Fake Healer est né, en partie, sur les cendres du regretté
Dust Devil puisqu'on y retrouve certains des membres de ce projet avorté tels que les guitaristes Simone Cocco et
Leonardo Taiti, et le bassiste Massimiliano Dionigi. On pourrait d'emblée regretter l'absence de ce nouveau collectif de son remarquable chanteur
Leonardo Romeo, toutefois, il faut reconnaitre, qu'Alessio Taiti, un ancien de
Frozen Tears la formation initiale de laquelle la plupart de ces musiciens proviennent, s'en sort plutôt bien. Même s'il œuvre dans un registre un peu plus classique que l'ex vocaliste de
Dust Devil, et en un timbre aux aigus un peu plus haut, il a le bon gouts d'ajouter à ses prestations quelques aspérités qui écorchent légèrement ses interprétations. Pour définitivement clore le sujet sur cette comparaison, il nous faudra aussi dire que ce nouveau venu ne joue pas tout à fait dans la même court que le disparu puisqu'il s'agira davantage ici d'un Heavy
Metal mélodique dont la musicalité tend à le rapprocher, par instant, du
Power Metal. Mais je vous vois frissonner et craindre le pire lorsque j'évoque le genre, ô combien honni, dont il faut éviter de prononcer le nom. Tempérons nos propos et essayons de rassurer les lecteurs apeurés par cette révélation. Il y a effectivement ici des passages à la musicalité un peu plus exacerbée mais insistons bien sur le fait que non seulement ces moments sont assez rares mais que surtout ils restent tout de même assez éloignés de l'esprit guilleret, enjoué et convenu de la plupart des acteurs de ce milieu. Et puis s'il fallait encore un argument supplémentaire pour convaincre les plus sceptiques, jouons la carte de ce line-up qui ne comprend aucun claviériste, joueur de synthés, ni même pianiste patenté.
Pas plus qu'il n'y aura ici l'ombre d'une quelconque diva venant partager le micro avec Alessandro. On frôle même le carré d'as lorsqu'on se rendra compte que la piste venant clore ce
Two Worlds n'est pas une de ces sempiternelles fresques interminables mais un brûlot vif et furieux sur lequel le vocaliste de Fake Healer se prends pour Rob
Halford du temps de sa splendeur et d'un Painkiller, que ce disque ne nous propose aucune introduction symphonico-orchestrale et que la durée de ce plaidoyer n'excède pas les 37 minutes.
S'agissant du propos à proprement parler, on retrouve ici des titres aux guitares ayant une certaine épaisseur, une des caractéristiques attachantes que nous avait offert le Riled Up de
Dust Devil, et à l'inspiration plutôt efficace pour un résultat plutôt sympathique. Si les six cordes sont ici un peu moins consistantes que par le passé, c'est sans aucun doute à cause de la production de ce manifeste qui est très propre et très soignée mais qui a gommé ce grain qui faisait tout le charme des travaux d'autrefois lorsque ce groupe n'était pas ce groupe (vous me suivez?). On retrouve ici les ombres de groupes tels que
Mob Rules (
Justice Within...), Iron Maiden (
Two Worlds,
Land Grabbing...) ou encore
Judas Priest (The
Machinist (the groove in the grave),
Loud n' Proud...). Certaines chansons seront, quant à elles, un peu plus personnelles et un peu plus intéressantes comme, par exemple, un
Rats in the Den aux méandres changeants. In fine, l'ensemble de ce disque sera donc agréable mais pas vraiment de nature à bouleverser la donne, surtout si vos envies seront davantage aiguisées par le propos plus brut et direct du groupe où officiaient avant ces guitaristes et ce bassiste.
L'artwork est, quant à lui, l'œuvre de l'Allemand Markus Vesper à qui l'on doit ceux de certains albums de
Goreaphobia,
Starblind,
Ancient Empire ou encore, par exemple, de
Chastain. Il illustre, une fois encore, cette dualité entre deux mondes, l'un organique dominé par la nature et l'autre métallique régit par le modernisme. Un thème que l'on aura déjà maintes fois abordé.
Two Worlds, premier album des Italiens de Fake Healer, est donc un disque sympathique mais qui ne parviendra pas à se hisser au niveau des plus illustres du genre. Il ne parviendra pas davantage à faire oublier certains travaux passés de ce temps où trois des cinq musiciens de ce quintet s'employaient sous une autre bannière.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire