Note : 05/20
C’est avec une certaine appréhension que j’introduis cet album de
Lucifugum dans ma chaîne hi-fi. Appréhension oui, car si les dernières réalisations du groupe, notamment "Back to Chopped
Down Roots" et "
Sociopath : Philosophy
Cynicism", se démarquent totalement du black sympho ou pagan/folk des premières productions pour proposer un black brut et rugueux, je ne sais à quoi m’attendre pour celle-ci.
Le premier morceau, "Siloj Slepogo Secheniya", débute par une sorte de bourdonnement aigu et dissonant (genre bruit de guêpe ou d’abeille…). Bon, on passe par-dessus ça et on continue l’écoute. Et là stupeur (horreur plutôt) : ce bourdonnement infect n’est autre que la guitare ! Certes, dans le monde du black, on tombe parfois sur des qualités de production plus que moyennes mais là, non, ce n’est pas tolérable. Il y a une limite entre véritable esprit true black et foutage de gueule (pardonnez cet accès de vulgarité mais là, non, ce n’est pas possible autrement). Dans le cas de ce "
Vector 33", il ne s’agit ni plus ni moins que d’un gros, gros foutage de gueule. En plus, ça ne se limite pas aux guitares : je passe sur la basse - s’il y en a une, elle est inaudible - pour me concentrer sur la batterie. Le charley est bien trop en avant (son genre pile d’assiettes que l’on martèle), au point de faire passer complètement inaperçues la grosse caisse et la caisse claire. Bref, durant tout l’album vous devrez subir les "tchii tchii" du charley, toujours sur le même rythme qui plus est. La seule chose qui pourrait sauver le tout c’est la voix : bien râpeuse et pas trop mise en avant. Mais bon, sérieusement il n’y a rien à sauver sur cet album.
Alors vous me direz "ben oui, le son est pourri (et vous serez loin du compte) mais quand même et les chansons ?". Et c’est là que le bas blesse : certes le son vous rendra sourd au bout de la troisième écoute (je parle d’expérience, je l’ai beaucoup écouté avant de le chroniquer et j’en ai encore les oreilles qui sifflent), mais où est la musicalité ? Où est la mélodie, le riff intéressant, le passage captivant ? Que nenni mon brave, il n'y en a point ici. Ici, "we don’t play, we attack by antihuman poisonous black metal" (dixit le groupe lui-même).
N’y allons pas par quatre chemins, même si cela me fait beaucoup de mal de le dire, fan du groupe que je suis, cet album est une horreur, ne l’achetez pas (à moins de vouloir rendre sourd votre vieille tante Irma qui vous énerve tant). La limite entre bruit et musique est définitivement franchie, rabattez-vous sur d’autres réalisations du groupe, qui elles valent la peine d’être écoutées.
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