Les intentions des Américains de
Children Of
Seraph sont d'une ambition démesurée puisqu'ils projettent rien moins que de rendre son intensité à un Heavy
Metal moderne qu'il considère dévoyé. Elles deviennent même embarrassantes lorsqu'ils poursuivent cette profession de foi en annonçant qu'ils ont l'intention d'être unique et de marquer le monde musical, celui-là même qui nous occupe ici, de leur empreinte indélébile et ce grâce à des voix claires et puissantes, au martèlement d'une basse clinquante, à des parties de batterie dynamique, à des claviers symphoniques, à des travaux de guitares féroces et à des duels de six cordes à la fois classique et blues qui rappelleront le
Megadeth de la période
Rust In Peace.
Autant d'affirmations qui s'avéreront, bien évidemment, totalement fausses et qu'un
Warriors of Light viendra cruellement démentir. Mais reprenons certaines d'entre-elles sur lesquelles il nous faudra absolument dire la vérité. Déjà, parlons de ces chants. Ils ne seront pas toujours d'une justesse à toutes épreuve mais passons donc ce détail pour nous concentrer sur l'autre versant de leur débâcle, à savoir cette soit disant puissance. Evidemment on peut faire dire tout et n'importe quoi à ce terme, sauf qu'ici on est quand même assez loin, à quelques galaxies près, de ce que les plus illustres pratiquant l'exercice sont capables de nous offrir. Venons en ensuite à ces claviers symphoniques. Là encore il va falloir de sacrés arguments pour venir nous expliquer, sans ciller, que ces succinctes interventions erratiques et souvent hors de propos, aux sonorités, de surcroit, anémiques que n'importe quel logiciel informatique actuel pourrait, sans souci, rendre bien plus écoutables, et moins ordinaires, ont d'orchestrales? Pour ce qui est des guitares, mis a part lorsqu'elles sont très aigues ou qu'elles nous proposent un de ces soli horribles dont Nathanyel Nieves
Driver, à moins que ce ne soit Xabier Alesander, a le secret (une mention spéciale au final de
Warriors of the Light qui est, peut-être, ce que j'ai entendu de pire durant ces dernières décennies), elles sont très anecdotiques. Rien à voir, donc, avec cet aspect classique ou blues promis. Quant à parler de
Megadeth, là on frise carrément quelque chose qui est soit de l'ordre de l'escroquerie de bonne guerre, soit du délire inquiétant.
A cet instant précis, la tradition aurait voulu que je poursuive ma démonstration par la présentation de ce groupe en faisant un petit récapitulatif de son histoire. Mais pour être tout à fait francs, j'ai lu de telles énormités dans sa biographie, consultable sur leur site officiel, qu'il ne m'a pas semblé judicieux de les exposer ici. Le seul élément intéressant que contient cet exposé concerne la date de formation de cette entité, sous la houlette de Nathanyel Nieves, en Février 2004. Et c'est à peu près tout. La suite n'est qu'un long discourt inepte où le garçon nous explique comment a évolué son art passant d'un Glam
Metal des années 80, à un
Power Metal dans lequel il nous explique avoir intégré des éléments musicaux de jeux vidéos.
Il faudrait maintenant s'attaquer aux pistes de cet opus d'un Heavy
Metal médiocre. Et ce pour en dire, notamment, qu'on a parfois du mal à saisir la pertinence de leurs diverses séquences qui souvent s'enchainent de manière abrupts et anarchiques (le terrifiant
Metal Face, l'effrayant Defenders ou encore l'atroce
Warriors of Light). Les abominables guitares aigues, toujours encore elles, conjuguées à cette voix à la limite, parfois, de la fausseté ont beaucoup de mal à s'unir autrement que de manière souvent dissonante et crispante (
Rainbow Road par exemple). Sur l'épouvantable Decapitator, sans doute l'un des morceaux les plus difficiles à écouter de cet opus, non content de cumuler les tares déjà citées,
Children Of
Seraph (CoS pour les intimes (dont j'espère ne jamais faire parti)) y ajoute ces claviers caricaturaux et inutiles qui jusque-là étaient resté discrets.
Concernant la production de cette chose, on ne pourra que déplorer que, sans atteindre la perfection d'un travail professionnel, elle soit aussi propre nous permettant ainsi de gouter pleinement chaque détail de ce désastre. Chouette.
Dans ce naufrage terrible, dans lequel on frôle parfois l'indigence de groupes aussi médiocres que
Skull and
Bones, seul le batteur tente désespérément de maintenir la barque à flot. Devant l'ampleur d'un tel sinistre, je ne vois pourtant qu'une unique solution pour lui: la fuite.
Il serait peut-être judicieux que quelqu'un d'un tant soit peu objectif se penche, et, accessoirement, émette un avis peu moins partiale que celui de leurs amis proches, et de leurs familles bienveillantes, sur les travaux de cette formation pour qu'enfin
Children Of
Seraph fasse preuve d'un peu de clémence à l'égard des oreilles martyrisés de ceux qui endurent le laborieux calvaire de leur créativité.
Je ne sais pas si c'est du courage mais j'ai toujours pensé qu'un chroniqueur n'était pas seulement là pour écrire sur des albums qu'il avait aimé mais aussi sur d'autres plus difficiles. Histoire de donner du relief à ses articles et d'aiguiller le lecteur sur ses propres gouts.
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