La scène d’
Europe centrale nous réserve bien de bonnes surprises en matière de folk metal, en particulier si on observe plus attentivement ce qui est en train de se passer en Slovénie.
Pas d’acteurs très connus, et même très peu d’acteurs. On en retient la modeste formation «
Avven », ayant assez brillamment su combler les curiosités avec son « Kastalija », sorti en 2011. On y compterait aussi dans ces contrées boisées un certain «
Brezno », encore à l’état embryonnaire depuis sa création en 2007, et n’ayant réalisé qu’une démo 4 titres en 2010, intitulée « Viharnik ». Première chose qui frappe sans même avoir encore écouté la musique de la formation, le logo. Un logo que l’on aurait plus coutume de retrouver chez des formations de black pagan que de folk metal. Il ferait également penser à l’écusson apposé sur le drapeau de Slovénie. On y reconnaît des montagnes, des rivières. Une nature parfaitement illustrée sur la splendide couverture de la démo « Viharnik ». Quand nous sommes face à un ensemble aussi éclatant de beauté, notre désir d’écouter le contenu de l’album est empressé. Ôté de la neige qui le recouvre, l’objet se fera alors resplendissant. Avec ce premier jet, «
Brezno » nous envoie une belle invitation à se faire connaître et à partager.
L’œuvre lancée, nous voilà gagnés par une vague de froid, un blizzard qui pourrait nous faire rappeler l’intro de « Vo Slavu Velikim », album d’«
Arkona », qui avait déjà eu le don de nous frigorifier sur place. Mais il y aurait de la vie dans cette terre gelée. On entend le croassement des corbeaux, le son de galops. Des cavaliers sans doute partis à la lutte, car on y cernerait d’ailleurs de loin des bruits de combat, atténués par un air épique sobre mais exaltant. « Zarja » nous donne les dimensions de la pièce. Un endroit agréable et chaleureux, gîte protecteur du froid du dehors. Le groupe sait accueillir les visiteurs, offrant une image enchanteresse de leur beau pays sur « Zanjica ». Le folk est d’ailleurs accentué par la vivacité de l’accordéon et les gazouillis produits par les flûtes. Chaque instrument aurait ici son petit moment propice. Néanmoins l’auditeur sera vraisemblablement plus attiré par « V nebo » et son riff imparable, joué par la flûte en entame puis par le violon. Un air qui s’imbriquera immédiatement dans la mémoire. On se dit que «
Brezno » n’a pas à rougir des autres formations à l’écoute de ce titre habilement composé. La musique comme le chant entièrement en langue slovène ne montrent en aucune manière d’instants de faiblesse. C’est calme, posé, bien structuré. Le chant souffrirait d’un léger manque de puissance pour cheminer en équité aux côtés des divers instruments. Il faut probablement y voir un défaut occasionné par la production. Mais celle-ci se montrera pourtant satisfaisante et honorable sur la globalité de la démo.
De la magie à la poésie. Les guitares auraient fini par vouloir un peu plus d’action pour casser cette ambiance trop sereine à leur goût sur « Glasnik ». On en devinerait leur impatience dans leur jeu devenu plus brusque. Ils finiront par se radoucir grâce aux efforts conjugués du chant et de la flûte. Ces derniers auraient fini par gagner leur réserve sur le milieu de piste, mais après un flottement où on y perçoit notes de piano et chant masculin, les guitares décident de prendre les rennes. À leur conduite, tout prend en volume, l’atmosphère se transforme, grandiloquente, épique, pour finalement mourir, consolée par la douce voix de la chanteuse.
Petit instant magique, petit moment de plaisir. «
Brezno » apparaît comme une jeune femme frêle et fragile. Sa beauté extérieure cache une grande force intérieure, le pouvoir de nous émouvoir et nous impressionner. Comme son compatriote «
Avven » (dont le chant d’
Evelyn ressemble fortement à celui d’Inez), «
Brezno » mérite toute notre attention et notre respect. Peu de formations folk, même aujourd’hui, arriveraient à nous combler sur leurs premières tentatives autoproduites. « Viharnik », première démo à ce jour, ouvre de très bonnes perspectives de carrière pour ce groupe slovène. N’ayant l’air de rien à priori, ce pays recouvert à plus de 50% de forêt n’aura pas fini de nous étonner.
16/20
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