Qui a dit que les femmes et le heavy metal n’ont jamais fait bon ménage ? Bien avant la mode du metal symphonique à chant féminin des années 2000 et les curiosités du metal extrême que sont la belle Angela Gossow (
Arch Enemy) et l’effrayante Yvonne Wilczynski alias Onielar (
Darkened Nocturn Slaughtercult) se sont effectivement distinguées des artistes féminines n’ayant rien à envier à leurs homologues couillus et ayant prouvé que notre musique favorite n’était pas qu’une affaire de gros bras tatoués et de testostérones fumantes et ce pour le plus grand plaisir de nos yeux et accessoirement de nos tympans.
Lita Ford,
Girlschool,
Warlock/
Doro,
The Great Kat,
Bitch et autres
Vixen sont autant de combos légendaires ancrés avec tellement de force dans l’Histoire du heavy metal que leur appartenance au sexe faible n’en est plus qu’anecdotique aujourd’hui.
Vixen, groupe de hair metal fondé en
1980 à Saint Paul dans le Minnesota par la guitariste Jan Kuehnemund fait partie intégrante de ceux-ci et présente même la particularité de n’être composé que d’individus ovairisés. Après de multiples changements de line up et un déménagement obligatoire à
Los Angeles en 1985 dans le but de trouver le succès là où il se trouve,
Vixen trouve la stabilité deux ans plus tard avant de signer un premier contrat discographique avec le label EMI Manhattan Records et de sortir en septembre 1988 un premier album éponyme logiquement intitulé… «
Vixen ». Représenté par une très belle pochette mettant en scène une jambe toute de cuir vêtue jonchant une Harley Davidson aux chromes surbrillants immatriculée «
Vixen », le premier album éponyme de ce groupe féminin constitue un réel centre d’intérêt pour tout amateur de choppers, de femmes et de sleaze rock/hair metal d’obédience hollywoodienne.
La séduction musicale de nos quatre nymphes que sont les belles Janet Gardner (vocaux), Jan Kuehnemund (guitares), Share Pedersen (basse) et Roxy Petrucci (batterie) commence avec le tube «
Edge of a Broken Heart » co-écrit avec Richard Marx ; LE monsieur power ballades mielleuses des années 80 par excellence. Ainsi avec une telle collaboration ; pas de surprise, le titre est simple, efficace et empreint d’une atmosphère propre à son époque et permet aux filles de présenter à l’auditeur un hard rock/metal énergique et non moins gorgé d’un charme que l’on ne retrouve évidemment pas sur les galettes de leurs homologues masculins d’alors. Mötley Crüe,
Ratt,
Judas Priest et W.a.s.p. c’est tellement bien qu’on en écoute tous les jours sans jamais se lasser, mais du heavy metal à chant féminin ça change ! Certainement persuadées d’être attendues au tournant par la presse spécialisée et un auditorat hard rock/metal pas toujours très tendre avec la gent féminine, Janet Gardner et ses copines se sont donné les moyens de faire taire leurs futurs détracteurs potentiels en pondant en partie des titres on ne peut plus efficaces et catchy à l’instar des excellents « I Want You To Rock Me », «
Love Made Me », « Cruisin’ » et autres « Charmed
Life ».
Même si elle ne possède pas l’aisance technique d’une
Jennifer Batten ou d’une Katherine Thomas alias
The Great Kat, Jan Kuehnemund parvient à empreindre les onze titre constituant l’album d’une personnalité propre notamment grâce un jeu de six-cordes inspiré respirant le rock n’ roll, et à des soli bien exécutés quoique que manquant de vitesse parfois (les faux ongles ?) mais qui font néanmoins leur petit effet à l’instar de ceux ponctuant les hits «
Edge of a Broken Heart » et « I Want You To Rock Me ». Rocailleuse et sensuelle, l’identité vocale de la jolie Janet Gardner confère aux titres de la galette une énergie sans pareil tirant irrémédiablement la musique de
Vixen vers le haut. N’étant pas sans rappeler celui de
Lita Ford, la ressemblance entre le timbre vocal de l’ex Runaways et celui de Janet s’avère être frappante et quelques fois même consternante. Inutile donc de tergiverser quant aux influences de la frontwoman de
Vixen. A l’écoute de titres tels les « Cryin’ » et « American
Dream » ou encore de la ballade « Desperate », on prend conscience de l’importance de la musique et de la personnalité de
Lita Ford dans l’identité de
Vixen et plus largement dans l’histoire du hard rock/heavy metal. Celle qui a donné la réplique à
Ozzy Osbourne sur «
Close My
Eyes Forever » peut aujourd’hui se vanter d’avoir grandement ouvert la voix à d’innombrables artistes féminines dans le sacro saint domaine de notre style musical préféré.
En conclusion, ce premier effort éponyme de l’un si ce n’est du premier groupe de hair metal entièrement féminin de l’Histoire s’avère être une très belle surprise gorgée de titres plus inspirés et catchy les uns que les autres qui assureront à l’auditeur un excellent moment d’écoute. On connaissait certes les Runaways et autres
Girlschool dans le genre all female bands, mais
Vixen possède cette petite touche ricaine des années 80 en plus magnifiant le tout et donnant irrémédiablement envie de remonter le temps 23 ans en arrière et de traverser un downtown désert en Harley Davidson à 3 heure du matin accompagné d’une jolie donzelle sur le backseat. Assez orienté pop par moment, «
Vixen » rebutera peut être les puristes mais mérite néanmoins l’attention de tout metalhead qui se respecte. A découvrir ou à redécouvrir au plus vite !
Ils sont vraiment bons ces deux premiers albums. Moins cul-cul que dans mon souvenir. Je suis content de les avoir rachetés.
Concernant les groupes de nanas, il serait également bon de citer "L7", une bande de gonzesses sacrément "couillues"... à écouter, si vous ne connaissez pas encore !
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire