Lie In Ruins revient de loin, c’est le moins que l’on puisse dire. Formé en 1993 sous le nom de
Dissected, le quatuor finlandais n’a jamais véritablement décollé car ne produisant rien de bien concret à part quelques démos et tapes. Mais en 2002 le groupe renaît de ses cendres et c’est après 2 démos, un MCD et un split que leur premier album «
Swallowed by the Void » voit le jour en 2009. 5 ans plus tard, nous voici en présence du deuxième méfait des finlandais (distribué par
Dark Descend Records), j’ai nommé « Toward Divine Death ».
Se contenter de dire que
Lie In Ruins fait du death metal scandinave serait bien trop réducteur et ne décrirait qu’une partie de leur musique. Certes, le combo puise son inspiration dans des formations telles que Grave,
Entombed ou
Dismember mais d’autres influences apparaissent également comme
Bolt Thrower ou
Autopsy. Alors, à quoi avons-nous à faire au final ?
Une partie de la réponse se trouve dans la durée des morceaux composant ce « Toward Divine Death » qui s’allonge sur plus d’une heure : oscillant entre 5 et 11 minutes, les compositions des finlandais offrent la part belle aux passages lents et sombres, ainsi qu’aux riffs plombés, répétés à outrance. Toutes ces caractéristiques permettent la mise en place d’une atmosphère chaotique et occulte, renforcée par une production de qualité, masterisée par Dan Lowndes (
Cruciamentum), dotant les guitares d’un véritable mur de son, gras et épais. Certes, la durée de cet opus à de quoi intimider dans un premier temps, les albums de death ne dépassant pas souvent les 45 min, mais c’est ce qui en fait son charme.
En effet, « Toward Divine Death » n’est pas le genre de disque à écouter morceau par morceau, à disséquer de l’intérieur. Pour preuve, même après de nombreuses écoutes, il est difficile de mettre en avant telle ou telle piste. On peut éventuellement citer l’intro propice au headbang de "
Endless Void", ou la deuxième partie de "
Beneath the Surface", alternant mid-tempo monolithique et blast fulgurant, mais globalement, les morceaux sont sensiblement les mêmes. Les 9 compositions forment un bloc homogène, imperméable et à l’ambiance oppressante, en permanence entretenue, entre autre, par l’accordage en Si des guitares et le guttural de Roni Sahari, qui paraît bien lointain. Mis en retrait dans la production, son growl hante chaque compo, comme s’il avait été enregistré au fin fond d’une caverne : ce choix s'avère payant car ainsi, il complète de manière pertinente le tableau apocalyptique peint par les riffs de la paire Tuomas K/Roni Ärling, sans jamais nous en extirper. Mention spéciale à "
Of Darkness and
Blackened Fire" qui clôture l’album de la plus belle des manières de grâce à une mélodie au piano simple mais tellement envoûtante…
Cette offrande des finlandais en rebutera plus d’un de par sa longueur conséquente pour un disque de death metal ainsi que par son atmosphère poisseuse constamment renouvelée, qui met la patience de l’auditeur à rude épreuve. Cependant, la quantité d’accélérations et de passages mid-tempos ainsi que les quelques passages mélodiques (toutes proportions gardées) disséminés aux 4 coins de l’album permettent de rendre le tout plus digeste : le final acoustique de "Charred Walls" ou de "The Jaws of the
Wolf" sont de véritables goulées d’air frais dans ce maelstrom de suppliques infernales qu’est « Toward Divine Death » et qui requiert une attention toute particulière pour être pleinement savouré.
"Now, war beside
Satan will continue by proclaiming hymns for
Lucifer" : la messe est dite.
Album deathmetal à la Grave Miasma, Dead Congregation and co, hanté et immersif au possible, où la fureur côtoie la désolation, aux multiples montées en puissance mettant sur les genoux, à ranger au panthéon du style aux côtés de Charnel Passages, Remnants of Expansion ou The Heart of the Netherworld (Cruciamentum, Krypts, Desolate Shrine). Au début, je le trouvais un peu trop long et répétitif, mais c'est aujourd'hui ce qui en fait toute sa force. Une fois possédé, on a juste envie que cette juxtaposition utlime entre riffs plombés et passages d'une folie furieuse, couplée cette ambiance de mort, ne s'arrête jamais. Que ce soit en deathmetal ou blackmetal, la Finlande est bien souvent irréprochable. FABIEN.
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