De retour en cette année 2017, les Chiliens d’
Hetroertzen (désormais expatriés en Suède) nous reviennent avec un nouvel album intitulé «Uprising of the fallen». Ce dernier fait suite à un "
Ain Soph Aur" qui avait quelque peu divisé les fans du groupe après un "
Exaltation of Wisdom magistral", constituant à mon sens encore à ce jour un des albums les plus convaincants et intenses du versant occult du Black
Metal Car oui, Occulte est bien le mot adéquat pour le définir tant cet opus est imprégné d’une aura mystérieuse, aussi envoutante que sinistre.
Sur
Ain Soph Aur, le groupe, sans changer complètement sa formule, avait opté pour le parti-pris de l’expérimentation en laissant de côté les vocaux Black pour un chant plus cérémoniel du plus bel effet. Là où ce choix aurait pu me déplaire, il n’a fait que renforcer l’attrait que j’avais pour ce groupe et constitue une belle preuve du talent et de la diversité vocale de Frater D. Il n’y a qu’a jeter une oreille au side project
Die Kunst Der Finsternis pour se rendre compte du potentiel du frontman qui n’a rien à envier aux grands noms du genre.
Autant dire qu’en l’espace de deux albums, un split avec les excellents Norvégiens de
Dodsengel et une série de prestations live débordantes d’intensité,
Hetroertzen s’est très vite placé parmi les grandes figures du Black Orthodoxe et cet Uprising of The
Fallen, je l’attendais au tournant avec une certaine impatience, mais aussi quelques craintes suite à l’annonce du départ de Frater D, n’officiant désormais plus qu’en tant que batteur et laissant le poste de vocaliste à
Anubis, guitariste du groupe et frontman de Sapientia.
Autant le dire de suite, je ne fus pas des plus convaincus à la découverte de ce nouvel album, il s’agit là d’une déception. Bien que pris à part, cet Uprising of the
Fallen n’est pas mauvais en soit, il n’est clairement pas à la hauteur de la part d’un groupe que j’affectionne réellement et qui avait su frôler l’excellence entre 2010 et 2015.
Tous les codes du genre sont présents et quiconque découvrira le groupe avec cet album ne seras pas déçu, car on a ici affaire à un album de Black Orthodoxe de bonne facture, mais incroyablement commun, tout juste passable tant rien ne sort vraiment du lot. À son écoute, je ne ressens guère la noirceur d'antan, mais juste de l’ennui et un énorme sentiment de frustration. Où sont les riffs sournois et écrasant d’un « Like The
Serpent » ou autre « The
Final Breath of Mankind » ? Où est passée l’ambiance opaque et menaçante ? Hormis quelques passages de bonnes facture notamment la fin de « The
Fallen Star » ou « Perception of
The Unseen » ainsi que le riff principal de « Zealous procreation » presque aucun moment n’est réellement mémorable et ne respire l’intensité de ce qui a été fait sur les albums précédents, sans parler de l’inclusion de passages plus typés Black n’roll qui dénotent complètement dans l’ensemble et ne font que faire retomber davantage le soufflé.
Le chant d’
Anubis quant à lui, sans être mauvais, est assez poussif et n’arrive pas à la cheville de celui de Frater D, mais ce n’est qu’un petit détail qui n’est rien par rapport la platitude des compositions. La production, quant à elle, est irréprochable et met en relief chaque instrument.
Malgré ses défauts, il demeure un album des plus correct et une bonne porte d’entrée dans l’univers du groupe de par son accessibilité, je ne pourrais cependant que conseiller aux amateurs du genre et à ceux qui souhaitent se plonger dans la discographie d'
Hetroertzen de se pencher davantage sur
Exaltation of Wisdom. Avec Uprising of the fallen, le groupe a perdu une bonne partie de sa singularité pour se perdre dans la masse là où il était encore loin devant. Il me donne l’impression de me trouver devant un disque trop calibré, facile, sans prise de risque mais dont le principal défaut est d'être arrivé après ses deux prédécesseurs.
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