Le chat, préalablement échaudé, et pourquoi pas noir, tant qu’on y est, ne se risquera pas à prendre une nouvelle douche froide en écoutant ce nouvel opus de Fairy. Son regard ambivalent, à la fois intéressé et ironique, ne traduirait-il pas un « Chouette, encore une pochette qui semble refléter un contenu croustillant ! » ? Trépignant d’impatience à l’idée de découvrir ce que cache cet univers sombre et peuplé d’êtres fantasmagoriques, il espère toutefois ne pas être dupé, car, des groupes de
Gothic à chant féminin, il en a tant connus qu’il commence à en être blasé... Tant de similitudes dans l’interprétation, dont certaines frôlent le plagiat, finalement si peu efficaces que leur existence a été aussi brève que leur chute dans l’oubli. Pire, d’autres entrevoient les avantages d’une plastique attrayante tentant désespérément de faire oublier des carences musicales indéniables. Mais notre chat ne dort pas avec des posters et sait d’ailleurs que le style regorge aussi de groupes talentueux, possédant une maîtrise instrumentale qui se doit d’être irréprochable pour essayer de s’imposer… à moins d’être très créatif.
Fairy cultiverait la différence ? Une parité pas vraiment respectée, le seul élément masculin étant confiné derrière le clavier. Mais encore une fois, ne nous sommes pas là pour polémiquer, ni pour personne d’autre d’ailleurs. L’autre différence, musicale cette fois-ci (donc plus intéressante), demeure le style pratiqué sur ce «
Vinterverv », un
Metal, certes, mais qui semble avoir pris une tournure un peu plus « underground », assumant désormais son attirance pour le côté obscur et les êtres fantastiques qui le peuplent.
Fairy ne dira peut-être pas grand-chose à bon nombre d’entre vous.
Originaire de Bergen, le groupe s’est formé il y a presque huit ans sous l’impulsion de la chanteuse T. Tofting et la cogneuse H Ostagen. Les autres musicien(ne)s compléteront très vite le line-up, permettant au groupe de sortir son premier album en 2010, revendiquant un style se situant entre le
Metal et le Grunge… une étiquette très peu précise.
Notre entité miaulante et poilue, lors d’un premier survol de ce «
Vinterverv » admettra volontiers que le côté « féminin » est bel est bien présent, au travers d'une musique qui n’est ni « anguleuse », ni perverse, mais directe tout en conservant une approche relativement douce. Cela ne veut pas dire automatiquement lisse et manquant d’identité.
Second constat, ce
Vinterverv connaît une évolution par rapport à « Private
Universe » dans le style pratiqué, d'une part, moins commercial, et dans la qualité du son, ce dernier restant tout de même perfectible, notamment en ce qui concerne la puissance et le mixage.
Attardons-nous maintenant sur les compositions. Le groupe semble avoir délaissé son
Gothic Rock, finalement assez bien foutu pour un premier essai, au profit d’un changement de style... ou plutôt d’approche. Le côté rock y a désormais été délaissé au profit d’une atmosphère unique que dégageaient les anciennes réalisations Black Métallique du milieu des 90’S. Et cette impression d’avoir exhumé une démo tape du placard commence dès l’écoute de « Ragnork », alliant la sincérité des sentiments à la fougue, mais aussi, trop souvent aux maladresses typiques de l’amateurisme.
« Rekviem » et « Dualitet Og
Ulver » en incarnent d’ailleurs le paroxysme, composées essentiellement de swedish picking, technique fluide qui vient appuyer une section rythmique typiquement rock et leur conférant un aspect sombre et fluide. On ne peut le nier, le mélange paraît assez original, mais souvent trop lisse, manquant d’agressivité, avec un manque de maturité. Le groupe n’ose que très timidement les variations rythmiques que l’on retrouve sur « Frostlagt Sti » et qui auraient pu sauver l’album d’une certaine monotonie.
L’ensemble des titres est écrit en langue maternelle, ce qui demeure un handicap pour notre fauve de salon qui restera dubitatif, même s’il devine aisément les thèmes abordés. La maîtrise vocale n’est pas extraordinaire mais reste toutefois convaincante, autant de réverbération n’étant pas nécessaire. Les partie doublées par la choriste sont de bon aloi et apportent un avantage indéniable à ce «
Vinterverv ».
Seul le titre «
Renaissance » semble tirer son épingle du jeu, attrayant par sa combinaison de différents éléments mettant en relief la personnalité du groupe et où la qualité d’écriture laisse éclore un refrain commercial, certes, mais convaincant.
« Euphory » pourrait être un autre titre séduisant. Il possède une intro qui n’aura pas de mal à vous évoquer les tournures légendaires des grands noms du Black
Metal et développe un contenu épique et posé, tout en sombrant dans le mélo... « Obsessed » joue la carte de la sécurité et montre un groupe ne reniant pas les premières amours du groupe pour le Rock US.
la caricature n'est jamais très loin, à l'image de « Seid » avec ses growls faiblards et son ambiance un peu défraîchie, à l’arrière-goût de moisi gothic/black des 90’s… le tout chanté en norvégien, je le rappelle… Et cette redondance qui devient pénible … Mimine ne ronronne plus et risque même de sortir les griffes...
Douze titres réalisés avec conviction, certes, mais restés au stade de l’amateurisme. Le 12/20 traduit donc un manque de maturité et une identité qui fait encore défaut à Fairy pour être crédible. Le contenu ne doit cependant pas freiner votre curiosité car ce «
Vinterverv » possède tout de même une interprétation dynamique ainsi que des idées intéressantes, qui, une fois exploitées, devraient être un gage d’évolution pour le groupe à l'avenir.
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