Último Exhalario

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15/20
Nom du groupe Mourning Sun (CHL)
Nom de l'album Último Exhalario
Type Album
Date de parution 01 Janvier 2016
Style MusicalDoom Atmosphérique
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 Último Exhalario
 07:13
2.
 Vena Cava
 07:58
3.
 Hoowin (Mythic Ancestors)
 02:34
4.
 Spirals Unseen
 07:58
5.
 Cabo de Hornos (Cape Horn)
 05:45
6.
 Anguish (Prelusion)
 03:34

Durée totale : 35:02

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Mourning Sun (CHL)


Chronique @ ericb4

21 Octobre 2016

Une probable et rapide ascension leur est dorénavant promise à l'instar de cette frémissante production...

Quelques mois à peine suite à « Vaho », introductif et discret EP, les Chiliens reviennent à la charge, cette fois, avec un album longue durée dans leur besace et quelques surprises cachées au fond du sac. Cette humble auto-production de 6 titres déroulés sur un parcours auditif de guère plus de 35 minutes a vu l'intronisation du batteur Claudio Hernandez au sein du quartet, conférant une tout autre dynamique à une instrumentation originellement souple et aérienne. Dans un registre doom atmosphérique gothique proche de celui auquel il nous avait conviés dans son premier effort, dans le sillage de The Flaw, Cocteau Twins ou encore The Gathering, le collectif natif de Santiago révèle un potentiel artistique et technique solide, déjà observé par le passé, avec un petit supplément d'âme révélé au fil du déroulement de notre parcours.

Ayant troqué une péréquation de l'espace sonore entre instrumentaux et pistes oralisées par une rondelle bien plus investie vocalement et mêlant désormais nombre de passages progressifs à la signature stylistique originelle, nos quatre mousquetaires ont élevé d'un cran le seuil de leurs exigences personnelles et diversifié leur offre. A cet effet, nous observons dorénavant une production logistiquement moins lacunaire dans son principe d'émission, plus aboutie eu égard à son mixage et aux arrangements, répondant davantage aux attentes d'un auditorat aujourd'hui plus qu'hier en phase avec le registre metal propre à cette valeureuse formation.

Ce qui frappe surtout, et ce, sur la totalité de l'opus, c'est la qualité d'enregistrement, devenu quasiment professionnel, et un soin apporté aux petits détails, laissant au final échapper bien peu de notes parasites. Disposition que l'on apprécie notamment sur les passages empreints de progressivité, loin de manquer à l'appel et réservant chacun son lot de subtilités harmoniques, parfois de contrastes rythmiques, voire de féériques arpèges. Au chapitre des plages progressives, on est aux prises avec l'ouverture du champ des possibles rythmiques et atmosphériques.

D'une part, une intrigante et prégnante atmosphère éthérée d'un matin glacé d'automne nous submerge sur le très progressif et a-rythmique « Ultimo Exhalario », impression renforcée par les graciles cliquetis pianistiques et les sensibles accords à la guitare acoustique, eux-mêmes sous-tendus par des nappes synthétiques inspirant l'immuabilité de la scène. Non sans rappeler Cocteau Twins, les ondulantes projections oratoires d'Ana Carolina s'inscrivent dans cette toile instrumentale en suspension, que vient rejoindre un riffing ennuagé et frelaté. Tout en nuances, le morceau gagne peu à peu en substance et l'immersion est au bout du chemin.

