Wake Me When It's Over

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17/20
Nom du groupe Faster Pussycat
Nom de l'album Wake Me When It's Over
Type Album
Date de parution 29 Août 1989
Produit par Ross Hogarth
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album69

Tracklist

1. Where There's a Whip, There's a Way 06:46
2. Little Dove 05:07
3. Poison Ivy 04:27
4. House of Pain 05:48
5. Gonna Walk 04:15
6. Pulling Weeds 04:36
7. Slip of the Tongue 04:35
8. Cryin' Shame 04:52
9. Tattoo 04:56
10. Ain't No Way Around It 04:31
11. Arizona Indian Doll 04:30
Bonustrack
12. Please Dear 06:22
Total playing time 01:00:45

Chronique @ adrien86fr

09 Septembre 2012

She grinds her leather like Liberace rhines a stone..

« Avec des « si » on pourrait mettre Paris en bouteille » énonce l’adage populaire… Néanmoins, imaginez ne serait-ce qu’une petite seconde si un certain William Bailey n’avait jamais quitté son Indiana natal et qu’il était devenu un bon redneck local sans foi ni loi connaissant la Tippecanoe County Jail de Lafayette comme sa poche, si un certain Jeffrey Isbell avait continué l’aventure avec London, si un certain Saul Hudson était resté dans le sillon professionnel de ses parents bobos rock n’ roll dans l’esquisse de pochettes d’albums et le design de costumes de scène, si un certain Steven Adler né Michael Coletti était devenu champion de skateboard et si un certain Michael McKagan était resté à Seattle pour contribuer à donner à l’excrémentiel grunge ses lettres de « noblesse »… Alors peut être un certain Taime Downe aurait été victime le 5 juin 2012 d’une grivèlerie d’environ 200 000 $ de bijoux de la part d’une prostituée française après un concert donné au Palais Omnisport de Paris-Bercy, l’album « The Power and the Glory Hole » se serait fait attendre plus de quinze longues années et aurait couté la bagatelle de plus de treize millions de $ ; le port de t shirts à l’effigie de Brent Muscat aurait été formellement interdit aux concerts londoniens de Faster Pussycat, combo qui aurait été introduit solennellement au prestigieux « Rock N’ Roll Hall of Fame » en avril 2012 et surtout, un certain « Wake Me When it’s Over » aurait consacré le groupe sleaze hollywoodien tel l’un des plus grands combos de rock n’ roll de tous les temps. Mais…

Faster Pussycat se forme à Hollywood en 1986 autour du vocaliste natif de Seattle Taime Downe et de la flamboyante paire de six-cordistes Greg Steele/Brent Muscat d’après le titre du film nihiliste « Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! » de Russ Meyer (1965). Vite rejoint par le bassiste Kelly Nickels (futur L.A. Guns et neveu du chanteur français Pierre Perret de surcroit) et le batteur Mark Michals, le combo hante les clubs rock du Sunset Strip et y pratique sans vergogne un sleaze rock n’ roll particulièrement subtil et authentique influencé par les légendaires Rolling Stones, Aerosmith, Sex Pistols et Cheap Trick notamment. Nickels remplacé par le dénommé Eric Stacy suite à un grave accident de moto survenu sur Sunset Boulevard qui le laissera invalide de longs mois, Faster Pussycat enregistre et sort en juillet 1987 sur Elektra Records un remarquable premier album éponyme qui atteindra la 97ème place du Billboard 200 et qui lui vaudra d’apparaitre dans le fameux et cultissime rockumentaire « The Decline of Western Civilization part II : The Metal Years » de Penelope Spheeris. Malgré l’ombre faite par l’inévitable et larger than life Guns N’ Roses, le gang sleaze fronté par Taime Downe devient une référence prometteuse du sleaze/glam californien et ne tarde pas à entrer aux Cherokee Studios de L.A. sous les directives de John Jansen pour enfanter le successeur du génial « Faster Pussycat ». Ainsi, l’album « Wake Me When It’s Over » sort le 6 septembre 1989 encore et toujours sur le label de Bob Krasnow avec le désir assumé de casser la baraque et de conquérir le monde.

Faster Pussycat fascine. Plus que de raison. Toute une époque, toute une scène, une vision musicale divine et véritable, un visuel ultra élaboré appuyé par des looks et des personnages on ne peut plus rock n’ roll. Littéralement assommé par la classe et l’aisance déconcertante dégagées par la première offrande discographique du quintette hollywoodien, impossible de ne pas devenir fanatique absolu de cette entité esthétique et mystique qui quelque part avouons-le, revêt une forme d’idéal d’être et de devenir. Faster Pussycat, gang de bad boys et éternel second-couteau du rock dur de la Cité des Anges qui garde de cet état une authenticité incomparable emplie de mystères cristallisateurs de légende que d’autres ont perdu depuis fort longtemps. Dès lors, comment ne pas regretter de n’avoir pu se rendre un soir de janvier 2010 à l’Empreinte de Savigny-le-Temple (77) pour y être hypnotisé par les immuables Faster Pussycat et Enuff Z’Nuff ? Regret d’une vie pour lequel il convient aujourd’hui de faire solennellement pénitence en rendant un hommage humble et sincère au deuxième chapitre d’un triptyque d’anthologie entamant son sujet au travers de la groovy et lancinante « Where There’s a Whip There’s a Way » se complaisant dans un mid tempo ravageur témoin d’un Taime Downe bad ass à souhaits et ultra charismatique le microphone à la main. Groupe iconoclaste et sensiblement conservateur s’il en est, Faster Pussycat donne dans un hard rock sleaze orthodoxe, irréfutablement inspiré des saintes 50’s qui virent l’Occident et plus particulièrement le continent nord-américain se libérer corporellement aux rythmes endiablés des « Jailhouse Rock », « Blue Suede Shoes » et autres « Johnny B. Goode ». Ainsi, comment ne pas penser aux origines à l’écoute de la terriblement rock n’ roll « Poison Ivy » suintant l’authenticité roots à pleines narines avec son piano rock, sa slide guitare signée Greg Steele et son core irrémédiablement bluesy ; de l’old school « Pulling Weeds » rappelant avec plaisir ci et là le ZZ Top des années London Records ou encore de « Tattoo » et de son riffing que n’aurait en aucun cas renié un certain Chuck Berry, titre notamment magnifié par des soli et lignes de saxophone relativement discrètes mais ô combien jouissives pour ne pas dire transcendantales selon l’humeur de l’instant et les substances absorbées au cours de l’appréciation sonore de ce « Wake Me When It’s Over ».

