Au milieu des années 90, le Death
Metal n’est pas au mieux, subissant de plein fouet la concurrence du Black
Metal scandinave qui emporte tout sur son passage. En Hollande comme ailleurs les groupes phares disparaissent (
Pestilence), perdent de leur superbe (
Asphyx) ou abandonnent purement et simplement le style (
Gorefest).
Pourtant il en est encore certains qui ne désarment pas, ainsi
Inquisitor, quatuor dans lequel oeuvre notamment le batteur Wim van der Walk (futur
Centurian) obtient une signature chez
Shiver Records, label pourtant plus enclin habituellement à signer des combos
Doom / expérimentaux / atmosphériques (
Renaissance,
Mystic Charm,
Earthcorpse).
Walpurgis –
Sabbat of
Lust (1996) n’évolue pas stricto sensu dans le Death
Metal,
Inquisitor y propose plutôt un Death / Thrash furieux à la lisière des deux, le tout avec une imagerie satanique et des paroles démontrant leur hostilités à l’égard de la chrétienté. Chaos in
Eden alternant riffs Thrash et accélérations Death
Metal, symbolise au mieux le contenu de l’album, avec Wim VDV derrière les fûts qui se montre aussi énervé que son chanteur.
C’est d’ailleurs sans la moindre intro au préalable que ce disque débute,
Damnation for the Holy lançant les hostilités sur un hurlement terrifiant de Alex Wesdijk. Chanteur aussi doué que fantasque, il est capable de produire indistinctement hurlements suraigus (un peu comme une version hétérosexuel de ceux de Dani
Filth), growls profond et même des chants Heavy façon
King Diamond.
Les compositions sont souvent construites sur le même modèle : une paire de riffs acérés, une batterie alternant blast et shank beat lombardiens, un solo court mais efficace, un chanteur qui hurle à s'en faire péter les cordes vocales, éventuellement quelques breaks qui déboîtent, et ça fonctionne. Si le disque est majoritairement véloce, les bataves savent placer quelques plans lourds et noirs façon
Celtic Frost, notamment au milieu de Jehova’s Downfall.
Mention spéciale à
Trial of
Denial et ses plans chants implacables, Consuming Christ et son énergie hors du commun, ou encore l’éponyme finale avec son départ posé et un crescendo qui emmène finalement vers la furie totale.
Dépassant en intensité ses compatriotes de Polluted Inherritance ou
Thanatos,
Inquisitor changera d’orientation avec l’arrivée de Rob Oorthuis, à tel point que ce dernier prendra les rênes pour le plus les lâcher, et après une épuration de line-up,
Inquisitor renaîtra sous le nom de
Centurian.
Dans tous les cas Wapurgis – Sabbath of
Lust est réservé aux inconditionnels de
Massacra,
Hellwitch,
Kreator ou
Ripping Corpse, et de tout ce qui allie avec brio Death et Thrash
Metal. Sorti à une époque peu propice, ce disque restera dans un relatif anonymat en Europe mais la réédition récente de
Hammerheart Records permettra peut-être de réparer cette injustice, d’autant que le quatuor d’origine vient de se reformer, avis…
BG
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