Etrange carrière qu'est celle des Ukrainiens, avec une formation en 1993, un split up en 1998 pour former un autre projet, une reformation l'année d'après puis un nouveau split up en 2001 pour une réorientation musicale. Et enfin la résurrection en 2009 par Oleksandr. C'est donc treize ans après l'EP « A Song to the
Dead Lake » que sort « Trapped in a
Sleep » en 2010 chez les Américains de Metallic Media.
Nul besoin de revenir sur la qualité de la scène ukrainienne, qui vaut son pesant d'or. D'une certaine manière, on peut dire qu'
Apostate fait partie du décor. Ses compositions sont de qualité mais ne sont pas suffisamment percutantes, et ce, à cause d'un problème d'identité. Dans un style doom/death, le quintet peine à varier ses riffs et se contente un peu trop de manger à tous les râteliers. Il se rapproche du vieux
Paradise Lost et de
Draconian avec «
Earth Escape Plan ». Il touche au sympho dans « Worm » ou l'éponyme « Trapped in a
Sleep » dans un death metal « ralenti » et non doom, car il manque cette mélancolie et ce côté pesant. Il s'essaie aux instrumentaux épiques avec «
Eternal Return » et arriverait presque à s'assimiler au «
Sahara » d'
Orphaned Land avec les premières minutes de « Sisyphean Struggle », notamment au niveau de la mélodie principale à la guitare accompagnée d'un chant clair presque sacré à la Kobi Farhi.
Ceci dit, chaque titre à un passage que l'on remarque, pris entre deux parties mollassonnes. On appréciera le mélange de la lourdeur de la guitare à la profondeur du growl et à la puissance du clavier sur «
Earth Escape Plan », ou le côté quasi épique et sombre à la
Dominia de « Trapped in a
Sleep », parfois paradé d'éléments black metal. Toutefois la longueur des morceaux nous empêche de pleinement apprécier l'ensemble de l’œuvre. Faire « comme les autres » n'est pas suffisant si on ne prend pas suffisamment de risque et c'est ce qui manque à
Apostate, de la prise de risque et des moments forts. La répétition des riffs sur l'éponyme ainsi que l'inutilité de l'intro et la lourdeur de « Filling the
Void » créent une barrière qui nous coupent dans notre élan.
Pour un prochain opus,
Apostate devra se démarquer davantage et éviter le remplissage s'il veut éviter de passer à la trappe, ce qui serait dommage, car il y a tout de même des bonnes choses dans cet album, ainsi que de la bonne volonté. Seulement, c'est la linéarité et le manque de personnalité qui lui font défaut. S'accrocher serait donc de rigueur.
Ah ? Pour toi le Doom est un style par essence mélancolique ?
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire