True Power

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
16/20
Nom du groupe I Prevail
Nom de l'album True Power
Type Album
Date de parution 19 Août 2022
Style MusicalPost Hardcore
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 0:00
 00:41
2.
 There's Fear in Letting Go
 03:54
3.
 Body Bag
 03:16
4.
 Self-Destruction
 02:26
5.
 Bad Things
 03:48
6.
 Fake
 02:51
7.
 Judgement Day
 02:46
8.
 FWYTYK
 03:17
9.
 Deep End
 03:26
10.
 Long Live the King
 03:00
11.
 Choke
 03:02
12.
 The Negative
 02:20
13.
 Closure
 03:09
14.
 Visceral
 02:44
15.
 Doomed
 03:47

Durée totale : 44:27


Chronique @ Groaw

13 Septembre 2022

Voici à quoi ressemble la véritable puissance de I Prevail : versatile, saisissante et inébranlable

La diversité, voilà un terme aussi passionnant que déroutant dans le domaine musical. Parfois indomptable, quelques fois grinçante, de temps à autre incompréhensible mais souvent intrigante et captivante, elle est l’intérêt même de l’identité d’un artiste ou d’un groupe. Malheureusement, cette variété est régulièrement absente dans les compositions de ces musiciens. Plutôt que d’essayer de se surpasser, une majeure partie préfère rester sur ces acquis, quitte même à proposer la même recette sur l’ensemble de leur discographie. Pour celles et ceux qui osent ces expérimentations, les avis et critiques ne sont pas toujours tendres malgré cette volonté de sortir de la masse. Ainsi, ces irréductibles tentent d’autres formules, améliorent leur concept jusqu’à parvenir au parfait équilibre, à la consécration ultime. C’est en tout point ce qui s’est passé pour notre formation du jour.

A l’aube d’une dixième anniversaire proche, I Prevail a rapidement su s’implanter dans la scène metalcore/post-hardcore. La raison de cette percée soudaine est évidente : le quatuor n’est pas une troupe ordinaire et est loin de cette banalité qui nous ennuie tous. Il suffit dans un premier temps de regarder la lineup pour s’en rendre compte. Avec la présence de deux vocalistes, Brian Burkheiser dans un registre clair et Eric Vanlerberghe dans une palette screamée, le spectre vocal est vaste, toujours en perpétuelle fluctuation. Au-delà du chant, les Américains se sont directement inspirés de styles divers tels que le rock, le rap, le neo ou même le grunge. Bien que ce mélange de genres peut inquiéter, notre troupe a réussi à trouver une belle alchimie de ces nombreuses influences.
Le dernier album en date Trauma est la preuve même d’une formation qui n’a pas peur de l’inconnu. A la fois agressif, accrocheur mais aussi mélodieux et mémorable, les Américains ont confirmé leurs pRises de risques via un disque intense et complet. Néanmoins, la belle idylle aurait pu s’arrêter brusquement pour nos artistes. Alors qu’Eric Vanlerberghe devait faire face à une lourde perte, celle de son meilleur ami et que Brian Burkheiser subissait une intervention chirurgicale qui pouvait l’empêcher de continuer à chanter, pour notre plus grande joie, les événements sont finalement rentrés dans l’ordre. C’est donc avec un acte de renaissance que le quatuor revient avec sa troisième galette True Power. Aucun changement n’est à signaler trois ans après la sortie de Trauma, la lineup est intacte et le label Fearless Records fidèle.

Après la courte introduction 0:00, symbole de compte à rebords, le groupe nous plonge dans son premier titre There’s Fear In Letting Go. Nous sommes en terrain bien connu avec cette omniprésence d’éléments électroniques en guise d’ouverture et d’une incision caractérisée par ces courtes étincelles à la guitare ainsi qu’à la batterie. Nos deux vocalistes entament leur discussion chacun à leur tour avec cette alternance entre screaming et chant clair. Le refrain est suave, très fédérateur et apporte de la lumière à la mélodie. Notre quatuor contribue à la sévérité par le biais d’un breakdown qui ne sera pas le plus technique ou le plus impressionnant qui soit mais qui a le mérite d’être performant. D’autres détails électroniques viendront après cette panne, un penchant plus alternatif entre Bring Me The Horizon et 30 Seconds To Mars.

Cette ouverture d’esprit et ce sentiment d’accessibilité est néanmoins trompeuse. En effet, le quatuor américain ne néglige pas ses racines et expose des toiles bien plus tranchantes. Body Bag appartient à ces contreparties avec une débauche d’énergie renversante, un riffing rapide, un chant hargneux, empli de rage et une absence quasi-totale de répit. On pourra compter sur une harmonie lors des refrains avec le chant clair de Brian Burkheiser et des guitares moins véloces. Nos Américains renforcera le sentiment d’impétuosité avec un breakdown fiévreux, une sensation de rapidité marqué principalement par la batterie et par la présence de la double pédale. La diversité vocale sera encore de la partie avec une courte section rappée.

