Originaire de ces pieuses contrées vénitiennes, les transalpins d'
Arthemis, demeurent relativement méconnus. Et à dire vrai, outres le fait de posséder en son sein un ancien membre de
Power Quest en la personne du guitariste Andrea Martongelli, la destiné du quartette n'aura que peu passionner les foules désespérément indifférentes à son actualité, à son univers, ou encore à ses travaux. Il parait dès lors peu probable que cette nouvelle tentative baptisée
We Fight trouve un écho triomphale au cœur d'un auditoire blasé par la foultitude de sorties plus dispensables les unes que les autres.
Pourtant si l'œuvre n'aura pas nécessairement de caractère à bouleverser un ordre séculaire établis, elle aura, tout de même, le mérite de ne pas se contenter de se complaire en ces volutes désespérément mélodiques dans lesquelles nombres des compatriotes d'
Arthemis s'égarent aujourd'hui. Le quatuor véronais nous propose ici, en effet, un Heavy
Metal solide pourvu d'une personnalité propre. Bien évidemment, le groupe ne dédaigne pas user de cette musicalité plus harmonieuse emprunté au
Power Metal et dont certains autres abusent. Il le fait cependant avec une délicieuse parcimonie. Tant et si bien d'ailleurs qu'il parait transfigurer eu égard à ce qu'il fit, et fut, par exemple alors qu'il nous donnais autrefois essentiellement dans un
Power Metal certes sobre mais presque anecdotique en des albums, pour la plupart, assez classiques. Nul doute qu'avec cette personnalité désormais plus affirmée, l'intérêt à son égard ne peut être que grandissant.
Afin d'entamer au mieux la rédaction concernant le fond de cette œuvre, il nous faudra être tout à fait honnête, ne pas omettre de dire que cette âpreté lié à une expression musicale plus radicale n'est pas totalement nouvelle et qu'elle fut déjà ressentis autrefois, en d'autres opus. L'arrivé d'un nouveau chanteur, Fabio D., à la voix moins aigus et aux intonations plus rugueuses que celle de son prédécesseur, corroborait d'ailleurs parfaitement ces nouvelles velléités sur le précédent opus du groupe (
Heroes (2010)). Signalons que le vocaliste est toujours présent ici. Et dans le but de détailler les autres nouveaux artisans œuvrant sur ce nouvel effort, signalons aussi que désormais le poste de batteur échoie à Paolo Caridi (
Killing Touch). Pour finir la revue des forces vives donnant du cachet à ce manifeste, notons que les interventions du guitariste Andrea Martongelli sont ici particulièrement inspirées.
Quoi qu'il en soit ce
We Fight s'inscrit donc dans la continuité de
Heroes. Il le fait cependant avec une efficacité que ses maladroits ainés n'auront que peu trouvé handicapé par une mélodicité incongrue encore trop présente. De telle sorte que des morceaux tels que le très bon
Empire, le sympathique
We Fight, ou tels que l'excellent
Cry for
Freedom nous séduisent aisément. Au delà de la ballade Alone, l'album bascule même dans un propos encore plus virulent dont les accents fiévreux sont aux confins, toutes proportions gardées, d'un Heavy Thrashy,
Power US, très convaincant. Citons les délicieusement féroces
Reign of Terror et Still
Awake ou encore, par exemple,
Metal Hammer. Une volonté plus extrémiste indiscutablement assumé. L'une des reprises présente sur la version nippone de ce disque (
Tornado of Soul (
Megadeth)) venant indiscutablement témoigner de ce fait.
En définitive ce
We Fight, septième album des ultramontains d'
Arthemis, est une bonne surprise à bien des égards. Fort de son Heavy
Metal parfois, pour ne pas dire souvent, Thrashy, il nous emporte en un voyage captivant et délicieux.
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