Combo intrinsèquement rock n’ roll dans ses velléités musicales les plus intimes, Faster Pussycat s’avère également être un gang sleaze de motherfuckers on the run expérimentés comme l’attestent entre autres le passé de gigolo des beaux quartiers de Downe ou l’arrestation en 1990 du percussionniste Mark Michals dans une chambre d’hôtel d’Omaha NB en pleine tournée promotionnelle du disque pour possession et usage d’héroïne. Dès lors, inutile de préciser que la rage et la fureur s’avèrent être on ne peut plus perceptibles dans le propos du quintette hollywoodien comme l’illustre notamment la déstructurée « Little Dove » et ses parties de talkbox ou encore la lancinante et classieuse « Gonna Walk » révélant encore et toujours un Faster Pussycat magnétique et maitre absolu de la bad assitude. Dans un registre plus substantiel soniquement parlant, nous relèverons avec intérêt la superbe « Slip of the Tongue », remarquable modèle de dynamisme et de spontanéité rock n’ roll mais également la puissante et limite heavy « Ain’t No Way Around It » soulignant le fait que malgré son souci constant de jouer avec brio la carte de la finesse et de la classe, Faster Pussycat sait aussi déborder d’énergie et se montrer particulièrement énervé et vindicatif quand besoin est. Tube incontesté de la galette et du groupe, la simple et délicieuse ballade « House of Pain » constitue un intermède de calme et de douceur assez bienvenu dans le tracklisting de « Wake Me When It’s Over ». Traitant du problème des absences paternelles et des violences conjugales dont les tristes conséquences se répercutent tragiquement sur l’équilibre des enfants, cette brillante complainte supposément autobiographique marquée par une intro et une outro d’harmonica veut également malgré les apparences renforcer l’idée que Faster Pussycat ne fasse pas vraiment dans la niaiserie sentimentalo-amoureuse et immature au contraire de nombre de ses contemporains, mais s’enquière à contrario de sujets sérieux et légitimes. Au chapitre dernier du raffinement et de la distinction rock n’ roll, l’auditeur conquis et charmé par la classe rare de ce groupe unique et original ne pourra que louer l’élégance de l’ultime et jazzy « Arizona Indian Doll » rappelant dans l’esprit le thème de La Panthère Rose de Henry Mancini et sollicitant son imaginaire jusqu’à lui faire investir un univers nocturne et mystique des plus enivrants.

Incroyablement subtil et racé dans sa texture, l’élégant « Wake Me When It’s Over » de Faster Pussycat se veut être un opus particulièrement qualitatif et inspiré de sleaze rock dans la plus pure tradition d’un style puisant son inspiration première dans les racines immuables du rock n’ roll des origines. Transpirant de classe, de sincérité et d’un feeling indescriptible tout au long de son propos et bien évidemment très agréable d’écoute, le remarquable et esthétique deuxième album du légendaire groupe californien constitue une acquisition on ne peut plus recommandée tant pour les amateurs de hard rock des années 80 que pour les fanatiques du rock n’ roll initial cher aux godfathers du genre. Ayant en son temps atteint une incompréhensible 48ème place du Billboard 200, « WMWIO » aurait incontestablement mérité un bien meilleur destin tout comme son génial auteur, peut être trop fin et authentique pour daigner remporter les faveurs d’une masse grossière prête à embrasser l’exécrable.




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MarkoFromMars - 09 Septembre 2012: Merci beaucoup pour cette passionnante tranche d'histoire. Je ne possède que leur 1er album en K7 et le titre Bathroom Wall est imprimé dans ma tête depuis 25 ans car il m'est instantanément revenu en mémoire en te lisant. Merci pour le rappel.
samolice - 09 Septembre 2012: Merci pour la chro. Ton introduction est excellente (bon le reste aussi d'ailleurs).
J'ai cet album depuis sa sortie et je dois avouer que je ne l'ai plus écouté depuis plus de 10 ans. Dans mes souvenirs d'ancien combattant, il ne m'a pas particulièrement emballé. Il me manque toujours le petit je-ne-sais-quoi qui fait la différence. Je lui préférais à l'époque le 1er album. Ta chro me donne envie de réentendre ça pour voir si j'ai changé d'avis. Retour dans quelques jours...
OVERKILL77 - 10 Septembre 2012: Perso, j'ai une nette préférence pour cette seconde salve !
samolice - 22 Fevrier 2013: Je me le suis enfin repassé aujourd'hui ... et il ne m'emballe toujours pas plus que ça. Agréable mais loin d'un certain Guns and Roses à mon goût.
Ton intro me plait toujours autant mais je dois avouer qu'il manque selon moi au groupe des compos bétons pour pouvoir être calife à la place du calife.
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