Transcendevil

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15/20
Nom du groupe Def-Light
Nom de l'album Transcendevil
Type Album
Date de parution Janvier 2014
Style MusicalBlack Death
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Intro
2. Neo-dont-s
3. Homo Novus
4. Dark Liturgy
5. Philosopher`s Garden
6. In Front of Soldier Eyes
7. Jupiter
8. Antikrist Tábor
Bonustrack
9. Septem Million

Chronique @ Eternalis

09 Fevrier 2014

Def/Light délivre avec une insolente réussite un black metal atmosphérique et symphonique d’un autre temps

Le temps passe, les inspirations également et ce qui fit la gloire d’un auteur hier est presque irrémédiablement différent aujourd’hui. Il est toujours bon de revenir aux sources, de replonger dans les méandres de la découverte mais la plupart du temps, la déception de l’actualité fait que l’on ne cherche même plus à faire cet effort.
Les mutations de groupes comme Dimmu Borgir, Cradle of Filth ou Limbonic Art ont beaucoup déçu au fil de la dernière décennie et l’ère de la fin des 90s est un conte macabre que les moins de 20 ans n’ont malheureusement que peu connu, ou alors de manière rétrospective. Les "Vempire or Dark Fairytales in Phallustein", "Enthrone Darkness Triumphant" ou "Moon in the Scorpio" sont des œuvres appartenant irrémédiablement à un passé définitif qui ne s’ouvrira plus avec les auteurs de ces créations. Les ukrainiens de Def / Light tentent de retrouver cette flamme, d’ouvrir une parcelle entre le monde actuel et celui du passé pour faire raviver des souvenirs et des émotions ténébreuses dont nous ne sommes plus forcément accoutumées.

Le black metal de ces individus de l’est renoue effectivement avec la poésie gothique et diabolique des Cradle ou Dimmu des premiers opus, avec une forte dominance symphonique mais pas dans une optique cinématographique mais bien plus atmosphérique. La violence qui découle des riffs et des blast-beat déclame une haine et une noirceur devenant désormais de moins en moins présente dans le genre, sublimée par la voix écorchée et diabolique d’Avel.
Deuxième album du combo, "Transcendevil" hypnotise et passionne dans un style n’ayant pourtant aujourd’hui plus aucun secret. Def/Light ne semble d’ailleurs que peu s’en faire et exécute un art noir qu’il maitrise parfaitement, dans toute sa brutalité et sa poésie, dans sa violence et sa mélodie atmosphérique ainsi que la composition complexe de phases symphoniques jamais pompeuses ou écœurantes. Il suffit de l’agression immédiate de "Neo-Dont-S" pour s’en convaincre, entre le chant emplie de haine et les riffs assassins des deux guitaristes. On pourrait presque trouver une influence suédoise dans la manière de riffer, Dark Funeral n’étant parfois pas si loin car les ukrainiens laissent toujours planer un soupçon de mélodie, une légère décélération permettant de respirer ou un break inspiré afin de poser encore un peu plus l’ambiance pesante et étouffante du groupe, où la lumière semble parfois bien lointaine. Avel partage également le chant avec le second guitariste Igvaar (c’est flagrant sur le break de ce premier titre) qui possède un timbre plus guttural et death metal.

"Homo Novus" symbolise la maestria du talent de Def/Light dans le blasphème pratiqué. Un art noir, ouvertement diabolique, aux riffs tranchants mais néanmoins fortement catchy et accessible tout en ayant l’intelligence de placer des nappes de claviers subtiles qui apportent une dimension épique et guerrière encore plus imposante. Necromanser tisse des ambiances gothiques à couper le souffle, finalement très proches des trois premiers albums de Cradle of Filth dans la classe et le caractère vampirique des climats évoqués (le pont au piano sur un lit de chœurs gothiques au centre de ce morceau est simplement parfait). C’est encore plus immédiat sur l’introduction du très réussi "In Front of Soldier’s Eye", qui manque ici d’une certaine inspiration tant l’ombre des britanniques est évidente (on retombe sensiblement dans les mêmes travers que Sothis ou Devilish Impressions qui peinent à créer une atmosphère véritablement personnelle dans cette veine de black symphonique). L’interprétation, en revanche, surprend par son professionnalisme (notamment vocalement, le résultat est bluffant du début à la fin) et la maitrise. On sent que le groupe cherche à prendre une voix plus ouvertement symphonique mais n’y arrive pas encore complètement, hésitant entre des soli très mélodiques et d’autres instants plus brutaux sans trouver encore un parfait équilibre. La qualité de l’excellente production est en revanche à noter tant elle permet avec plaisir de céder aux tentations démoniaques (élément suffisamment rare dans les productions de black symphonique de l’Europe de l’Est pour le souligner). Def/Light va même plus loin, mais sous forme de bonus track (pour ne pas l’assumer entièrement ?) avec "Septem Million" qui se veut entièrement symphonique et instrumental, à l’instar du fameux et controversé "Midnight in the Labyrinth" des vampires britanniques.

A l’inverse, "Philosopher’s Garden" dévoile la facette la plus violente et intense des ukrainiens, ne baissant que très rarement le tempo mais réussissant toujours à installer des ambiances travaillés et ne laissant jamais les guitares prendre le contrôle total des opérations. "Jupiter" se veut dans une même veine avec un penchant légèrement plus suédois dans l’âme mais toujours une forme d’excellence dans l’interprétation et la composition, sans qu’aucun défaut majeur ne vienne entacher l’écoute et la découverte de ces talentueux prêtres du malin.

Concrètement, "Transcendevil", s’il n’apporte pas des éléments foncièrement novateurs, est capable de renouer avec une ambiance et une âme que l’on pensait perdu à tout jamais. Jusqu’aux derniers instants du fanatique et génial "Antikrist Tàbor", Def/Light délivre avec une insolente réussite un black metal atmosphérique et symphonique d’un autre temps à l’heure où les superproductions sont en vogue et où la part d’ombre du genre se réduit de plus en plus. Ici, la noirceur est partout et les éléments symphoniques ne servent qu’à mettre en exergue la théâtralité de l’art suprême développé par les ukrainiens. Dommage, si nous pouvions évoquer un bémol, que l’aspect graphique de l’album n’aille pas plus loin (surtout lorsque l’on regarde les fresques et très réussies photos promos sur le site du groupe) puisque le livret se résume à une simple double feuille avec les titres des morceaux sans même l’once d’une typographie originale. Dommage lorsque l’on connait l’impact visuel que peut posséder ce style et la part de réussite que cet impact peut occasionner sur l’essor d’un groupe. Un album à suivre et faire découvrir, en espérant qu’ils permettent aux musiciens de signer sur un label plus reconnu leur permettant une diffusion et une communication plus large. En attendant, il serait dommage de passer à côté de cette perle.

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Icare - 11 Fevrier 2014: Ca a l'air intéressant tout ça, merci bien pour la chro, je vais essayer de jeter une oreille là dessus!
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