Imaginez la scène : 2 amis, une petite embarcation, le soleil qui fait miroiter les flots. Soudain, un truc qui brille sous l’eau. Hop, un harpon est jeté mais, au lieu de piquer un poisson, c’est un coffre lesté qui est remonté sur le pont. Et, surprise, pas de doublons espagnols dedans mais une collection de vinyles avec des noms de groupe évocateurs :
Bolt Thrower,
Obituary,
Deicide,
Malevolent Creation …. De quoi donner de belles idées à nos comparses !
J’ai romancé un peu la note d’intention accompagnant la promo de l’album, prévu pour octobre 2024. Mais la partie de pêche est vraie, tout comme la volonté de Julien Tanguy (growl) Pierre-Loup Corvez (guitares, voix), Sylvain Collas (basse), Jean-Marie Grövel (guitares) et Simon Beux (batterie) de rendre hommage musicalement aux grands anciens du Death
Metal.
Fondé en 2019,
Infern va sortir un EP éponyme en 2023 et va se rapprocher de l’excellent label Dolorem Records, ardent défenseur de la scène Death française (
Misgivings,
Slave One entre autres), pour ce
Turn of the Tide, 1er album du quintet.
En entame des 10 titres proposés ici,
Undertow envoie direct un Death qui fleure bon le
Bolt Thrower. Riffing rampant et soutenu, rythmique martiale, mid-tempo écrasant et growl conquérant : l’ombre du groupe mythique de Coventry plane sur ce titre. La production moderne apporte des embruns rafraichissants, sans sonner trop clinique.
Un peu plus loin,
Tormented Paranoid emprunte peu ou prou les mêmes courants, avec des lignes mélodiques de guitare travaillées qui méritent une écoute attentive. La fin du titre déboule vraiment comme un panzer prêt à vous écraser la face.
Au fil des écoutes, on perçoit qu’
Infern a soigné ses compositions, notamment les refrains. Par exemple, Phineas Case a tout pour faire lever le poing et faire frétiller l’index dans les pits. Sans occulter que le groupe sait accélérer les tempi quand il faut (l’implacable
Burning Fields et ses chœurs scandés) ou proposer des titres plus complexes à l’image d’
Archetype of
Brutal Aggressor, aux syncopes et changements rythmiques qui laissent admirer le travail de Simon Beux derrière son kit.
Si le « lanceur de foudre » apparaît comme l’influence principale, on trouve aussi des traces de
Deicide ou
Malevolent Creation sur To The
Extreme et March of the
Grotesque, dont les rythmiques féroces se parent d’un groove propice au secouage de cheveux. Par contre, l’empreinte du groupe des frères Tardy baigne
Buried Alive, solide titre de clôture.
On sent bien que l’originalité et s’assurer une identité ne sont pas les recherches essentielles de
Infern et que l’hommage pourra sembler un peu trop appuyé par moments. Mais on ne peut que les féliciter pour leur efficacité et les 39 minutes de l’ensemble passent crème.
Le travail de mixage et de mastering signé Charles Elliott confère à chaque musicien une belle place, avec ce souffle old-school moderne qui correspond bien à la musique proposée. Dans le même souci de fidélité thématique, Riko livre un artwork avec un crabe géant sortant des vagues pour tout ravager (crustacé déjà présent sur le livret du EP). Voilà qui me donne envie de revoir la bisserie des années 50 signée Roger Corman, disparu cette année.
Dolorem Records a encore trouvé le bon emplacement pour remonter dans ses filets ce
Turn of the Tide bien appétissant. Et, en s’éloignant un peu de l’héritage des maîtres,
Infern a clairement le potentiel pour proposer à l’avenir des travaux encore plus qualitatifs. J’attends à présent de pouvoir les voir sur l’ea…en live.
Noté sur ma (trop longue) liste d'achats, merci poto
Belle description de ce combo et ce nouvel album qui est superbe, du death comme on l'aime !
Sur ma liste d'achat pressant aussi !
Du coup retiré de ma liste d'achats après les avoir vu avec toi hahaha (pas parceque j'étais avec toi poto, mais ce chant....)
Aha oui je comprends. Cela dit, le chant ici est plus convaincant.
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