Where Souls Rest

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15/20
Nom du groupe Astral Amethyst
Nom de l'album Where Souls Rest
Type Album
Date de parution 17 Mars 2023
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Enter Elysium
 02:00
2.
 Resonance of the Soul
 03:45
3.
 The Seafarer
 04:37
4.
 Mistaken Perceptions
 04:28
5.
 Breaking the Chain
 04:45
6.
 Nightmare
 05:46
7.
 Frozen
 04:57
8.
 Unholy Awakening
 04:20

Durée totale : 34:38

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Astral Amethyst


Chronique @ ericb4

16 Avril 2023

Premières mesures et premiers émois générés par la formation argentine...

Nouvelle figure du metal symphonique à chant féminin, ce jeune quartet argentin né en 2019 à Buenos Aires entend, légitimement, à l'image de ses compatriotes d' Abrasantia, Boudika, Elessär ou encore d' Escapist, disséminer ses riffs sur la scène metal sud-américaine, voire à l'international. Conscient des enjeux et des risques courus à vouloir brûler les étapes pour faire entendre sa voix coûte que coûte, et ce, dans un registre metal qui ne l'attendait pas nécessairement, le combo sud-américain est précisément resté prudent dans sa démarche. Aussi, ne réalisera-t-il son introductif single, « Unholy Awakening », qu'un an plus tard, auquel en succéderont deux autres – « Frozen » et « Breaking the Chain », en 2021 –, trois titres qui, tous, contribueront à alimenter son premier et présent album full length, « Where Souls Rest » ; une auto-production de huit pistes égrainées sur un ruban auditif modeste de ses 34 minutes, sortie il y a un mois à peine. Quels seraient alors les arguments de nos acolytes susceptibles de nous rallier à leur cause ?

C'est dans un espace rock'n'metal mélodico-symphonique classique, enjoué et pétri d'élégance que nous convient de concert la soprano aux cristallines inflexions Florencia Farah, le fin guitariste David Núñez (Inmortalia, Delirium, ex-Psychography), le bassiste Rodrigo Ledesma et le batteur Emiliano Silva. Ce faisant, les influences de Delain, Xandria, Nightwish, Elessär, Escapist et Boudika se font tour à tour sentir. Afin de conférer davantage d'effets de contraste oratoire, le groupe a fait la part belle aux choeurs, faisant alors appel aux talents conjugués de : Estefania Venditti (Vindicta), Leandro Gramegna (guitariste de Burn), Canela Sol Gómez et Romina Lotocki (guest chez Portals Of Glory) ; sur l'une des pistes, se superpose un récitatif dispensé par Scott Roberson ; sur une autre, des growls caverneux, signés Yanina Islas (Psychography). Avec la participation du claviériste German Esquerda (Portals Of Glory, ex-Cinnamun Beloved) sur deux des plages de la galette. Une alléchante distribution qui a pour corolaire une production d'ensemble de bonne facture ; mixé par David Núñez et mastérisé par Diego Boquete (Corrossive, Descarnado, Hëllvox, Hermanos De Sangre...), pour l'essentiel, le méfait n'accuse que peu de sonorités résiduelles. Tous les voyants seraient donc au vert pour nous offrir une traversée sécurisée...

Comme souvent, dans ce registre, le rideau s'ouvre sur un laconique instrumental. Ainsi, c'est au bien-nommé « Enter Elysium » que revient l'honneur d'ouvrir les hostilités ; une brève entame d'obédience cinématique, aux arrangements ''nightwishiens'' du plus bel effet, et surmontée d'une muraille de choeurs doublée de célestes incantations féminines. En dépit de la brièveté du message musical délivré, la sauce prend. Mais il ne s'agit-là que d'un frugal hors-d'oeuvre...

