Après deux démos parues en plein âge d'or thrash, Forced Entry sort chez Relativity Records et sous licence Combat, son premier album. Sous la forme d'un trio, le groupe propose un thrash assez proche d'un
Xentrix, voire d'un
Sacred Reich période Heal, en plus technique toutefois.
Les cassures de rythme et autres "stop and go" que n'aurait pas renié un
Prong constituent une des particularités du groupe de Seattle. En outre, le chant du bassiste Tony Benjamins, assez rêche et plutôt typé crossover (le Tommy Victor de cette période n'est pas loin !) que purement thrash, ne contribue pas à clarifier le positionnement du groupe. Les compositions sont plutôt de qualité ("A Look
Through Glass", le très pesant "
Anaconda"), mais ne dégagent pas assez de personnalité propre. En outre, elles ne bénéficient pas d'un son très percutant ayant pu contribuer à dynamiser les morceaux, avec des guitares rythmiques assez peu massives, même pour l'époque. Brad
Hull, le guitariste se fend pourtant d'interventions en solo assez remarquables ("Octoclops", "Morgulon", pour les plus marquants). Souvent sur un rythme assez moyen, finalement, Forced Entry loupe sa cible, et si quelques passages sont plutôt sympathiques (le début du rapide "Unrest They Find", très
Metallica avec ses boucles et breaks et aussi le meilleur morceau, ou le rythmé "Morgulon"), l'album lasse assez rapidement au bout du compte.
A cheval entre plusieurs micro-scènes, et sans avoir su marquer les esprits (techno-thrash, crossover, thrash Bay-
Area ?), Forced Entry arrive en outre après la bataille en 1989, et se fait rapidement avaler par la vague deathmetal ; Relativity Records préférant miser sur des poulains comme les Canadiens d'
Obliveon, par exemple, et son thrash de qualité lorgnant ostensiblement vers le metal de la mort, en vogue à cette période.
Facile à trouver dans son édition originale, tant en LP qu'en CD, pour un prix correct (moins de 20 €).
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