) aux guitares et Regine Lotstra à la basse, le claviériste Desmond Robberegt (ex-Day Six, ex-Xystus) a, lui, quitté le navire. D'autre part, Patrick Sacré (ex-FireForce, ex-Mondvolland) se verra substitué par Dimmy Marcelissen (Hallowed Fire, ex-TerraDown) à la batterie, quand Bram Luiken a, pour sa part, apporté son concours à la guitare rythmique. La chanteuse au chatoyant timbre de voix Maaike Rijk (ex-Tremor, ex-Cassiopeia), quant à elle, a été remplacée par la chanteuse aux angéliques inflexions Vera Velhuizen à laquelle s'est adjoint, plus récemment, le poignant growler Rik van Schaaik (feu Shade Of Hatred). C'est là le point de départ d'une toute nouvelle aventure pour nos valeureux gladiateurs...

De cette étroite collaboration naît un propos aussi pulsionnel et rayonnant qu'épique et romanesque, cette fois, dans la veine de Delain, Epica, Ancient Bards et Lyriel, où une technicité instrumentale maîtrisée a pour corolaire de grisantes lignes mélodiques. Un soin particulier a également été apporté à la production d'ensemble de la rondelle. Aussi y décèle-t-on, d'une part, un fin mixage, signé Fieke van den Hurk (pluri-instrumentiste néerlandaise (Tvinna, ex-Cesair, guest chez Leaves' Eyes et Kingfisher Sky), ayant notamment mixé certaines productions de Solarcycles, Myrkur et Kingfisher Sky)) ; l'opus bénéficie parallèlement d'un mastering affiné, assuré par Florian van Tuil (guitariste (feu Shade Of Hatred), ayant parallèlement mixé et mastérisé plusieurs albums et EP (Plague, Spectrum Of Delusion...)). Pour mettre les petits plats dans les grands, l'artwork a été laissé aux mains expertes du musicien, graphiste et fondateur du Darkgrove Design : Jan Yrlund (Amberian Dawn, Dark Sarah, Delain, Imperia, Imperial Age, Korpiklaani, Pyramaze parmi tant d'autres). Tous les voyants seraient donc au vert pour qu'une croisière des plus sécurisées nous soit promise...

Et les premières mesures de la galette ne sauraient démentir l'agréable sentiment d'être aux prises avec une œuvre d'envergure et des plus démoniaques, apte à générer quelques frissons. Ainsi, suite à « 1179 », énigmatique et orageuse entame instrumentale d'inspiration cinématique et folk qu'une imposante muraille de choeurs se charge de relayer, les éléments ne sauraient tarder à se déchaîner. Aussi, c'est dans un vaste champ de turbulences que nous place son voisin de bobine, « De Bockereyder », un échevelant et anxiogène up tempo power symphonique aux virulents coups de boutoir, à mi-chemin entre Ancient Bards et Epica. Mis en exergue par un duo mixte en voix de contraste bien habité et en parfaite osmose, le tempétueux méfait poussera assurément à un headbang bien senti et quasi ininterrompu. Dans cette mouvance, impulsé par une chorale en liesse et recelant un break opportun que balaiera une bondissante reprise sur la crête d'un refrain qu'on entonnerait à tue-tête, le ''tubesque'' et percutant « Freedom’s Call » saura, à son tour, se jouer de toute tentative de résistance à son assimilation. Enfin, comment résister à l'envie d'esquisser un pas de danse sur « The Flying Dutchman » ? A la fois empreint de jovialité et d'élégance, ce violoneux mid/up tempo syncopé folk symphonique à la croisée des chemins entre Lyriel et Eluveitie offre un regard alternatif susceptible de laisser quelques traces dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon.

Quand il en vient à flirter avec le progressif, le collectif batave ne s'est guère avéré plus malhabile, loin s'en faut. Ce qu'atteste, d'une part, « Falls the Shadow », vibrant et graduel effort power symphonique à mi-chemin entre Delain et Ancien Bards ; démarrant sur des chapeaux de roue, l'intrigant manifeste en vient l'espace d'un instant à se muer en une savoureuse ballade atmosphérique avant de nous projeter aussi soudainement que durablement sur une terre de lave en fusion. Jouissant de couplets finement ciselés, relayés chacun d'un refrain immersif à souhait et mis en exergue par les cristallines impulsions de la déesse, que suit à la trace une chorale en liesse, ce hit en puissance ne se quittera qu'à regret. Dans une visée heavy symphonique s'illustrent, à leur tour, « Ariadne » comme « Icarus », deux torrentielles et ''delainiennes'' offrandes ; l'un, jouant à plein sur de saisissants contrastes atmosphériques, rythmiques et oratoires et témoignant d'arrangements instrumentaux de bonne facture, le second, dévoilant un fringant solo de guitare, c'est dire que ces deux engageants efforts ne seraient pas davantage dépourvus d'armes effilées pour asseoir leur défense, tant s'en faut.

Mais ce serait à l'aune de leurs pièces en actes symphonico-progressives que nos compères seraient au faîte de leur art. Ce que prouve, en premier lieu, « The Keening », espace d'expression polyrythmique et aux riffs épais qui, au fil de ses 6:16 minutes d'un parcours épique et cinématique dévoile de romanesques effluves ; si de délicats arpèges au piano introduisent la fresque, de saillants coups d'olives leur succéderont prestement. Ce faisant, on ne saurait résister à l'appel de la sirène au fil de l'infiltrant cheminement d'harmoniques que le rayonnant manifeste nous invite à suivre. Bref, une pièce d'orfèvre réalisée par nos maîtres d'œuvre. Dans cette énergie, le félin et ''xandrien'' low/mid tempo « Per Ardua » nous place au cœur d'un souriant paysage de notes tout en diversifiant ses phases percussives à l'envi. Aussi passe-t-on sans ambages d'une ambiance ouatée que l'on croirait échappée d'une romantique ballade à des passages un poil plus enlevés, mis en habits de lumière par les troublantes patines de la maîtresse de cérémonie que suit à la trace une chorale aux abois. Et la sauce prend, là encore, sans tarder.

Est-ce à dire qu'un sans-faute serait au bout du chemin ? Pas tout à fait... Ce qu'illustre « Kindling Ilre », up tempo à la fois tourmenté et à l'atmosphère crépusculaire ; estampée dark symphonique gothique, cette frondeuse piste se voit parsemée de tenaces linéarités mélodiques. En dépit de growls aussi frissonnants que judicieusement positionnés, les répétitives séquences d'accords inscrites dans la trame de la gorgonesque offrande peineront à convaincre de l'efficacité du propos.

Le temps a, semble-t-il, joué en la faveur du sextet néerlandais : celui-ci nous octroie, dès lors, un propos aussi éruptif et rayonnant qu'empreint de noirceur et de mystère, témoignant d'une ingénierie du son et d'arrangements de bonne facture, et non sans réserver quelques surprises aux fans de la première heure. Diversifiant pourtant son propos sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, pour espérer impacter plus immédiatement encore un tympan déjà familiarisé avec les vibes de ses maîtres inspirateurs, le combo aurait gagné à varier davantage ses exercices de style, ballades et autres duos manquant à l'appel. De relatives carences compensées par une technicité instrumentale affermie, des lignes mélodiques finement sculptées et la force de la charge émotionnelle générée. Autant de qualités susceptibles de placer dès lors nos compères parmi les valeurs montantes de cet espace metal. Bref, à l'aune d'un album ne manquant ni d'allant ni de panache, c'est en pente ascendante que s'effectue le vol de l'escadron batave...

Note : 15,5/20

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