C'est sur une mer limpide à la profonde agitation intérieure que s'effectue le plus clair de la traversée, non sans quelques gemmes disséminées çà et là sur notre route. A commencer par « Resonance of the Soul », trépident et ''xandrien'' manifeste aux riffs crochetés et recelant un refrain catchy mis en habits de lumière par les fluides ondulations de la sirène, alors opportunément escortée de sa garde rapprochée. Et ce ne sont ni le le bref mais pénétrant récitatif signé Scott Roberson, ni le sidérant solo aux claviers estampé German Esquerda lui succédant, auquel répond en écho le fin legato du lead guitariste, qui nous débouteront de ce hit en puissance, loin s'en faut. Dans cette dynamique, on retiendra non moins le ''delainien'' mid/up tempo « The Seafarer » tant pour sa basse résolument claquante et la soudaineté de ses montées en régime que pour son refrain immersif à souhait qu'encensent, là encore, les troublantes patines de la déesse. Enfin, s'il laisse entrevoir de saisissants contrastes oratoires – les growls glaçants de Yanina Islas faisant parfois écho aux claires modulations de la princesse –, le cadencé « Unholy Awakening » révèle parallèlement un caractère aussi enjoué qu'affirmé. Et la magie opère, in fine.

Dans une perspective progressive, nos compères trouvent à nouveau matière à nous happer d'un battement de cils. Ce que prouve, d'une part, « Mistaken Perceptions », mid tempo symphonico-progressif aux riffs épais, à mi-chemin entre Nightwish, Elessär et Escapist. Lorsque les éléments en viennent à s'emballer, la troupe multiplie ses coups de théâtre, ne relâchant alors la pression qu'en de rares instants. Sauvegardant une mélodicité toute de fines nuances cousue, sur laquelle se greffent les poignantes envolées lyriques de la belle, et générant un solo au synthé des plus frissonnants, octroyé, là encore, par German Esquerda, cette tubesque offrande ne se quittera qu'à regret. Un poil plus complexe techniquement mais non moins efficace, le polyrythmique et ''xandrien'' « Nightmare », quant à lui, abonde en péripéties tout en disséminant de sémillants arpèges d'accords ; octroyant un fondant refrain sur lequel semble danser à l'envi le gracile filet de voix de la diva et recelant des enchaînements intra piste ultra sécurisés, cette petite fresque symphonico-progressive poussera à y revenir sitôt l'ultime mesure évanouie.

Quand ils en viennent à feutrer leurs ambiances, nos quatre acolytes se muent alors en de véritables bourreaux des cœurs en bataille. Ce qu'illustre, en premier lieu, « Breaking the Chain », violoneuse ballade a-rythmique d'une sensibilité à fleur de peau dans la lignée d'Elessär. Instillé de délicates gammes échappées d'un piano mélancolique, agrémenté d'un slide à la guitare acoustique tout en légèreté et des limpides volutes de la maîtresse de cérémonie, l'instant privilégié comblera assurément les attentes de l'aficionado de moments tamisés. Et comment ne pas se sentir porté par les vibes enchanteresses exhalant des entrailles de « Frozen » ? Une ballade atmosphérique et progressive, romantique jusqu'au bout des ongles, dans la lignée d' Escapist, dont l'infiltrant cheminement d'harmoniques ne saurait être esquivé par le féru du genre intimiste.

Au final, à l'aune de son premier essai, l'inspiré quartet argentin parvient dores et déjà à aspirer le tympan sans avoir à forcer le trait. Bénéficiant d'une ingénierie du son plutôt soignée, variant ses phases rythmiques comme ses ambiances et ses joutes oratoires, et dévoilant une technicité instrumentale déjà maîtrisée, le méfait n'aura pas tari d'armes pour asseoir sa défense. D'aucuns, pour se sustenter, auraient sans doute espéré voir l'une ou l'autre prise de risque inscrite au cahier des charges. De plus, bien souvent l'empreinte de leurs maîtres inspirateurs ne saurait se faire oublier ; état de fait empêchant, pour l'heure, nos compères de se démarquer de leurs pairs, si nombreux à affluer dans cet espace artistique, dont de jeunes loups aux dents longues. Néanmoins, la féconde inspiration mélodique dont ils font preuve, à laquelle s'adjoignent des arrangements finement esquissés, sans oublier le magnétique filet de voix de la frontwoman, sont des atouts non négligeables, susceptibles de porter la jeune troupe parmi les sérieux espoirs de cet univers metal. Premières mesures et premiers émois générés par la formation argentine...

Note : 14,5/20

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