Voices of Eternity

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
15/20
Nom du groupe Blood And Iron
Nom de l'album Voices of Eternity
Type Album
Date de parution 26 Septembre 2014
Style MusicalHeavy Mélodique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Eternal Rites
2. Your Own Voice
3. Ascendant
4. Legion
5. Underground Rebellion
6. Ghost of a Memory
7. Path Not Taken
8. Burning Bridges
9. Redemption Day

Acheter cet album

 $35.45  49,71 €  47,22 €  £15.60  $66.07  49,86 €  25,62 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Blood And Iron


Chronique @ LeLoupArctique

08 Octobre 2014

Blood and Iron applique la recette qui marche.

Blood and Iron peut certainement être considéré comme une institution du Heavy Metal en Inde, certes pas autant que ne l'est RockStrata au pays frère le Bangladesh, mais avec maintenant trois albums à son actif, la formation originaire de Bangalore (dans le Sud de l'Inde) commence à peser lourd. La carrière du groupe prend de plus un tournant international avec la signature récente chez le label allemand Pure Steel Records, ainsi qu'avec l'arrivée du chanteur australien Giles Lavery (Dragonsclaw) dans ses rangs. Il n'est considéré que comme "session vocalist", mais on remarque toutefois qu'il a signé un des morceaux, Ascendant. De Blood and Iron on avait le souvenir d'un groupe à la limite entre le Heavy et le Thrash (notamment du fait de vocaux graves et rocailleux de la part de l'ancien chanteur Mark Anthony Thomas), souvent victime d'une production pas à la hauteur, mais capable d'avoir de bonnes idées pour des compositions assez inspirées.

Mais les choses ont changé. Après la sortie d'un assez bon Dynamite World, le groupe se sépare quasiment, plusieurs membres étant partis former Wolf's Lair dans un registre similaire. La machine Blood and Iron est cependant remise en route en 2012, avec le retour de certains membres, et l'addition de nouveaux, dont le vocaliste de Dragonsclaw. Ce dernier étant spécialisé avec son groupe d'origine dans un registre faisant la part belle aux grandes envolées dans les aigus, la différence risque d'être significative. Et changement, assurément, il y a, et pas pour le pire. On ressent cette fois-ci beaucoup mieux le sérieux et l'ambition du groupe, auparavant affaiblis par un manque de moyens flagrant. Ce manifeste tire donc beaucoup de ses qualités du contrat avec l'écurie allemande, et on peut aussi dire que l'arrivée d'un nouveau chanteur professionnalise l'ensemble, même si ce n'est pas tout le temps pour le mieux.

Le retour de nos chers indiens débute alors sur un riff diabolique et lourd comme une déflagration. L'image est facile mais c'est la seule chose qui me vient à la tête. Couplets incisifs, refrains plus envolés mais en restant dans un certain sérieux (un sérieux certain) : Blood and Iron applique la recette qui marche. Il y a une ambition, une envie, un enthousiasme, on sent le professionnalisme qui les fera peut-être entrer un jour dans la cour des grands. Break, solo. Efficace. C'est d'ailleurs souvent ce que l'on attend simplement d'un disque de Heavy Metal, l'efficacité ; et ça tombe bien, car c'est l'élément qui prévaudra sur l'ensemble de l'album (tout en prenant le pas sur une originalité, toutefois un peu plus présente que pour du Heavy classique).

Et les morceaux s'enchaînent … Your Own Voice, Ascendant, Legion, Underground Rebellion … Oui c'est efficace, bien sûr, c'est gros, lourd, puissant, bien produit, mais hélas ça ne fait pas tout. Bons dans leur ensemble, les titres sus-cités subissent néanmoins tous des tares particulières qui les empêche d'atteindre complètement leur objectif. Évoquons tout d'abord les introductions de chacun d'eux, car c'est le détail le plus frappant. Si l'on excepte les quelques bruitages faisant illusion (une météo déchaînée, puisqu'on entend du vent, de la pluie, de l'orage – ça doit être la mousson) on retombe toujours sur le même schéma de début, avec un gros son très carré, qui déboule d'un seul tenant. Alors là quand on parle d'efficacité oui, bien sûr, mais c'est lassant à la longue … Le chant de Giles Lavery, même si correct dans sa globalité, se fait parfois inapproprié car trop criard et ayant une fâcheuse tendance à user et abuser des aigus. Sans compter les quelques ratés propres à chaque composition : un break sur Your Own Voice tombant un peu à plat, un refrain franchement pas top sur Legion, un Ascendant bien trop classique dans la forme, etc.
Cette première partie d'album révèle toutefois quelques agréables surprises, souvent dues à de timides tentatives de sortir des structures convenues, tels un passage instrumental légèrement progressif, des chœurs plus aériens, même si parfois des refrains fédérateurs suffisent à notre bonheur (Underground ! Rebellioooooooon !).

S'il n'y avait eu que ces premiers morceaux ou tout l'album dans ce genre, autant le dire tout de suite, la note n'aurait pas été très élevée (et encore j'ai le droit de ne pas noter, c'est peut-être mieux du reste). En effet la deuxième partie de l'opus, à partir de Ghost of a Memory relève sensiblement le niveau général. On sent alors nos amis de Bangalore nettement plus inspirés, osant des idées plus intéressantes, poussant plus loin leur imagination. Path Not Taken se la joue plus calme, sans pour autant faire figure de ballade, mais permet de reprendre son souffle ; le morceau propose des mélodies en acoustiques très douces, aux subtiles intonations asiatiques.
Ghost of a Memory fait quelques incursions dans le domaine progressif, par des cassures de rythme diverses, et à l'occasion très bien exécutées. Son milieu voit une très bonne partie instrumentale, recherchée et fluide, très mélodique. Quant à Burning Bridges et Redemption Day, s'ils restent sur le créneau du Heavy pur souche, ils exploitent les ressources à fond, et l'efficacité tant recherchée est finalement bien présente, en partie grâce à un chant cette fois en parfaite adéquation avec le contenu. Les soli font mouche, voilà du Heavy mélodique comme on l'aime !

Finalement ce Voices of Eternity passe plutôt bien, voire même très bien à certains moments. Il y a un vrai travail de composition, un réel sérieux derrière les morceaux, qui fait plaisir à entendre. Un des problèmes récurrents du Heavy Metal classique porte sur les influences, et même si on les distingue aisément ici (la NWOBHM, le Heavy Allemand, les grands du Thrash), elles sont assez bien digérées. La galette est de plus valorisée par une assez bonne production, rugueuse et pleine de relief. Je ne préfère pas trop m'étendre sur la production, puisque j'ai quelques doutes concernant le produit offert par Pure Steel Records, le label ayant inversé les titres de toutes les chansons …
Pour la suite il faudra bien sûr faire attention aux quelques erreurs de style, ainsi qu'au chant parfois inadapté ; cependant je ne pense pas que Giles Lavery soit reconduit pour le prochain album, puisqu'il n'était qu'un invité. À ce propos, le très bon chanteur Judah Sandhy de Bangalore a quitté récemment le groupe Slain, mais je dis ça, je dis rien …

On veut la suite !

0 Commentaire

1 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Blood And Iron