Avec cette volonté d’être disparate et d’explorer un large spectre de styles musicaux, le groupe prouve une nouvelle fois sa personnalité unique et son excentricité. Néanmoins, tout comme ses précédentes esquisses, cet exotisme porte parfois préjudice à la formation avec des compositions qui ne sont pas foncièrement mauvaises mais qui demeurent assez quelconques. Ainsi, FWYTYK témoigne de cette indifférence avec une conduite pop-rock très basique et un chant trafiqué, pour ne pas dire autotuné. Le morceau révèlera un final un peu plus aguicheur grâce à un caractère plus menaçant et finalement plus metal, insuffisant pour gommer ces rares imperfections. L’album en général n’est pas vraiment aidé avec ses quinze titres, contenu somme toute conséquent.

Cette incursion vers de nouveaux horizons a aussi des bienfaits remarquables, voire des hommages plutôt inattendus. L’ouverture de Visceral nous renvoie dans l’âge d’or du neo metal avec un riffing semblable à celui de Lying From You de Linkin Park. Quant à Judgement Day, c’est une vision plus expérimentale du metalcore/post-hardcore rattaché notamment à A Day To Remember qui se distingue. Le breakdown est complètement fou avec un solo de guitare éclair ainsi qu’un riffing très déconcertant, presque amusant. Le groupe américain atteste d’une imprévisibilité étourdissante, ce qui forge un peu plus un de ses principaux atouts et qui rend ce nouvel album aussi passionnant.

Malgré un ou deux morceaux dispensables et un contenu étoffé, True Power suit l’excellente dynamique qu’I Prevail propose depuis ses débuts. Energie communicative, diversité séduisante, prestations convaincantes et production excellente rendent ce troisième opus essentiel à tout amateur de nouvelles sensations. Nos Américains confirment année après année une intelligence, un surpassement et une envie qui ont malheureusement tendance à s’évaporer chez d’autres formations. Dans tous les cas, si, comme votre modeste chroniqueur, vous n’étiez que peu familier avec ce combo éclectique, tentez le coup car vous risquez de ne pas être déçu.

4 Commentaires

5 J'aime

Partager
Goneo - 14 Septembre 2022:

Comme avec le dernier album, il navigue et vogue entre de la pop moderne et du post hardcore. Très moderne, toujours avec un talent fou. Perso j'adhère difficillement sur les morceaux trop éloignés du metal, quand la pop, hip hop, ballade prend trop le pas, et comme d'hab j'adore leur morceaux les plus féroces comme l'excellent Body Bag.
Ca fait un peu musique de boys band post hardcore, même voir beaucoup par moment, mais ils ont une capacité à sortir de sacrés tubes du genre, qui me fait passer outre ce côté de leur musique.

Merci pour la bonne chro.

Groaw - 14 Septembre 2022:

Je suis assez de ton avis Goneo, même si certains titres plus pop/rock/whatever m'ont sincèrement surpris et agréablement. En tête, j'ai Bad Things et Fake qui me viennent en tête et même s'ils sont loin d'être dans ma top liste des morceaux de cet album, je les trouve quand même bons.

Je ne connaissais la formation que de nom avant de faire cette chronique et je connaissais un seul morceau d'eux qui était Bow Down. J'espère qu'ils continueront cette exploration de styles que je trouve osé et franchement intéressante.

Goneo - 14 Septembre 2022:

En faite ce True Power est une suite identique de Trauma (leur 2e opus) , du coup tu devrais le trouvé tout aussi bien.

Perso je prèfére leur 1er album, il y a moins ce côté mordern pop, c'est un peu moins original mais on est déjà très proche de True Power. Il y a aussi des ballades etc..., disons qu'il est un peu plus homogène, et je trouve qu'il est bourré de tubes comme peuvent l'être Body bag ou Self destruction, j'ai adoré ce skeud. En tout cas un très bon groupe du style qui sort un peu du lot.

fufupue - 15 Septembre 2022:

Facile, je vais commencer par la dernière ligne de ton excellente chro: je ne suis pas seulement non familiarisé DU TOUT avec I prevail, mais d'une manière générale avec ce style. Je n'ai plus rien écouté de +/- proche depuis As i lay dying et son and ocean between us ... Pas déçu de l'expérience que du contraire: Il y a un gros talent de composition et ils osent aller dans plusieurs directions en les mixant de manière intelligente et assumée. Je ne le commanderai jamais, mais si je le vois dans un bac chez un disquaire il pourrait être embarqué! 

Pour ton introduction j'approuve à 200% le dilemme de la stagnation ou de l'évolution et les critiques qui en découlent. Des groupes perdent leur âme en stagnant et d'autres en évoluant, seul un grand talent peut être salutaire dans les 2 cas.

Slayer fait du Slayer sans se fouler c'est lassant.

Slayer essaye quelque chose de différent, mais où est l'identité du groupe? Revenez à ce que vous savez faire!

Les artistes qui suivent les médias ont de quoi perdre les pédales car ces phrases je les ai lues à quelques années d'intervalle dans le même mag.

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de I Prevail