A l'heure où le premier album (
Infernale Metallum Mortis - Iron Bonehead) des Mexicains d'
Infernal Conjuration fait un tabac généralisé auprès des fans de deathmetal d'obédience américaine à la
Morbid Angel, il peut être intéressant de se pencher sur la première démo de la formation. Composée de Carlos Miranda aux baguettes, Raul Alarcon aux guitares, Josue
Luna à la basse, la formation amenée par Emmanuel
Luna (guitares, micro) signait sa naissance discographique avec un petit 4 titres numéroté à 100 exemplaires en CD dès 2007, et en format K7 l'année d'après.
Puisque 3 titres sur 4 figurent sur l'album paru en cette année 2019, le chaland devinera aisément que ces compositions tiennent fortement la route. Le quatuor originaire de Tijuana possédait déjà ce feu sacré propre aux premiers enregistrements de l'ange morbide, à base de vociférations maléfiques, de blasts encore bien timides, mais surtout de ce sens du riffing malsain qu'on pourrait retrouver chez un
Mortem (Pérou) par exemple, pour rester dans la même cour d'école. C'est particulièrement flagrant sur le rampant "
Evil Torture" où la lead fait aussi office de tournoiement particulièrement jouissif. Majoritairement rapide (les riffs infernaux de "
Ultimatum", vraie perle), et même si la production locale ne rend pas justice à l'impact du groupe, on sent une lacération marquante dans ce magma sonore totalement à cheval entre les 3 premiers
Morbid Angel.
16 minutes en tout et pour tout. Cela suffit pour marquer le coup. Alors bien sûr, c'est toujours plus facile de le dire une fois que la notoriété semble au rendez-vous. Mais tout de même, dès les 30 premières secondes de l'opener éponyme, le soufre fait son effet. Les riffs à 0'30", à 2'03" de ce premier titre, couplés à un organe vocal bien haineux (on sent presque la glaire au fond du gosier de
Luna à quelques occasions) ne trompent pas. Le riff principal de "Tremendous Plague" non plus. Bref, carton plein, et pas une seconde à jeter.
Avec seulement deux EP sortis au cours de la décennie précédente, on ne peut pas dire que les Mexicains soient des stakhanovistes, et tant mieux car qualité ne rime pas toujours avec quantité. Démo très prometteuse, seulement affublé d'un son rêche et raccord avec son statut, les fans du premier album peuvent se ruer dessus. Souhaitons tout de même ne pas attendre trop longtemps pour une suite discographique. A en juger par nombre de classements de fin d'année 2019 sur le site, il est à parier que le royaume du deathmetal est à la portée de fusil de ce groupe (très) bien né.
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