D'autre part, plus tardivement progressive et à la patte percussive plus manifeste, une angélique fresque en low tempo, à l'image de The Gathering sur le plan atmosphérique, nous est livrée à l'instar du sculptural et contrasté « Vena Cava ». Ce faisant, les célestes et limpides modulations de la déesse, non sans rappeler Anneke van Giersbergen, font mouche où qu'elles se meuvent, épousant une soyeuse et souple assise rythmique dans la veine de The Flaw. Quelques ralentissements opportuns alternent avec de progressives et rayonnantes reprises, et l'on est happé par la magie d'une succession de variations enjolivées par une lead guitare au picking alerte et une interprète habitée. Dans une même logique rythmique, sur un riffing crocheté, le low tempo et planant « Spirals Unseen » s'affiche comme la seconde pièce d'anthologie de l'opus, où glissent de fines et magnétiques inflexions dont sait user la sirène pour nous attirer dans ses filets. Lorsque le convoi orchestral interrompt son avancée, ces dernières prennent tout leur sens et l'on se plait à se laisser porter par l'intimiste moment, comme The Flaw aurait pu nous en dispenser. Pour compléter le tableau, une inattendue et romantique trompette se fait ouïr sur un petit pont avant que la progressivité du corps orchestral ne s'impose. Soufflant instant de félicité s'il en est.

Comme pour signifier qu'il n'a pas rompu avec son passé, le combo nous replonge dans les méandres visqueux d'une plage obscure et engloutissante déjà présente sur son premier méfait, ayant dès lors dépoussiéré certains passages de quelques notes résiduelles. Titre remastérisé de l'EP, « Cabo de Hornos (Cape Horn) » conserve sa nature doom gothique où l'on est happé par une mystérieuse ambiance, floutée par des arrangements nous calant dans un frissonnant instant. Ce faisant, on entre en communion avec les esprits d'une forêt qui semble aspirer ses victimes dans ses fatals entrelacs. Dans l'ambiance brumeuse d'un frissonnant crépuscule automnal, l'énigmatique effort nous octroie de répétitives gammes au piano s'imbriquant dans un spectral univers synthétique où des pluies incessantes semblent s'abattre sur nous, sur fond d'un zeste d'aériennes vocalises féminines, ces dernières ne prenant pas suffisamment l'ascendant pour faire de cette piste une proposition fondamentalement sécurisante. Cette piste se nourrit du sang de ses créatures gorgonesques émergées de quelque marécage englouti, temporairement rencontrées sur notre chemin, pour attirer notre attention et nous retenir. Dès lors, nous devenons victimes à notre tour de cet étrange et macabre ballet.

Par ailleurs, la troupe a tenu à rendre son message musical plus impalpable, mais non transparent, à l'aune de l'outro de la menue rondelle et de l'instrumental atmo typé roots. Ainsi, à des années-lumière des contingences matérielles, l'évanescent « Anguish (Prelusion) » clôture sereinement cette galette. Sous l'égide d'inflexions tutoyant les hautes sphéricités, alliant élégance et puissance, dans le sillage de Cocteau Twins, avec un zeste de The Flaw, on prend de l'altitude pour demeurer en totale lévitation le temps resserré que dure cette douce sérénade. Pour sa part, en guise d'interlude, le pluvieux « Hoowin (Mythic Ancestors) » offre une halte en pleine jungle où une multitude de pépiements d'oiseaux effarouchés ainsi que des incantations divines profondément entonnées par une population traditionnelle nous effleurent. L'ensemble de la scène repose sur un parterre organique linéaire et énigmatique, renforçant le sentiment de se sentir égaré ou de s'évaporer en moult ronds de fumée.

On quitte le navire avec l'impression d'avoir redécouvert un groupe plus mature dans son jeu d'écriture de portées et de paroles et ayant eu pour souci de rendre son œuvre moins opaque, moins fuyante, avec même quelques délectables espaces d'expression vocale et instrumentale en substance. Original, mystérieux et frisquet, cet album ne s'en révèle pas moins finement mélodieux, délicat dans ses restitutions de gammes, pénétrant et finalement attachant. Si l'on n'a pas encore atteint le Graal, on s'en rapproche pas à pas, avec le sentiment que la formation n'a pas dévoilé tous ses secrets. Pour l'heure, les amateurs de leurs sources d'influence pourront aller y jeter une oreille attentive et probablement l'appel de la sirène leur parviendra-t-il au point de manifester le désir d'y revenir et, qui sait, adhérer à un projet qui est loin d'avoir épuisé la totalité du sujet...


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