Quatre ans après leur premier album, les Doomsters grecs de
Shattered Hope nous proposent leur second opus, sous l'égide encore une fois du label russe
Solitude Productions. Ce nouvel album, intitulé
Waters of Lethe, est constitué de six titres et nous propose pour presque 80 minutes d'un
Doom Death sombre et plus radical dans sa démarche que ne le sont la plupart des groupes signés par le label, notamment de par son aspect massif et assez peu accueillant.
Cela étant les compositions, assez longues (entre 10 et 18 minutes), sont un peu plus plus hétérogènes qu'elles ne semblent l'être au premier abord, notamment de part les variations que subit le rythme tout au long des morceaux. En effet, outre le fait que les relatives hausses de tempos sont assez fréquentes, permettant notamment d'exprimer la facette la plus haineuse et menaçante de la personnalité de l'album, ce dernier propose également un certain nombre de passages durant lesquels le rythme sombre dans une apathie aux accents
Funeral particulièrement appréciables. Cet état de fait rend ce
Waters of Lethe relativement efficace, de par son alternance entre séquences purement atmosphériques et autres un peu plus rythmées, bien que quelques longueurs subsistent néanmoins, en particulier aux alentours du milieu de l'album.
On notera également que plusieurs envolées plus mélodiques sont présentes, par exemple sur "Obsessive Dilemma". Celles-ci apportent quelques touches plus lumineuses à l'album, mais sont un peu inégales et de manière générale sans doute moins intéressantes que les passages se concentrant sur une noirceur plus radicale. Elles n'en évoquent pas moins une mélancolie contrastant de manière assez réussie avec l'atmosphère générale, qui oscille autrement entre dépression nihiliste et amère et majesté ténébreuse. Dans un emploi similaire mais pour un résultat sans doute plus marquant, on notera l'intelligente utilisation de notes de piano, notamment sur la fin du très bon "
Convulsion", qui ouvre l'album.
De manière générale le clavier joue un rôle discret (la différence avec le premier album est à ce titre flagrante), mais assez efficace.
Outre les notes de piano précitées, il fournit également sur certains morceaux des nappes venant donner de la profondeur à l'atmosphère tout en restant au second plan. "Here's to Death", le dernier titre de l'album, est le plus marquant à ce niveau-là, les nappes de chœurs et de cordes donnant au morceau une ambiance majestueuse du plus bel effet tout en demeurant très sobres et très sombres, ce titre se révélant d'ailleurs être l'un des plus intéressants de l'album.
On saluera également le travail effectué vis-à-vis des vocaux. Le growl est en effet très réussi, à la fois puissant et riche en émotions, et son utilisation en alternance avec un chant hurlé plus haineux et torturé se fait de manière intelligente et bien en accord avec la partie instrumentale des morceaux. On remarquera également la présence de passages chuchotés également assez marquants.
Concluons en disant que l'album est mixé par Greg Chandler (
Esoteric), qui décidément commence à être un habitué des sorties les plus intéressantes du label
Solitude Productions (on pensera notamment au dernier
Grieving Age ou à l'excellent
Station Dysthymia). Si ce second album de
Shattered Hope n’atteint probablement pas le niveau des deux albums précités et souffre encore de quelques défauts, il n'en reste pas moins très réussi, et est à ce titre des plus prometteur pour l'avenir du groupe grec.
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