Depuis ses débuts en 2006,
Im Nebel ne fait absolument pas parler de lui, et cela semble lui porter préjudice. Même si venant de Géorgie, un pays où les groupes de metal se comptent sur les doigts de la main, les cinq membres, en un seul album, ont prouvé qu'ils avaient plus d'une corde à leur arc, et pour cause. Ils sont loin de concocter une musique manquant d'originalité ni de prise de risque. Malgré un certain côté minimaliste ressenti à la première écoute,
Im Nebel avec ce «
Vitriol », sorti en 2008 chez Haarbn Productions, fait dans le black symphonique et progressif.
Inspiré par le black metal norvégien, les tbilissiens nous offrent sept morceaux pour seulement trente quatre minutes de musique. Toutefois ces minutes, bien que passant vite, se veulent très riches, pleines de mélodies et d'émotions. Des émotions véhiculées grâce, notamment, à un clavier omniprésent, alternant symphonies délicates et envolées au piano. L'introduction, par exemple, très fantomatique, nous propose un fond de violons, d'orgues et de choeurs, sous couvert d'une mélodie étrange à la guitare électrique.
Usant de riffs variés et bien ancrés dans l'esprit de leur musique, le combo n'hésite pas non plus à accentuer un certain côté hargneux, couplé au chant black encore hésitant et à un solo oriental maîtrisé, comme sur un « InconsistentThoughts », suivi de près par un « Faded Mankind » mettant en relief un piano survitaminé et une alternance de rythmes et de structures. Ce titre marque l'entrée de l'auditeur dans un univers progressif et ambiancé, où il n'est pas forcément facile de retenir les mélodies et différentes structures. On passe bien évident d'une partie black traditionnelle à claviers à quelque chose de plus doomesque où les riffs mélancoliques et lamentés prennent le dessus, enjolivés par un fond symphonique.
En tout cas,
Im Nebel ne privilégie pas la violence, mais l'harmonie entre tous les instruments, ainsi qu'une certaine noirceur, et parfois un côté folk voire pagan, comme sur le long «
Zeitgeist », rappelant à lui tout seul l’œuvre des allemands de
Sycronomica, notamment l'utilisation particulière du piano ainsi que du chant lyrique qui vient s'incorporer entre deux passages plus brutaux. Chant qui, malgré tout, ne peut que nous faire penser à
Vortex et donc à
Dimmu Borgir dans la même occasion, les géorgiens semblant s'inspirer des norvégiens dans cette façon d'incorporer des breaks à voix claire.
Les morceaux sont tous plus ou moins déstructurés, et c'est là que se retrouve cette prise de risque. L'auditeur est susceptible de se perdre dans ces sombres méandres, mais rien n'est dénué de mélodies ni de riffs et cris black. « The
Journey To The Center Of I » vient parfaire le tout en nous montrant tout le potentiel d'un
Im Nebel semblant jouer avec son public, allant ici et là au niveau des structures et ça en devient difficile, malgré la beauté des claviers et du chant clair lyrique.
Ce premier jet est plutôt réussi et accrocheur, malgré la complexité, l'album passe trop vite et on se prend rapidement au jeu. Dommage par contre que l'ensemble des morceaux manque d'agressivité, seul «
Exodus » nous envoie un déluge de riffs et de blasts en continu. En tout cas, on ne peut qu'apprécier ce «
Vitriol » qui, malgré ce nom des plus toxiques, arrive à nous faire fondre de plaisir et d'admiration pour un chanteur aussi bon en chant clair qu'en chant black.
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