Traurer

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Nom du groupe Moloch (UKR)
Nom de l'album Traurer
Type Album
Date de parution 31 Décembre 2007
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 Herbst
Ecouter19:55
2.
 Hail Black Metal Krieg !!
Ecouter06:33
3.
 Rotten Armful of Grey Thoughts
Ecouter05:22
4.
 Throught Halo of Fire Brands (BulgAryan Version)
Ecouter05:05
5.
 Ruf aus dem Wald
Ecouter06:27
6.
 Give Wotan at Mine Kirke Var Braendt
Ecouter03:48
7.
 Morast
Ecouter04:54
8.
 Pest aus Gefühlen der Traurigkeit
Ecouter01:08
9.
 Birth in the Depth of Blackness
Ecouter04:49
10.
 Throught Halo of Fire Brands
Ecouter07:21
11.
 Moonblood
Ecouter03:49
12.
 Cold Shadows of the Lost Woods
Ecouter05:24

Durée totale : 01:14:35

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Moloch (UKR)



Chronique @ Stille

25 Octobre 2010
J'suis con des fois. Nan, mais c'est vrai, ça ne vous est jamais arrivé de n'écouter un album que dans l'unique et vil but de vous foutre de la gueule du groupe mais de vous retrouver devant un album qui, en faite, était hyper bien branlé ? Nan, mais c'est vrai, comment pouvais-je deviner, moi, que ce qui devait être du simple Bourzoume worship à la con, sans originalité aucune, sans recherche et qui par dessus le marché nous comblait de plaisir, nous nanarophiles, avec son immense discographie du haut de ses quatre ans d'existence (en me remettant à l'époque de l'écoute) pouvait avoir ne serait-ce qu'un riff à peu près potable ? Surtout que Bourzoume me fait passablement chier, et disons le franchement : j'en riais d'avance.

Parce qu'en guise de Bourzoume worship, c'est en est d'la belle, de la sur-inspiration : on aura droit à tout, que ce soit le long morceaux de vingt minutes au synthé super minimaliste avec deux mélodies différentes, aux morceaux tellement grésillant que tu mets la moitié du morceau (c'est à dire trois minutes) à comprendre l'unique riff joué, sans oublier les morceaux à la 'The crying orc', et évidemment les vocaux criards mais bien sûr trafiqués, tout en nous offrant des morceaux tous plus semblables entre eux les uns que les autres...

Sauf que Moloch a un atout que certains groupes pourtant très similaires sur le fond, et parfois même sur la forme n'ont pas. Lequel ? J'en sais foutrement rien. Appelez ça la passion totale pour la musique, le travail sur l'ambiance caché par la simplicité inhérente de la musique, ou encore dites que c'est juste un coup de bol, le résultat est quand même là : Moloch c'est du presque foutage de gueule non voulu mais assumé, une telle ambiance mélancolique et un tel rejet de la société que l'on a presque envie de croire que le Siergiy y croit vraiment, et surtout que l'on a envie d'y croire avec lui.
Et Traurer, loin de se résumer à un vulgaire assemblage de riffs pompés à Burzum s'avère être à la fois personnel, limite je-m'en-branle-des-auditeurs-qui-de-toute-façon-écoutent-que-de-la-merde-pour-trendies, et être un peu un 'hommage' à Burzum, comme si mr. Gordiuk avait voulu faire un album pour son bon plaisir, celui qui ressemblerait à ceux de son idole, le faire sonner comme 'un nouvel album de Burzum'.

Mais bien heureusement, ce fameux morceau ambient qui me terrorIsait déjà avant l'écoute ne sera pas un 'Rundgang um die transzendente Säule der Singularität - special rip-off version' mais une pièce presque dark wave, calme, presque reposante, voire méditative, au refrain magnifique, autant en terme de mélodie que d'émotion, en total contraste avec la presque totalité de l'album. Car Moloch, lorsqu'il propose du black, ce n'est pas non plus un déballage de 'jolies mélodies', c'est un enchaînement de riffs, presque tous similaires les uns aux autres de manière rapide et saccadée (pour les morceaux issus de la démo 'Blacker Than Darkness') ou lents et désespérés (pour ceux venants d'"Uralte Stille"), et surtout, celui qui se démarque du reste, le très gras 'Moonblood' presque sans réelle mélodie, mais toujours avec une conviction et des tripes qui font que, malgré leur 'mocheté', ces riffs impressionnent ; la voix, elle aussi, impressionne : une voix rauque et vicieuse, encore une fois, typique, mais tellement prenante et sincère que l'on pourra en faire abstraction. Et comment croire que sur 'Through halo of fire-brands' le chant est féminin ? Non, c'est inimaginable. Et pourtant, c'est la meilleure prestation vocale de toute la discographie de Moloch.
Le rythme sera fait avec une boîte à rythme encore plus binaire que la guitare. Un foutage de gueule de plus, dites-vous ? Sans doute. Mais, en attendant, je ne crois pas avoir déjà entendu pareille boîte à rythme : du tapeuh-tapeuh simple et presque ridicule qui se limite à un son et à un rythme par morceau, mais à l'écoute je ne peux pas m'imaginer cette musique avec une vraie batterie, et surtout pas plus variée. Si, en fait : deux des morceaux, les plus vieux, disposent d'une batterie charnelle, et disons qu'il s'agît d'un des quelques défauts de l'album : cela ne colle pas avec le reste ; cependant, cette fameuse boîboîte ajoute à l'atmosphère, une sorte de frustration, ou d'isolation.
L'apothéose (le summum du foutage de gueule ou de l'ambiance magique, c'est comme vous voulez) est très certainement le solo de 'Rotten armful of grey thoughts', qui aurait très bien pu être un rituel vIsant à invoquer l'esprit de la nature que ça n'aurait choqué personne, et dont le rythme et la mélodie font penser à une fuite à travers la forêt, et évidemment on fini par se casser la gueule à la fin du morceau pour se faire rattraper par les riffs habituels de Moloch, nous servant son meilleur morceau, joué avec l'aide d'Alexander Ivanov du groupe Aryan art.
Et cette atmosphère de fuite, on la retrouve aussi sur les morceaux venant de la démo 'Uralte Stille', où la voix se fait extrêmement distante, comme si le chanteur était tout simplement perdu, criant au loin, par dessus une musique à la Gebrichlichkeit, sans synthétiseur, cependant.

Et, après l'ultime note de l'insupportable et auto-destructeur 'Moonblood', c'est presque avec soulagement que l'on trouve 'Cold shadows of the lost woods', une complainte résignée pleurant ce qu'il reste de l'auditeur qui ne se relève pas encore de l'écoute.

Du foutage de gueule sur le plan musical, certes, mais je crois bien que celui-ci est fort appréciable. N'empêche que maintenant, j'aimerais que l'on se foute de ma gueule plus souvent.

2010 © Stille.

2 Commentaires

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enthwane - 25 Octobre 2010: Très bonne chronique pour un disque que j'avais écouté en coup de vent, et qui m'était apparu comme du joli copier/coller pour trve de balle. Mais bon, c'est "trve", alors c'est forcément mieux que la scène moderne...
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