Xoresth est un one man band originaire d'Izmir en Turquie, fondé par le multi-instrumentaliste Dorukcan Yildiz en 2013, et officiant dans un registre
Doom funéraire. Si l'on est sûr d'une chose, c'est que le projet est avare en nouvelles, puisque ses informations sont plus que maigres, et c'est presque dans l'anonymat que sort ce "
Vortex of
Desolation" alors que c'est pourtant son deuxième album. Donc, vous l'aurez compris,
Xoresth est vraiment un pur produit de l'underground. Voyons ce qu'il nous réserve au niveau musical car, à la vue de cette pochette plus que simpliste (une simple nuée noire), on espère que la musique rattrapera le coup.
Avant de commencer, il est à préciser qu'entre le premier album et celui-ci, notre musicien a opéré un changement en abandonnant la langue turque au profit de l'anglais, sans doute dans un souci d'exportation. Autant le dire tout de suite, malgré à peine trois chansons pour un total de trente minutes, c'est plus qu'une dépression dont on a droit ici, c'est une véritable chute sanguinaire dans un cauchemar. En effet, rien que sur "
Illusion before the Matter", la batterie se fait lourde et martiale comme si l'on était frappé par des idées noires en plein dans notre chute, et ces riffs de guitare s'avèrent plaintifs, accompagnés de notes de claviers macabres.
Pas de doute,
Xoresth a été contaminé par la dépression de ses compatriotes d'
Anlipnes, car on retrouve chez les deux formations le côté macabre et désenchanté, comme si l'on ne pouvait absolument pas sortir dudit cauchemar tant tout est verrouillé de partout, avec seulement des spectres d'idées noires en tout genre autour de nous.
Les trois chansons faisant en moyenne 9 minutes ou plus, ne vous attendez pas une alternance métallique/acoustique comme le font les Australiens de
Mournful Congregation, période "Book of
Kings". Ici, on fait dans le lourd, le simplisme, et le répétitif. Mais attention, "répétitif" n'est pas synonyme de "nullissime" puisqu'ici on ne s'ennuie pas un seul instant ; on serait même comme happé dans ce trou sans fond.
Au niveau du chant, il renforcera la dimension martiale tant il semble lui-même être l'expression d'une âme tourmentée de son vivant, qui s'exprime par-delà la mort, bien que le fait qu'il soit davantage inscrit dans un registre black risque de ne pas plaire à tout le monde.
Enfin, on achève notre parcours sur "Nefes", titre presque entièrement instrumental tellement le chant est réduit au strict minimum ; on reste certes dans la même logique, mais un plus grand nombre d'interventions vocales n'aurait pas été de refus.
Du coup, que dire de cet album ? Et bien, 30 minutes pour du doom, c'est un peu court, mais c'est plus qu'il n'en faut pour nous faire aimer. Bon, niveau originalité, notre Turc apparait plus comme un bon élève ayant bien appris sa leçon qu'autre chose. Son prochain chapitre, sans doute le plus difficile (pas seulement pour lui, mais pour tout musicien), sera celui de la prise de risque. Quoi qu'il en soit, je ne sais pas s'il est vraiment dépressif ou pas, mais si c'est le cas, c'est un peu bizarre de dire ça, mais qu'elle continue de l'inspirer pour nous aspirer dans les profondeurs de son esprit tourmenté.
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