Même si elles circulaient sous le manteau depuis 1992, les bandes des démos enregistrées pour cet album, qui devait à l'origine s'intituler "
Damnation Alley", semblaient condamnées à ne jamais dépasser le stade de 'documents non-officiels'. Il faut dire qu'après le succès de "Neighbourhood Threat", le destin n'avait pas épargné
Johnny Crash. Ce furent d'abord
August Worchell (guitare) et Stephen "Punkee" Adamo (batterie) qui quittèrent le groupe, remplacés par J.J. Bolt et un certain Matt Sorum (ex-
The Cult, Guns'n'Roses), ce dernier amenant son compère Dizzy Reed dans ses valises. Une fois l'album enregistré, Axl
Rose a alors bloqué sa sortie, les contrats de Sorum et Reed spécifiant une exclusivité envers Guns'n'Roses. Pour clôturer la série, le bassiste Andy Rogers est ensuite décédé d'une overdose, provoquant la séparation définitive du groupe et la mise au placard des fameuses bandes. 16 ans plus tard, Suncity Records sort enfin "Unfinished Business", nouveau titre faisant référence à l'histoire mouvementé de cet opus maudit, en prenant au passage le soin de remasteriser l'ensemble.
S'il n'atteint pas les sommets de son légendaire prédécesseur, cet opus ne lui aurait cependant pas fait honte et en aurait représenté une suite à la fois cohérente, marquant en même temps quelques évolutions. Le bon gros
Hard-Rock bluesy et rageur est toujours d'actualité ("
Damnation Alley", "Livin' Above
The Law") avec une efficacité qui ne se dément pas. Les éléments Sleaze sont désormais plus en retrait, laissant la place à quelques
Hard-Rock'n'Roll endiablés ("Rock'n'Roll
Suicide" et son piano bastringue, ou le festif "No Parole"), le tout emmené par Vicky James Wright, formidable showman insufflant une énergie et une dynamique unique à chaque titre. "Monkey See Monkey Do" le voit même s'élancer vers des aigus dignes de Brian Johnson, renforçant la parenté 'AC/Dcienne' de ce Heavy-Rock-Blues au refrain catchy.
L'accroche est d'ailleurs le caractère récurrent de chaque titre, même si l'on retrouve moins de refrains imparables que sur "Neighbourhood Threat". Avec ses chœurs virils et son côté hymnique, "Ditch The
Bitch" n'en reste pas moins une référence dans le genre. Si "
Renegade" déroule une nonchalance déjà présente sur le légendaire premier opus, les évolutions sont cependant nombreuses. Matt Sorum apporte des variations typiques de Guns'n'Roses sur la dernière partie de "
Mama Don't Care (What She Don't See)", alors qu'avec "When It Gets
Hard",
Johnny Crash s'essaye avec succès à l'exercice de la power-ballade, dégageant une intensité digne de
Tesla avec un Wright au feeling blues époustouflant. Le combo s'enfonce d'ailleurs dans les marécages du Sud à l'occasion d'un "In The Groove" débutant avec harmonica, chant et guitare sèche avant de déboucher sur une accélération au groove southern-rock, et surtout, le temps d'un "Summer Daze" semi-acoustique aux ambiances country.
Il est évidemment trop tard en 2008 pour permettre à cet album de retrouver le lustre qu'il aurait probablement eu s'il était sorti lors de son enregistrement. Il n'en reste pas moins un beau témoignage de ce que
Johnny Crash était encore capable de faire après tous ces déboires, et un objet 'collector' pour tous les amateurs du groupe qui ne croyaient plus à sa parution officielle.
je te trouve très dur, cet album est une tuerie, 20/20. je n'y comprend rien à la musique, pourquoi ce chanteur et ce groupe n'ont pas eu le succès qu'il méritaient, une égnime. Moi en tout cas j'en redemande, cela faisait un bagne que je n'avais pas écouté un album de cette qualité.
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