Si la scène metal française peut aisément se vanter de ses nombreuses formations de metal extrême, elle reste un éminent bastion de résistance face à l'envahissante vague metalcore, et de manière générale, face à la scène -core, là où nos voisins les plus proches, à l'instar du Royaume-Uni ou de l'Allemagne, ont succombé à la tentation. Néanmoins, et de façon assez récente, quelques groupes en provenance de l'Hexagone ont réussi à tirer leur épingle du jeu, s'imposant sur la scène nationale (
Eths, The Arrs,
As They Burn …) et même commençant, prudemment mais sûrement, à conquérir la scène internationale, ce dont témoigne le succès fulgurant de
Betraying The Martyrs, par exemple. Mais rentrons dans le vif du sujet : nous avons ici affaire à
Dust-Theority, jeune groupe parisien, qui nous fait parvenir son premier full-lenght, à l'artwork sublime, bien que sobrement intitulé
Wolves. Voici de quoi la bête est capable …
Certes, et cela n'est pas une surprise,
Dust-Theority n'est pas venu ici afin de révolutionner le genre. Cependant cet opus possède un charme indéniable, de par sa cohésion et la variété des compositions qui le parsèment. Là où certains groupes se reposent sur un schéma assez traditionnel de composition, on peut notamment penser au metalcore groovy de
Lamb Of God ou encore aux compositions très simplistes mais terriblement efficaces d'un
Killswitch Engage,
Dust-Theority nous propose, au long de ces dix titres, un metalcore hybride et varié. A titre d'exemple, après un titre d'ouverture «
Mother Earth » extrêmement efficace, au refrain chanté entêtant, on découvre progressivement la richesse de l'album, notamment avec le surpuissant «
Existence » à la rythmique oscillant entre pesanteur et mysticisme, la surprenante « Rare Sensation » ou encore le titre final «
Wolves », qui amorce avec technicité cette fin d'album. Ainsi, le premier avantage dont peut se targuer cet album, c'est ce pluralisme affiché tout au long de ces cinquante minutes d'écoute, évitant les moments creux ou vides d'inspiration.
La maitrise du chant contribue en bonne partie à cette cohésion d'ensemble. D'une part un chant hurlé très solide, dont témoignent les titres «
Existence » et « Giving Up The
Past », dans la lignée des cordes vocales d'un John Henry, emblématique chanteur de
Darkest Hour; d'une autre part un chant clair bien maitrisé : on est très loin du chant clair criard faisant fureur outre-Atlantique, dans la veine d'un
We Came As Romans, ici on se rapproche d'avantage d'un chant clair d'un M. Shadows (
Avenged Sevenfold ) mais en plus maitrisé et surtout beaucoup moins niais, un titre comme « Bad
Impact » saura vous en persuader. Écoutez de même « Bring
Out Your
Dead », probablement le morceau où le chant clair trouve sa meilleure illustration. Reste que certains n'arriveront peut être pas à accrocher à ce chant clair qu'ils considèreront comme un poil trop conformiste, en dépit de l'extrême justesse du chanteur.
On pourra également constater que ce
Wolves ne se borne pas à revendiquer une identité qui ne serait que metalcore, bien au contraire, on sera surpris de trouver certains aspects de la nouvelle vague post-hardcore; des ambiances dans la veine d'un metal plus progressif; enfin on se réjouira de moments plus planants mais toujours aussi savoureux ( refrain et pré-refrain de « Bring
Out Your
Dead », par exemple ). N'ayez donc crainte, il ne s'agit pas d'un metalcore intoxiqué de schèmes musicaux vus et revus qui cèderaient à la facilité.
Cela m'amène à évoquer l'aspect plus technique de l'album. Car il faut bien dire que, pour un premier album, le défi technique est relevé haut la main. Des alternances rythmiques totalement maitrisées, des riffs fluides et véloces ( l'intro de «
Together Strong » en impose ), on ne se retrouve jamais dans l'excès ou la surenchère, si bien que les récalcitrants à la technicité, ce qui est tout de même difficile quand on écoute régulièrement du metalcore, pourront, à leur bon plaisir, se replier sur des morceaux plus directs et plus accessibles.
En s'armant d'un constat plus global, cet album de
Dust-Theority s'affirme comme le parfait compromis ( n'y voyez aucune connotation péjorative ) de la scène metalcore / post-hardcore actuelle : on est à mi-chemin entre une scène plus brutale, symbolisée par des groupes comme
As Blood Runs Black ou
Lamb Of God et une scène un tant soit peu plus mélodique / mélodieuse.
Dust-Theority arrive à emprunter des bons éléments à ces deux scènes tout en nous livrant un produit final personnel, et personnalisé, de qualité et qui plus est, made in France ! Certes, cette ambivalence entre brutalité et mélodie rendra votre écoute peut être un peu plus instable, mais cela ne saurait vous nuire outre mesure.
Que dire de plus ?
Pas grand chose, il ne me reste plus qu'à vous conseiller fortement d'écouter cet album, que vous soyez fan de metalcore ou non. Loin d'être un énième opus sans intérêt destiné à caler votre vieille chaise de bureau, «
Wolves » mérite amplement que l'on s'y attarde. Quant à
Dust-Theority, considérons les, d'ores et déjà, comme de jeunes loups sur lesquels il faudra garder un oeil.
=> sympa la référence à Star Wars mais ne voulais-tu pas dire "padawans"? =)
....
Oui! Bon! ça va! Je sors.
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