We Are Harlot a été fondé en 2011 par l'Anglais Danny Worsnop, chanteur du groupe de Metalcore
Asking Alexandria, dont je ne vous parlerai pas ici, étant donné que je ne connais strictement rien de celui-ci... Il a été rejoint notamment par Jeff George (
Sebastien Bach) aux guitares et Bruno Agra (Batterie) de
Revolution Renaissance, l'un des projets de
Timo Tolkki. C'est Brian Weaver qui vient compléter tout ça en se chargeant des parties de basse.
Mais ici, il n'est ni question de
Power Metal à la Tolkki, ni de Metalcore, mais d'un
Hard Rock s'inspirant assez largement de ce qu'on pouvait entendre dans les années 80. Worsnop raconte avoir voulu s'imprégner de légendes telles que
Van Halen,
Kiss, ou encore
Aerosmith pour l'écriture de ces chansons. Les écoutes répétées peuvent globalement faire penser à ce que propose aujourd'hui un groupe comme
Buckcherry.
'
Harlot a pour ce premier album éponyme tout misé sur l'efficacité : aucun titre de plus de 4 minutes, 11 chansons, 37 minutes (l'édition japonaise contient une chanson de plus, « Find A Way », que je n'ai pas eu l'occasion d'écouter). Petite déception d'ailleurs, celle de ne pas voir un titre plus ambitieux pointer le bout de son nez, les structures des morceaux étant identiques et très classiques.
Mais le groupe comble ce point noir par une maîtrise impressionnante et un talent indéniable. Prenons comme exemple « Dirty Little Thing », qui peut paraître un peu bordélique à la première écoute, mais révélant tout son charme petit à petit, pour s’incruster dans votre cerveau. «
We Are Harlot » fait globalement la part belle aux guitares, excellent choix nous permettant d'apprécier au mieux le superbe travail réalisé à ce niveau, que ce soit sur les soli de toute beauté ou sur les riffs pour la plupart très accrocheurs. « Dancing on
Nails », le morceau d'ouverture, en est d'ailleurs un exemple, même si son refrain finalement assez peu mélodique tranche un peu avec le reste. Des petites touches de claviers ici et là renforcent l'intérêt et la mélodicité des morceaux (« Love For The
Night », «
Denial »...), et les ambiances sont plutôt variées. Le riff funky sur les couplets de «
The One » fait penser à celui de « Miracle » (de Sixx A.M sur son dernier album, "Modern Vintage") ; «
Never Turn Back » est quant à lui un single évident qui ne tombe néanmoins pas dans la facilité...
Un mot sur la voix de Danny Worsnop, qui colle vraiment bien au style pratiqué, même si l'on sent quelques réminiscences Metalcore sur quelques morceaux («
Flying Too
Close To The Sun », «
Denial »)... Plutôt dispensables (vous imaginez
Oliver Sykes de
Bring Me The Horizon chantant « Love In A Elevator »?), ces moments sont heureusement très rares ! En tout cas, quand Worsnop se concentre sur l'aspect purement
Hard Rock de son organe (vocal...), il n'y a pas grand chose à redire : puissant, légèrement éraillé, tout en étant assez varié et mélodique, il fait transmettre des émotions bien différentes (la power-ballade « Someday », l'énergique « One
More Night », qui pourrait clôturer à merveille un concert... ).
Les paroles sont à l'avenant ( « She set me free, she filled my hearted with pure desire », « A whisky and a cigarette saved my day »), l'amour, l'alcool, le sexe... Tout un programme !
Mais pour la plupart d'entre nous, non-anglophones, l'essentiel est ailleurs. Et justement, l'essentiel est largement assuré ici :
We Are Harlot nous balance un album qui transpire le plaisir de jouer, avec très peu de moments faibles (peut-être « I Tried », ballade acoustique qui clôture l'album de façon un peu bancale), et qui pourra, à coup sûr, être le compagnon idéal pour un réveil énergique ou un voyage en bagnole. Nous attendons le deuxième album avec impatience, en espérant que les gars sauront confirmer, et même amplifier, les très bonnes choses que nous pouvons entendre ici, en prenant notamment plus de risques. Ils pourront alors avoir de sérieuses prétentions pour l'avenir...
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire