Naguère ces chers Finlandais de
Myon œuvraient en un art que l'on serait tenté de définir comme le croisement entre un Heavy Mélodique et un
Hard Rock, lorgnant parfois, succinctement, vers le
Power Metal. Une musique qui, d'ailleurs, n'était pas sans nous rappeler, parfois, les travaux d'un certain
Europe. Sans véritablement s'illustrer, fort de qualités indiscutables, loin s'en faut, le groupe nous proposait des disques qui, à minima, avaient l'avantage de ne pas être indignes. Une destinée qu'ils ne comptaient pas subir indéfiniment. Opérant un virage artistique aussi incompréhensible qu'inattendu, les cinq d'Oulu décidèrent de délaisser cette forme d'expression pour adopter celle d'un
Hard Fm plus consensuel.
Mais faisons quelques précisions avant d'attaquer le fond du débat. Généralement, lorsqu'un critique à la plume acerbe fustige le manque de dynamisme d'une œuvre, il le fait avec les lacunes qui sont les siennes. Il n'est en effet pas rare de lire des absurdités concernant la musicalité trop musicale, le rythme pas assez rythmé ou les synthés trop envahissants d'une œuvre de ces mouvances où les
Bon Jovi,
Giuffria,
Firehouse ou
Foreigner s'illustrent. Ces aspects définissent précisément ces genres-là et ils peuvent difficilement être pointés du doigt comme des défauts. Du moins, le plus souvent. À cet instant le lecteur avisé se demandera l'intérêt profond d'un discours aussi désespérément trivial. Sur la pointe des pieds, avec tout le tact indispensable à une telle entreprise, votre humble serviteur est en train de s'approcher de l'immonde vérité que recèle ce
Vitalworks. Généralement, les polémistes patentés ont tort de s'étonner de certains des artifices et spécificités présentes dans le genre qui nous occupe ici. Mais pas là. Car, non content d'avoir échangé sa musique impersonnelle contre une autre sans doute plus fédératrice,
Myon aura eu l'indigence de s'y noyer en des eaux terriblement, et insupportablement, quiètes et terriblement, et insupportablement, fades. Tant et si bien d'ailleurs que nos Scandinaves sont en passe de réussir l'exploit d'offrir aux House of Lords,
Ten ou
Survivor le titre de "dangereux activistes radicaux éclairés".
Mais revenons à ce disque. Otra Vez, qui le débute, est un morceau d'inspiration ibérique pourvu d'un refrain en espagnol et de quelques volutes de guitares sèches propres à nous mener en ces terres hispaniques. Cette chanson est une catastrophe. Manquant cruellement d'ardeur, d'entrain et d'allant, elle s'enlise lourdement dans les méandres bourbeux de ce gris terne appelé ennui. Tout comme l'insipide
Mystery of the Moment d'ailleurs. S'agissant d'un
Blood Mountain sans saveur, il s'inscrit parfaitement dans la lignée de ce que
Frontline aura écrit et composé de pire.
D'autres pistes, bien que moins dangereusement indolentes, n'en sont pas nécessairement meilleures pour autant. Citons l'anecdotique When it Could Begin aux synthés caricaturaux ou encore les pathétiques How Does it
End et Answer to it All, eux aussi, très inspirés par le travail de Stephan Kaemmerer et de ses acolytes.
Bien évidemment, tradition oblige, ce
Vitalworks comporte des ballades. In the Arms of
Eternity est sans aucun doute la pire de toutes. D'une platitude consternante, d'un intérêt proche du néant et d'un conformisme susceptible d'offrir aux Allemands d'Unrest le titre de visionnaire, elle nous consterne.
Pour résumer de manière concise la teneur de cet opus, disons que les guitares y manquent souvent de présence et de prestance, effacées derrière claviers et chants, que l'inspiration y est médiocre et que les mélodies y sont souvent mièvres se rapprochant même parfois d'un Rock Pop détestable. A l'évidence, tout ici est dévolu à l'harmonie, à la mélodie, à l'esthétisme musical, à la légèreté guillerette fade, à l'essoufflement créatif, à la copie sans âme...
En un mot, fuyez...
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