Les férus de Western spaghetti connaissent sans aucun doute le film de 1967 «
Death Rides a Horse » (« La mort était au rendez-vous ») avec Lee Van Cleef, qui aura inspiré Quentin Tarantino dans la réalisation de «
Kill Bill », ils seront bien peu à avoir entendu ne serait-ce que parler du groupe de stoner du même nom. Et pour cause, «
Death Rides A Horse » est une toute jeune formation danoise fondée en 2008. Elle a sorti à ce jour deux Eps : le premier intitulé «
Pantokrator » en 2010, le second «
Tree of Woe » en
2012, tous deux enregistrés aux
Death Studios. Suite à sa signature chez le français Infernö Records, une réédition de «
Tree of Woe », ou plus exactement une compilation des deux EPs produits par le groupe est proposée. De l’arbre du malheur poussera certainement de beaux fruits. Pour l’instant ils tombent sans être encore mûrs.
Comme il était annoncé précédemment, le «
Tree of Woe » de 2013 n’est pas une simple redite de l’EP de
2012, il s’agit plus d’un récapitulatif du début de carrière de ce combo emmené par la frontwoman Ida Hollesen. Les trois premières pistes inclus l’Ep «
Tree of Woe », les pistes 4 à 7 l’intégral de l’EP de 2010, et enfin la 8ème piste est un morceau bonus que le groupe a voulu dédier à «
Accept ». Musicalement, les danois s’illustreront dans un stoner/doom assez brut. Nous percevons bien les grondements doom façon «
Candlemass » à travers le palpitant « For Those About to
Die » ou les impétueux «
Pantokrator » et «
The Eye ». On en retiendrait cependant un certain manque de finesse. Les grésillements prononcés des guitares renforcent leur aspect ténébreux, mais ajoutent en confusion. De plus il est à noter une redondance latente chez ces dernières. Pour couronner le tout la batterie tenue par Anders Madsen ne fait pas preuve de rigueur et d’élégance. Elle se fait trop souvent remarquer par sa cacophonie et son surplus inutile de sons de cymbales.
Le titre éponyme «
Tree of Woe » est un condensé des fragilités offertes par la formation. On retrouve cette répétitivité larvée du rythme et ces cahots ayant pour origine la batterie de casseroles d’Anders. Quelque chose de fameux arrivera de nulle part en plein milieu de piste. Alors que l’on était partant pour enterrer ce morceau bien profond sous terre, une acoustique magique parvient à nos oreilles dans une bonne fibre blues. Le blues se verra pleinement consacré dans la reprise de «
Scorpions », « Fly to the
Rainbow ». La partie chantée par Ida, soutenue par des riffs solides, est une véritable splendeur. Notre chanteuse fait globalement une très bonne prestation sur ce disque. Par sa voix puissante et son engagement, elle ferait même songer à la valeur montante américaine Nina Osegueda, la frontwoman du groupe « A Sound of
Thunder ».
Elle ne semble en tout cas pas très inquiétée du fort remous produit par le décapant «
Beyond the Granite
Threshold ». Il est intéressant d’observer qu’il est coutume chez eux de changer radicalement le ton ou le cours du rythme aussitôt passé le milieu de piste dans plusieurs de leurs morceaux. C’est le cas ici pour «
Beyond … », c’était aussi le cas plus spectaculaire encore sur «
The Eye », qui a laissé passer en trombe des mitrailles de guitares sans que l’on n’ait pu à aucun moment les anticiper. Un peu de mélodie et de technique ne font pas de mal quand on est face à des rythmiques alourdies et écrasées. Il y aura ainsi plus de fluidité et de mélodie sur le titre « Open the
Gates », qui pour le coup se prête à un stoner un peu plus conformiste, familier au heavy metal par ses solos. Et quand on vient à citer le heavy metal, c’est pour aborder l’entrainant morceau «
Dominion of
Metal ». Celui-là aurait même pu être très bon s’il n’y avait pas eu autant de laisser-aller de la part de la batterie, la partie vraiment indéfendable de cette formation pleine de promesses.
En attendant un véritable album de ces stoneux danois qui devrait prochainement nous arriver, nous pouvons nous contenter de ce qu’ils ont produit avant. Leur tout début de carrière réuni dans un seul format et boîtier, limité cependant à 500 exemplaires. Ce «
Tree of Woe » laisse entrevoir des joueurs heureux pour «
Death Rides A Horse ». Cela dit certaines défaillances en grande partie dues à une batterie improbable, une composition non des plus innovantes, viendront ternir l’écoute de ce disque. « Est-ce que tu vas finir mort dans ce trou ou finir vivant ? » (Lee Van Cleef – « la
Mort était au rendez-vous »).
13/20
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