BST est une figure bien connue du black metal français : tête pensante et guitariste de groupes comme
Aosoth, Order of
Apollyon, VI ou
Balrog, cela fait plus de vingt ans que le musicien exprime sa misanthropie et sa haine via un black metal violent, froid et dissonant.
Sotherion est le nouveau projet solo du Parisien, maturé en pleine période de confinement et dont l’objectif avoué est de retranscrire le son et l’état d’esprit de la scène black de la fin des 80’s/début 90’s : une sorte de black assez minimaliste et régressif donc, assez loin des groupes dans lesquels évolue habituellement BST reconnu pour son style qui s’inscrit plus dans cette mouvance de black dite orthodoxe. Après une première démo,
Schwarmgeist, sortie il y a deux ans, le one man band nous revient avec un full length,
Vermine, continuité logique de l’enregistrement de 2022 dont il inclut naturellement les deux compositions.
Au menu, rien de très original donc, mais dix titres d’un metal noir haineux, misanthropique et vindicatif comme le style l’exige, et de qualité s’il-vous-plaît. Les riffs sont dans la grande tradition du genre, rappelant beaucoup A
Blaze in the Northern Sky, tour à tour secs et tranchants, plus charbonneux, roulant leurs notes de suie sur le rythme rapide de la batterie (The
Fallen), ou carrément groovy (le début de Le Havre Meurtri) et l’ensemble est vraiment possédé, indubitablement consumé par cette flamme noire qui luit fièrement dans les ténèbres les plus opaques.
Les tempos sont majoritairement rapides, servant des morceaux agressifs dont les moments les plus violents nous mènent aux frontières de la démence (Word Made Death,
Shrine of the Chosen), et, on retrouve aussi quelques passages conquérants qui font se hérisser les poils sur les bras, comme la cavalcade effrénée aux riffs guerriers et galvanisants à la fin de Le Havre Meurtri ; ceci dit, certains passages plus lents viennent apporter du relief et une certaine dynamique (le morbide
Flame of
Deliverance, ou les quelques ralentissements glauques de Famished
King qui nous étourdit de son riffing bourdonnant, nauséeux et malsain sifflant comme un essaim de mouches sur une plaie purulente, et sur lequel on sent planer le spectre décomposé d’
Aosoth). De fait, malgré la violence brute et la rapidité de l’ensemble, l’ambiance n’en reste pas moins travaillée, avec ces courtes intros glauques et angoissantes, ainsi que des vocaux d’outre-tombe vraiment graves et possédés aux intonations parfois assez proches d’un Saenko. Le son, peaufiné par BST lui-même dans son propre studio, est au poil, baveux et abrasif mais bien audible malgré tout, aussi compact que puissant, épaississant encore ces effluves de terreur et de mort qui s’enroulent autour de notre être tétanisé durant 43 minutes.
Vous l’aurez compris,
Vermine n’est certainement pas l’album le plus novateur de l’année, mais il dégueule un excellent condensé de true black agrémenté de cette petite touche moderne et dissonante qui en fait un très bon album, direct, glacial, cru, sale et sans fioriture, à l’instar de sa pochette, et nul doute que les puristes l’apprécieront à sa juste valeur.
A écouter à fond et avec un plaisir coupable en regardant notre pauvre monde déchoir et se consumer dans les flammes autodestructrices de sa propre perdition…
Il y a des exceptions bien sûr mais un album endorsé par WTC est très souvent gage de qualité et d authenticité! Voilà un album qui se place tout en haut de la wish-list. Comme d habitude tu as eu le nez fin et la plume inspirée !
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