Troisième full-length pour les Norvégiens de
Manifest qui bien que très actifs, ont encore du mal à être réguliers dans la cadence de sortie des albums. Formé en 1999 par des membres de
Atrox et
Griffin, il leur aura suffit d'un seul opus, « Half
Past Violence » en 2005, pour figurer au Wacken Open Air la même année.
Fort de compositions énergiques et furieuses, mélangeant habilement thrash metal et touches de death metal,
Manifest aura quelque peu conquis le cœur d'amateurs désireux de se mettre quelque chose sous la dent. Partageant la scène avec des groupes réputés tels que
Malevolent Creation ou
Meshuggah, les Scandinaves auront beaucoup appris en plus de dix ans de formation, arrivant à apporter à leurs titres un dynamisme contagieux et un riffing assez maîtrisé.
2011 voit donc l'arrivée de « Written in
Blood », produit par
Knut Prytz (
Keep Of Kalessin,
Bloodthorn, Necrophagia), octroyant à cette nouvelle sortie un son digne de ce nom, bien que peut-être trop compressé. Cependant,
Manifest, avec leur onze morceaux, adoptent un style moderne dans l'élaboration de leur thrash/death metal, tout en se rapprochant de façon paradoxale et par moments de
Slayer ou de
Lamb Of God. Le métissage est donc particulier mais loin d'être repoussant, le groove étant là ainsi que l'expérience du quatuor qui ne lésine en rien sur le côté percutant des riffs.
Si l'album s'ouvre avec un « Tonnie
Von Adelaine » plus old school dans son approche, « They'll Have to Carry Me
Home » étonne par sa rythmique contagieuse et ses drôles de percussions, tout en nous offrant une belle progression, ainsi que dans «
Savage », à la limite du tribal style
Sepultura. A contrario, un « Food for Flies » montre plusieurs facettes, dont une certaine patte « djent » et son riff dissonant dans l'introduction, avant d'atteindre un «
Pitch Black Inside » plus sombre et atmosphérique et un « A.45 to Pay the Rend » proposant quelques saccades, un chant hargneux tirant sur le growl, et une basse très vive.
Étonnamment, certains titres révéleront un soupçon de mélodies arabisantes dans le riff, proche du travail d'
Acrassicauda sur leur EP « Only the
Dead See the
End of the
War », sans non plus être très poussé. Les parties death metal ne sont pas très poussées non plus, car même si quelques passages lourds menés par un growl agressif apparaissent de ci de là, ce sont bien les rythmiques thrash qui dominent, guidées par un groove certain et une énergie dont
Manifest semble avoir le secret.
Avec ce « Written in
Blood », les Norvégiens arrivent à apporter un ensemble très punchy, mélangeant autant le thrash traditionnel et le thrash moderne. Toutefois, il manque un peu plus de personnalité et de diversité dans le riff, principalement, même s'il faut l'avouer, tout reste plus ou moins accrocheur. A voir selon vos envies.
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